18 juin 2024
Paris - France
SPORT

Sport : la vie sur un fil pour Tatiana-Mosio Bongonga funambule réunionnaise.

 Née le  (39 ans)Caen. Centre national des arts du cirque. Funambule.

Tatiana-Mosio Bongonga est une funambule française née à Caen. À l’âge de 7 ans, elle affirme « Je serai funambule ! », en voyant une funambule faisant une démonstration de son art. Elle rejoint à l’âge de 8 ans, une école de cirque à Hérouville-Saint-Clair Les Artistochats et y restera pendant 13 ans.

Parallèlement à ce loisir, elle poursuit des études et obtient un Deug en psychologie, mais elle souhaite continuer le funambulisme et passe des concours pour entrer dans les écoles supérieures en arts du cirque. Après une année à l’école Balthazar de Montpellier, elle rejoint la 19e promotion du Centre national des Arts du cirque de Châlons-en-Champagne1.

En , elle participe à la 34e édition du Festival mondial du cirque de demain et y obtient une médaille d’or.

Elle crée en 2014, avec Émilie Pecunia et Jan Naets, la compagnie Basinga à Sauve, dans le Gard.

En 2020, elle fait l’objet d’un reportage intitulé « Provazochodkyně nad Prahou » (Une funambule sur Prague lors de sa traversée de la rivière Vltava à Prague en 2019, sur un fil d’une longueur de 350 m5lors du Festival Letni Letna.

Performances

Tatiana-Mosio Bongonga est une funambule qui évolue à grande hauteur. Avec sa compagnie, elle se produit dans différentes villes, Auch, Saint-Dié-des-Vosges, en 2018, elle traverse la butte en direction de la basilique du Sacré-Cœur, en 2021, elle effectue une traversée de 180 mètres à Bordeaux, et en 2022, elle rejoint le théâtre le Reflet et le Châteaux de l’Aile à partir de La Place-du-Marché de Vevey dans le canton de Vaud, sur un fil d’une longueur de 180 mètres.

Le , dans le cadre de l’Olympiade culturelle, elle traverse le canal Saint-Denis pour rejoindre les jardins de l’écluse au Stade de France à Saint-Denis sur une longueur de 240 mètres à une hauteur de 25 mètres.

vec la compagnie Basinga, Tatiana-Mosio Bongonga mène plusieurs projets d’actions culturelles au sein d’institutions hospitalières pédiatriques ou dans les quartiers défavorisés, notamment avec le spectacle Traversée.

Avant les JO de Paris 2024, la funambule Tatiana-Mosio Bongonga a traversé les airs entre un quartier de Saint-Denis et le Stade de France.

Pendant 30 minutes, l’artiste de 40 ans a progressé centimètre après centimètre, réalisant des acrobaties au-dessus du vide.

JO – Quand la vie ne tient qu’à un fil, de 16 millimètres de diamètre précisément. À moins de deux mois des Jeux olympiques de Paris 2024, la funambule Tatiana-Mosio Bongonga a effectué sans accroche une vertigineuse traversée à grande hauteur entre les quartiers populaires de Saint-Denis et le Stade de France.

Ce samedi 8 juin, des centaines de curieux sont venues le long du canal Saint-Denis et au pied du Stade de France assister au franchissement de 240 mètres que Tatiana-Mosio Bongonga a réalisé à 30 mètres de hauteur, seulement munie d’un balancier. Un spectacle impressionnant.

Un lien entre le cirque et les JO

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, au rythme entraînant de la musique rock d’un groupe installé sur un escalier du Stade de France, vêtue d’une robe miroir couleur d’or, Tatiana-Mosio Bongonga s’est avancée sur le fil, si fin, si long.

Pendant une demi-heure, l’artiste de 40 ans a progressé centimètre après centimètre. Elle s’est arrêtée à intervalles réguliers pour réaliser des acrobaties au-dessus du vide : grand écart, toupie autour du fil, pas de danse… Frissons dans la foule.

« Se retrouver face au Stade de France, c’est quand même un gros truc. Je peux dire ce que je veux, tu as quand même une petite pointe de stress et mine de rien, il a une histoire le colosse », s’est confiée Tatiana-Mosio Bongonga à l’AFP à sa descente du fil.

Pour Tatiana-Mosio Bongonga, un parallèle existe entre son travail et les JO : « le côté athlétique du circassien n’est pas assez mis en valeur. On parle tout le temps de l’artistique, mais pour pouvoir faire des gestes incarnés il y a des heures de travail derrière, et toute une préparation physique, mentale. »

Un parcours « symbolique »

Partant d’une grue installée dans un jardin du quartier pauvre et difficile des Francs-Moisins, le fil tissé traverse le canal Saint-Denis et court au-dessus du terrain d’échauffement du Stade de France, avant d’entrer dans le futur temple des JO-2024. Tout une « symbolique » pour les organisateurs.

« Ce quartier des Francs-Moisins est à 200 mètres du Stade de France mais en même temps coupé par le canal, c’est un quartier à la fois très proche et un peu enclavé. Ce symbole du fil tendu entre le quartier et le Stade de France nous a paru une assez belle image », a expliqué à l’AFP Stéphane Simonin, directeur de l’académie Fratellini.

Organisée par cette école d’arts du cirque de Seine-Saint-Denis et réalisée par la compagnie Basinga, la performance s’inscrit dans le cadre des « Olympiades culturelles », une vaste programmation artistique autour des JO de Paris, qui se tiennent du 26 juillet au 11 août.

5 000 paires d’yeux vers le ciel pour admirer la performance de la funambule Tatiana-Mosio Bongonga.

Le moment où je suis sur le fil, c’est un moment chouette mais hors-temps. Après la traversée, je ne comprends pas ce qui s’est passé, je ne me rappelle pas ce que j’ai fait. C’est seulement plus tard, en visionnant les images que je m’y reconnecte, comme si j’étais partie ailleurs. Après, dans le retour, ce qui est agréable, ce sont les gens qui viennent me prendre dans leurs bras, pas les autographes ou les questions des journalistes : plutôt les personnes qui sont touchées, et qui vont me faire de grands sourires, c’est la meilleure récompense.

Jean Moliere /Source: AFP

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