16 juillet 2024
Paris - France
INTERNATIONAL

Accord Israël-Hamas : qui sont les prisonniers palestiniens qui vont être échangés ?

Les faits

Les premiers otages détenus à Gaza doivent être libérés vendredi 24 novembre, conformément à l’accord entre le Hamas et Israël, contre 150 prisonniers palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes. Ce sont en majorité des femmes et des enfants en détention administrative.

L’accord de trêve entre le Hamas et Israël, qui est entré en vigueur vendredi 24 novembre à 7 heures, comprend l’échange de 50 otages détenus à Gaza contre 150 prisonniers palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes.

Dans la société palestinienne, où dans presque chaque famille un membre a connu l’incarcération, la question des prisonniers est centrale. Ils sont, en novembre 2023, plus de 6 700 détenus incarcérés dans les prisons israéliennes, selon l’ONG israélienne HaMoked.

Depuis le 7 octobre, la question des prisonniers est indissociable de celle des quelque 240 Israéliens et étrangers retenus en otages par le Hamas à Gaza. « Trop c’est trop, le cycle des soulèvements et des révolutions dans le combat pour libérer notre terre et nos prisonniers dans les prisons (israéliennes) doit être mené à son terme », affirmait le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, après l’attaque sur le territoire israélien, qui a fait 1 200 morts. « Ce que nous avons entre les mains va faire libérer tous nos prisonniers », estimait pour sa part Saleh Al Arouri, un haut responsable du Hamas.

Le ministère israélien de la justice a publié mercredi une liste de 300 noms de personnes susceptibles d’être libérées, principalement des femmes et des enfants. Y figurent les noms de 33 femmes et adolescentes, et 267 jeunes hommes condamnés pour violences ou en attente d’un jugement. Dans le détail, 124 des 300 personnes inscrites dans ce document ont moins de 18 ans et cinq d’entre elles n’ont que 14 ans.

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La plupart sont originaires de la Cisjordanie, un petit tiers réside à Jérusalem-Est et une dizaine de personnes seulement viennent de Gaza. D’après le ministère israélien de la justice, 62 des 300 détenus sont affiliés au Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne, 29 autres liés au Hamas et 28 membres du Djihad islamique. Quatorze prisonniers appartiennent au Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), un mouvement d’obédience socialiste. Les autres n’ont pas d’affiliation renseignée.

Les chefs d’inculpation et les accusations balaient un spectre très large. Certains ont été poursuivis pour simple « participation à un rassemblement interdit » ou pour « jet de pierres sur des policiers ». D’autres sont incarcérés pour « soutien au terrorisme » ou « tentative de meurtre »« atteinte à la sécurité de l’État ».

« En attente de jugement »

Les plus jeunes détenus ont 14 ans seulement. C’est le cas d’Adam Abouda Hassan Gheit, originaire de Jérusalem-Est arrêté en mai pour « sabotage, agression contre un agent de police et jet de pierres ». La doyenne sur la liste est Hanan Abdullah Barghouthi. Âgée de 59 ans, elle est en détention administrative depuis trois mois pour « atteinte à la sécurité de l’État ». Elle n’a pas encore été jugée.

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Tout comme la majorité des détenus. 200 prisonniers sur 300 sont incarcérés « en attente de jugement ». Une proportion qui reflète la condition carcérale des Palestiniens en Israël. Le dernier décompte de l’ONG israélienne HaMoked recense 2 313 prisonniers condamnés, 2 321 prévenus et 2 070 détenus administratifs, placés en détention sans procès.

La détention administrative est d’une durée de six mois mais elle est renouvelable de manière indéfinie, sans inculpation ni procès, explique l’ONG Palestinian Prisoners’Club. Durant cette détention, les avocats n’ont pas accès au dossier des prisonniers, qui reste secret. Eux-mêmes ne sont pas toujours informés des raisons de leur détention.

Source: La Croix

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