17 juin 2024
Paris - France
POLITIQUE

En Côte d’Ivoire, 26 militants du parti de Laurent Gbagbo condamnés à deux ans de prison ferme

Fin février, 31 personnes avaient été arrêtées pour « trouble à l’ordre public » alors qu’elles manifestaient leur soutien au secrétaire général du PPA-CI, Damana Pickass, convoqué par un juge d’instruction.

Des militants du parti d’opposition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo ont été condamnés, jeudi 9 mars au soir, à deux ans de prison ferme pour « trouble à l’ordre public » lors d’une manifestation le 24 février à Abidjan. Ce jour-là, 31 personnes avaient été arrêtées et placées en détention alors qu’elles manifestaient leur soutien au secrétaire général du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Damana Pickass. Ce dernier était convoqué par un juge d’instruction pour son rôle présumé dans l’attaque d’une caserne à Abidjan en 2021.

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Vingt-sept de ces manifestants comparaissaient jeudi soir et tous sauf un – acquitté – ont été condamnés à deux ans de prison ferme. Le parquet avait requis trois ans ferme. Au cours des débats, une des procureurs a estimé que les accusés s’étaient rendus coupables de troubles à l’ordre public, « même sans violence ». Elle a rappelé que la convocation de M. Pickass était « personnelle » et qu’elle n’aurait pas dû engendrer un rassemblement.

« Les faits n’ont pas été démontrés. Le concept défini d’ordre public est une espèce de fourre-tout », a déploré un avocat de la défense, Jonas Zadi, précisant qu’il ferait appel de ce verdict. « Les personnes qui ont été condamnées sont toutes membres du PPA-CI, c’est un fait », a ajouté un autre avocat de la défense, Sylvain Tapi.

Décrispation

La semaine dernière, le porte-parole du PPA-CI, Justin Koné Katinan, avait accusé le pouvoir d’instrumentaliser la justice « à des fins politiques » après ces arrestations. « L’appareil judiciaire est devenu un instrument d’oppression des opposants ivoiriens », avait-il affirmé.

« Notre régime essaie au contraire de consolider l’Etat de droit, où chaque citoyen est libre d’exercer sa liberté conformément aux lois en vigueur », avait répondu Mamadou Touré, le porte-parole adjoint du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir).

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Le climat politique était pourtant à la décrispation depuis la présidentielle de 2020, lors de la réélection d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat controversé, quand des violences avaient fait 85 morts et 500 blessés. Des législatives se sont tenues dans le calme en mars 2021 et les opposants Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont fait leur retour dans le pays après leur acquittement par la justice internationale.

AFP

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