18 avril 2024
Paris - France
INTERNATIONAL

Les négociations avancent sur la transition en Haïti, les violences se poursuivent

Les négociations en vue de former des autorités de transition en Haïti progressent, a affirmé mercredi une responsable caribéenne, tandis que les violences se poursuivent près de Port-au-Prince, où sévissent des gangs armés.

« Les discussions continuent, je suis sûre que cela prendra un peu de temps. Mais d’après toutes les indications, ça avance », a dit l’ambassadrice du Guyana auprès de l’ONU, Carolyn Rodrigues-Birkett, interrogée sur les pourparlers autour du conseil présidentiel de transition devant prendre les rênes du pays.

De son côté, une source au sein du gouvernement haïtien a dit à l’AFP que pour le moment, « aucune liste (de noms) n’a(vait) été communiquée au Premier ministre » démissionnaire Ariel Henry.

Un conseiller spécial de ce dernier avait affirmé la semaine dernière à la chaîne américaine CNN que seuls M. Henry et son cabinet pouvaient officiellement nommer le conseil de transition selon la Constitution, une fois rassemblés les noms de ses futurs membres.

Sans président ni parlement – le dernier chef d’Etat, Jovenel Moïse, a été assassiné en 2021 -, Haïti n’a connu aucune élection depuis 2016. Ariel Henry, nommé par Jovenel Moïse, aurait dû quitter ses fonctions début février.

Très contesté, M. Henry, qui n’a pas pu regagner son pays après un déplacement au Kenya, a accepté de démissionner le 11 mars.

Le même jour, plusieurs pays et organisations comme la Communauté des Caraïbes (Caricom), actuellement présidée par le Guyana, s’étaient réunis d’urgence en Jamaïque.

Un futur conseil présidentiel de transition, devant notamment être composé de représentants de partis politiques haïtiens, avait été annoncé à l’issue de la réunion.

Cet organe doit tenter de remettre le pays, dont des pans entiers sont aux mains des gangs armés, sur le chemin de la stabilité.

Mercredi, les violences se sont poursuivies dans la région métropolitaine de Port-au-Prince après une nuit marquée par des tirs nourris, selon des témoins.

Des hommes armés tentent depuis mardi soir de prendre le contrôle de plusieurs quartiers de Pétion-Ville, selon trois habitants de cette commune contactés par l’AFP.

Les tirs continuaient mercredi matin, selon la même source.

Des riverains ont érigé des barricades dans certaines zones et au niveau de certaines routes principales pour tenter de se protéger contre ces hommes armés, ce qui a ralenti les activités dans la capitale, ont précisé les résidents.

L’insécurité menace aussi les petits commerçants, dont l’un a dit à l’AFP ne pas savoir comment il « arrivait à tenir ».

« Je suis ruiné. Je n’ai plus rien à vendre. J’ai toujours habité à Pétion-Ville mais je vendais dans le centre-ville de Port-au-Prince. Depuis que l’insécurité monte en flèche, ce n’est plus possible d’aller vendre », a déploré Gérard Vil, un autre marchand.

JM. Source : AFP

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