18 avril 2024
Paris - France
POLITIQUE

Tchad : l’ex-opposant Succès Masra nommé premier ministre

Succès Masra a été désigné Premier ministre du Tchad lundi par le président de transition tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Le président du parti Les Transformateurs, l’un des principaux groupes politiques d’opposition, avait appelé son camp à voter « oui » au référendum pour une nouvelle constitution tchadienne promulguée vendredi.
Le président de transition tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a nommé lundi 1er janvier comme Premier ministre Succès Masra, l’un de ses principaux opposants de retour d’exil en novembre après un accord de réconciliation.

« Le Docteur Succès Masra est nommé Premier ministre, chef du gouvernement de transition », a annoncé sur la chaîne de télévision d’État le secrétaire général à la présidence de la République, Mahamat Ahmat Alabo.

Le président du parti Les Transformateurs avait été parmi les plus virulents opposants au pouvoir militaire en place au Tchad depuis deux ans et demi, après la mort d’Idriss Déby Itno, en avril 2021, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis trente ans.

Succès Masra avait publiquement appelé son camp à voter « oui » au référendum pour une nouvelle Constitution promulguée vendredi, étape clé censée ouvrir la voie à des élections.

Au Tchad, un référendum constitutionnel après deux ans et demi de régime militaire

Mais pour une partie de l’opposition et de la société civile, le résultat de ce scrutin s’apparente à un plébiscite destiné à préparer l’élection du président de transition, le général Mahamat Idriss Déby.

Accord de réconciliation

Le 20 octobre 2022, des manifestants, partis du siège des Transformateurs, avaient protesté contre le maintien des militaires au pouvoir, qui venaient de faire prolonger de deux ans une transition de 18 mois, au terme de laquelle ils avaient initialement promis de rendre le pouvoir aux civils par des élections.

Une cinquantaine de personnes avaient été tuées ce jour-là selon les autorités, entre une centaine et 300 selon l’opposition et des ONG locales et internationales.

Comme plusieurs autres leaders de l’opposition, Succès Masra avait été contraint de s’exiler quelques jours après et n’avait pu revenir dans le pays le 3 novembre qu’à la suite d’un accord de réconciliation signé à Kinshasa le 31 octobre. Le gouvernement s’engageait à garantir « le libre exercice de ses activités politiques » à Succès Masra qui lui disait vouloir « continuer le dialogue (…) en vue d’une solution politique pacifique ».

Plusieurs partis de l’opposition avaient pris leurs distances avec Succès Masra, exprimant également leur désaccord sur l’amnistie générale prononcée pour « tous les Tchadiens, civils et militaires » impliqués dans les évènements du « Jeudi noir. »

Avec AFP

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