3 février 2023
Paris - France
AFRIQUE

Crise entre Ouattara et Goïta: Faure Gnassingbé à Bamako et Abidjan 

Le chef de l’État togolais est arrivé ce 4 janvier au Mali. Selon les informations de Jeune Afrique, il prendra ensuite la direction de la Côte d’Ivoire, il doit rencontrer Alassane Ouattara. Assimi Goïta vatil gracier les 46 militaires ivoiriens

Vaton enfin assister à la fin de la crise entre la Côte d’Ivoire et le Mali? Son principal médiateur, Faure Essozimna Gnassingbé, est actuellement à Bamako, arrivé ce 4 janvier pour une visite de travail de 24 heures

essentiellement consacrée au sort des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali depuis maintenant près de six mois. Selon nos sources, le président togolais doit ensuite se rendre à Abidjan, il rencontrera Alassane Ouattara

Désillusion 

Depuis leur condamnation, le 30 décembre, à vingt ans de prison et à une amende de 2 millions de francs CFA (3 049 euros) chacun

pour, entre autres, « attentat et complot contre le gouvernement et atteinte à la sûreté extérieure de l’État » les trois femmes, libérées en septembre 2022, ont été condamnées par contumace à la peine de mort et à 10 millions d’amende chacune, l’enjeu est désormais de 

savoir si le président de la transition malienne

Assimi Goïta, acceptera de leur accorder une grâce

Affaire des militaires ivoiriens : la promesse d’Assimi Goïta 

Cette visite est suivie avec une attention toute particulière par les autorités ivoiriennes. Ces dernières s’étaient montrées particulièrement confiantes au lendemain de la venue, le 22 décembre à Bamako, d’une importante 

délégation conduite par Téné Birahima Ouattara, le ministre de la Défense et frère du président ivoirien, accompagné notamment de Fidèle Sarassoro, le directeur de cabinet du président Ouattara et secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité (CNS). L’envoi de cette importante délégation avait été négocié lors de la précédente visite de Faure Gnassingbé à Abidjan, le 6 octobre

Ultimatum 

À Bamako, la mission ivoirienne avait pu rencontrer les soldats incarcérés et s’entretenir avec Assimi Goïta. Un mémorandum d’entente entre les deux pays avait même été signé. Téné 

Birahima Ouattara avait qualifié l’affaire de << malentendu entre le Mali et la Côte d’Ivoire »>

tandis que le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avait évoqué «< un 

incident malheureux qui [avait] rendu les relations difficiles avec la Côte d’Ivoire »> 

Affaire des militaires ivoiriens : ce qu’Assimi Goïta veut obtenir d’Alassane Ouattara 

Selon certaines sources officielles ivoiriennes, la partie malienne a alors promis que les militaires  seraient libérés avant le 31 décembre et pourraient ainsi célébrer les fêtes de fin d’année en famille. Le 4 décembre, lors d’un sommet à Abuja, la Cedeao avait donné à Bamako jusqu’au 1er janvier pour libérer les détenus ivoiriens, sous peine de sanctions. La junte n’a donc pas respecté cet ultimatum, mais l’organisation sousrégionale ne s’est pas encore exprimée officiellement à ce sujet

Ouattara affecté 

Si personne, à Abidjan, n’a été surpris de voir les soldats comparaître le 29 décembre devant la Cour d’assises de Bamako, dans le quartier de Banankabougou, les autorités ivoiriennes ont eu un mal fou à suivre le déroulé du procès, les 

soldats étant défendus par des avocats commis d’office par le Mali. Elles sont donc tombées des 

nues en découvrant son lourd verdict, et tout particulièrement le sort réservé aux trois femmes

Affaire des militaires ivoiriens : le discret appel téléphonique de Ouattara à Guterres 

Selon nos informations, Alassane Ouattara aurait été particulièrement affecté par le non- respect de la promesse malienne. Alors qu’il célèbre tous les ans son anniversaire le 1er janvier dans sa résidence d’Assinie, une station. balnéaire à l’est d’Abidjan, le chef de l’État cette foisci préféré s’abstenir. Échaudé par ce nouveau contretemps, Abidjan se montre désormais extrêmement prudent. Certaines sources caressent tout de même l’espoir de voir les soldats libérés dans les prochains jours, peut- être même d’ici à la fin de la semaine

DOSSIER 

Producteurs contre multinationales, la 

guerre du cacao 

La Côte d’Ivoire et le Ghana, respectivement premier et deuxième fournisseur mondial de fèves, ont engagé un brasdefer avec les géants nordaméricains et européens de l’industrie du chocolat pour une juste rémunération des cacaoculteurs. Mais à l’heure les consommateurs de chocolat semblent de plus en plus sensibles à son origine et à ses conditions de fabrication, estil vraiment possible de revoir le fonctionnement de la filière

 Producteurs contre multinationales, la guerre du cacao 

Cacao: chocolatiers et supermarchés, des grands gagnants si loin de l’Afrique 

Les coopératives, moyen pour les planteurs de cacao de reprendre le pouvoir

JA

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