5 mars 2024
Paris - France
ECONOMIE

En Côte d’Ivoire, le prix de l’électricité augmente de nouveau à quelques jours de la CAN

Après celle de juin, une nouvelle hausse a été décidée par le gouvernement, officiellement par souci d’équilibre du secteur et conformément à ses engagements pris auprès du FMI.
Une centrale électrique à Yopougon, en banlieue d’Abidjan, Côte d’Ivoire.
En moins d’un an, le gouvernement ivoirien a décidé de procéder à un second « réajustement tarifaire de l’électricité », une formule plus sobre pour éviter le mot <<< hausse » ou « augmentation ». Au lendemain des célébrations de Noël, Mamadou Sangafowa Coulibaly, le ministre des Mines, de l'Énergie et du Pétrole s'est présenté aux médias pour annoncer la hausse prochaine du prix du kilowattheure de 10 %. Une mesure qui doit entrer en vigueur dès le 1er janvier 2024 pour tous les abonnés, dont le nombre est estimé à 3,9 millions. Selon le gouvernement, le maintien des prix actuels aurait dégradé la qualité du service, et engendré une menace sur la sécurité et l'alimentation en électricité dans le pays, à quelques jours de l'ouverture de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) de la Confédération africaine de football (CAF) qui s'ouvre en janvier prochain. Inflation, dette, emploi... Les cinq défis de l'Afrique en 2024, selon la Banque mondiale Fin des subventions En juin dernier déjà, après la signature du nouveau programme de 3,5 milliards de dollars entre la Côte d'Ivoire et le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement ivoirien avait procédé à une hausse de 9,6 % de l'électricité pour les abonnés disposant d'une puissance de plus de 15 ampères, les professionnels des lignes à haute tension et les industriels. La décision a été appliquée dès le mois de juillet. Dans l'accord avec le FMI, le gouvernement s'est engagé à une fin progressive des subventions dans certains secteurs, dont l'électricité. Depuis 2011, l'État a payé près de 63 milliards de francs CFA (environ 90 millions d'euros) à la Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE), la filiale du groupe français Eranove qui a le monopole de distribution et de commercialisation de l'électricité en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire a-t-elle eu tort de faire appel au FMI ? Contenu sponsorisé Proposé par PEOPLE CN CO Économie numérique en Afrique : fondements, défis et perspectives Selon le ministre de l'Énergie, le coût de revient de l'électricité est supérieur à 13 %, ce qui crée un déficit important et une accumulation d'arriérés auprès des producteurs de gaz que sont Canadian Natural Resources (CNR) et Foxtrot, appartenant au groupe Bouygues, qui approvisionnent les centrales thermiques du pays. A eux deux, les énergéticiens constituent plus de 60 % de parts dans le pack énergétique. Des difficultés qui perdurent Les difficultés de ce secteur existent déjà depuis plusieurs années, même si le ministre de l'Énergie s'en défend pour insister sur l'aspect conjoncturel. Au total, le déficit est estimé à 127 milliards de francs CFA en cas de non- réajustement tarifaire. Dans le modèle ivoirien, l'État fixe et achète le kilowattheure à plus de plus de 35 francs auprès des producteurs indépendants d'énergie. Subventions, impôts, corruption... Ce qu'Alassane Ouattara a promis au FMI La CIE est chargée par la suite de distribuer et de commercialiser selon une clé de répartition dans le chiffre d'affaires. Pour justifier les augmentations récurrentes, le gouvernement avance le souci d'équilibre financier du secteur pour poursuivre les investissements dans les infrastructures et dans l'accès à l'électricité aux populations. Malgré cette hausse, le prix du kilowattheure reste inférieur à celui pratiqué dans la sous région. Entre 2011 et 2020, le gouvernement revendique plus de 3 039 milliards de francs CFA injectés dans la production, le transport, la distribution et l'électrification rurale. Pour la période 2021-2030, environ 4 465 milliards sont attendus en investissements. Jean Moliere source JA

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