26 mai 2024
Paris - France
POLITIQUE

Royaume-Uni : le gouvernement se dit « prêt » à expulser les demandeurs d’asile vers le Rwanda « quoi qu’il arrive »

A l’approche des législatives, le Premier ministre Rishi Sunak entend lutter contre l’immigration clandestine en faisant adopter un projet de loi controversé. « Le premier vol partira dans dix à douze semaines », promet l’élu conservateur.

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a assuré, lundi 22 avril, que son gouvernement était « prêt » à expulser des demandeurs d’asile vers le Rwanda d’ici « dix à douze semaines ». Ce projet de loi controversé revient lundi devant les parlementaires, pour ce que le gouvernement espère être un ultime tour de débats entre les deux chambres avant un vote dans la soirée.

Annoncé il y a deux ans par le gouvernement conservateur, et présenté comme une mesure phare de sa politique de lutte contre l’immigration clandestine, ce projet vise à envoyer au Rwanda les demandeurs d’asile – d’où qu’ils viennent –  entrés illégalement au Royaume-Uni. L’enjeu est aussi électoral pour Rishi Sunak, au pouvoir depuis dix-huit mois, alors que les conservateurs sont donnés largement perdants des élections législatives qui se profilent.

D’importantes sommes versées au Rwanda

« Nous sommes prêts », « ces vols décolleront, quoi qu’il arrive », a martelé le Premier ministre lundi lors d’une conférence de presse, en détaillant les moyens humains et matériels mobilisés pour organiser de futures expulsions. « Le premier vol partira dans dix à douze semaines », a-t-il insisté, admettant que l’objectif initial de voir des vols débuter au printemps ne serait pas tenu.

Adossé à un nouveau traité entre Londres et Kigali qui prévoit notamment le versement de sommes substantielles au Rwanda en échange de l’accueil des migrants, le texte vise à répondre aux conclusions de la Cour suprême qui a jugé le projet initial illégal en novembre. Le texte prévoit également que le gouvernement pourra outrepasser une éventuelle injonction de la Cour européenne des droits de l’homme à éviter les expulsions.

Jean Moliere/AFP

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