3 juillet 2022
Paris - France
EUROPE

France: Pap Ndiaye,le racisme suffocant à ciel républicain

Le racisme a la peau dure en France. Et personne ne s’en meut . Depuis sa nomination comme Ministre de l’éducation nationale , Pape Ndiaye , est sujet à vives polémiques avec  un florilège d’injures. Il serait donc Islamo-gauchiste , indigéniste et wokiste,ce courant de pensée venu des Etats-Unis où  le pasteur Martin Luther King parlait d’éveil de conscience du peuple noir.

Quand l’idée de nommer Pap Ndiaye à la tête du ministère français de l’Éducation nationale a-t-elle commencé à germer dans l’esprit d’Emmanuel Macron ? Sur le parvis du Panthéon ? Ou peut-être dans une salle du Quai Branly ? À quelques semaines d’intervalle à la fin de 2021, les deux hommes se sont retrouvés deux fois, lors de la cérémonie de restitution de vingt-six objets d’art au Bénin par le musée parisien, puis à la panthéonisation de Joséphine Baker.

Le chef de l’État avait en réalité déjà témoigné sa confiance à cet historien né d’un père sénégalais et d’une professeure de biologie française. En mars 2021, il l’avait nommé à la tête du musée de l’immigration, avec un défi : redorer l’image d’un lieu controversé pour sa connotation colonialiste. Et force est de constater que ce dernier a su conserver les faveurs du locataire de l’Élysée. « Je pense qu’il y a eu des évolutions positives ces dernières années sous le quinquennat de Macron – y compris le sommet Afrique-France de Montpellier, avec des propositions très intéressantes issues du rapport d’Achille Mbembe, déclarait Pap Ndiaye à Jeune Afrique en janvier 2022. Saluons ces avancées positives plutôt que de les fustiger au motif que cela ne suffirait pas. »

Qui est Pap Ndiaye 

Pap Ndiaye, de père sénégalais et mère française, nommé vendredi ministre français de l’Education et de la Jeunesse, est un historien respecté, spécialiste de l’histoire sociale des Etats-Unis et des minorités.

Ce chercheur de 56 ans était à la tête depuis l’an dernier à Paris du Musée de l’immigration. Professeur pendant de nombreuses années à Sciences Po Paris, il est apprécié de ses pairs et fait figure de « pointure » sur les questions liées aux minorités.

A peine nommé, déjà critiqué. Immédiatement après la nomination de Pap Ndiaye, universitaire spécialiste de l’histoire des minorités, né d’un père sénégalais et d’une mère française, l’extrême droite a multiplié les critiques.

« La nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé, à l’Education nationale est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir », a notamment estimé sur Twitter Marine Le Pen, finaliste à la présidentielle. Pour le président du RN Jordan Bardella, « Pap Ndiaye est un militant racialiste et anti-flics ».

« Emmanuel Macron avait dit qu’il fallait déconstruire l’Histoire de France. Pap Ndiaye va s’en charger », a aussi réagi l’autre candidat d’extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour.

« Un républicain très engagé »

Dans leur viseur, certains propos de l’historien de 56 ans, qui a notamment parlé de « racisme structurel en Francepar lequel des institutions comme la police peuvent avoir des pratiques racistes »

Sur « l’islamo-gauchisme » dans le milieu universitaire, dénoncé par Jean-Michel Blanquer ou encore par l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, Pap Ndiaye avait asséné sur France Inter : « Ce terme ne désigne aucune réalité à l’université. Ce qui me frappe surtout, c’est le degré de méconnaissance du monde politique des recherches qui sont menées à l’université en sciences sociales et en sciences humaines. »

Elisabeth Borne a défendu son ministre au journal télévisé de TF1, vendredi. « C’est parfaitement caricatural, ce qui ne m’étonne pas de la part des personnes que vous avez mentionnées », a souligné la Première ministre, en référence à la cheffe du RN et au président de Reconquête !. « Pape Ndiaye est un républicain très engagé, quelqu’un qui croit aux valeurs de la République et c’est bien évidemment ce qu’il va porter en tant que ministre de l’Éducation nationale », a-t-elle ajouté.

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