27 mai 2024
Paris - France
POLITIQUE

Gabon, Soudan, Wagner… Entre Touadéra et Macron, coulisses d’une nouvelle rencontre à Paris

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra est reçu, ce 17 avril, par son homologue français Emmanuel Macron. Une deuxième entrevue en moins d’un an, grâce à quelques personnalités qui parient sur un rapprochement entre Paris et Bangui.

Emmanuel Macron reçoit mercredi midi le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra pour évoquer «la situation en Centrafrique, dans la région ainsi que les différents aspects de la relation bilatérale», a indiqué l’Élysée dans un bref communiqué. Cet échange aura pour cadre un déjeuner de travail à l’Élysée.

Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés à l’Élysée il y a six mois pour marquer leur volonté de retisser des liens après des années de brouille. La France avait dénoncé ces dernières années l’emprise croissante du groupe de mercenaires russe Wagner en République centrafricaine, l’accusant d’exactions et de pillage des ressources naturelles. Paris avait aussi déploré des campagnes de désinformation qui nourrissent le sentiment antifrançais dans ce pays et au-delà.

Distances avec la France

Le régime de Touadéra «réprime la société civile, les médias et les partis politiques d’opposition», écrivait aussi Human Rights Watch (HRW) en avril 2023, invoquant «de graves préoccupations sur des risques en termes de violations des droits humains et de réduction de l’espace démocratique et de la liberté d’expression».

Touadéra a fait modifier la Constitution en juillet 2023 par un référendum boycotté par l’opposition, pour s’autoriser à briguer un troisième mandat en 2025. Élu en 2016 en pleine guerre civile, il avait été réélu en 2020 dans des conditions contestées par l’opposition et dans un pays dont une grande majorité du territoire était contrôlée par des rebelles, que son armée a ensuite repoussés grâce à l’aide de Moscou et l’intervention massive des mercenaires de Wagner.

La Centrafrique est l’un des pays francophones d’Afrique où Paris a vu son influence contestée par la Russie. Après elle, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont aussi pris leurs distances avec la France, tandis que la Russie y poussait ses pions.

Jean Moliere avec AFP

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