16 juillet 2024
Paris - France
AFRIQUE

Environnement/Madagascar contre l’oppression sur les lanceurs d’alerte

Alors qu’on parle de plus en plus de la COP 28, trois associations de la société civile malgache, lancent un cri d’alarme. Celui de dénoncer les pratiques arbitraires et honteuses envers les défenseurs de l’environnement.
Ces trois entités sont Transparency International Initiative Madagascar (TI/M), spécialisées dans la lutte contre la corruption dirigée par Ketakandriana Rafitoson, ensuite Alliance Voahary Gasy (AVG) œuvrant dans la défense de l’environnement de Ndranto Razakamanarina et Intiative pour le Développement, la Restauration écologique et l’innovation (INDRI), un laboratoire de stratégie pour le changement avec comme directeur executif Jean Philippe Palasi, tandis que parmi les co-fondateur figurent Barijaona Ramahilimihaso et Claude Fanohiza. Ces associations dénotent que la situation des activistes environnementaux à Madagascar est plus alarmante que jamais. « Les défenseurs de l’environnement sont confrontés à l’intimidation, au harcèlement voire à des peines de prison, qui relèvent de l’oppression des citoyens ».
Les faits existent dans les quatre coins du pays et se multiplient. Un exemple patent dans le Sud : « Thomas Razafindremaka de l’association GTZ d’Ihosy, défenseur environnemental et lanceur d’alerte anti-corruption est condamné à deux ans d’emprisonnement pour escroquerie et usurpation de titre ». Ensuite elles citent : À l’Est, Angélique Razafindrazoary de l’association Razan’i Vohibola Pangalanes, gestionnaire et défenseuse de la forêt protégée de Vohibola est harcelée et intimidée par des trafiquants de bois sans que l’Etat n’agisse » Il y a aussi le cas du journaliste indépendant spécialiste en environnement : « Rivonala Razafison de l’ACCE/AVG menacé plusieurs fois pour avoir dénoncé les trafiquants de bois précieux du corridor Zahamena Ankeniheny » L’assassinat d’Henri Rakotoarisoa défenseur de l’environnement et président de l’association Mialo en juin 2022 à été rappelé marquant l’absence de protection de l’Etat.
 Quid de la loi sur la protection des lanceurs d’alerte.
Ces organisations de la société civile ne menagent pas la justice : « Elle agit bien trop souvent dans le sens contraire à sa mission, en protègeant de fait les commanditaires des crimes environnementaux et des ressources naturelles à Madagascar, laissant présumer l’existence de collusions et pressions favorisant l’impunité des véritables responsables « 
Devant une telle situation, elles appellent le futur gouvernement à adopter une loi pour la protection des défenseur des droits humains et des lanceurs d’alerte et à créer au sein de l’Etat un organe de protection des lanceurs d’alerte.
A noter que malgré les actions de plaidoyer de la société civile menées depuis cinq ans, la loi des Défenseurs des Droits Humains et des Lanceurs d’alerte n’existe pas toujours.
Aux partenaires financiers internationaux, elles souhaitent que la protection des lanceurs d’alerte fasse partie des conditionnalites pour l’appui budgétaire.

James RAMAROSAONA (pour Continent Média)

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