27 mai 2024
Paris - France
INTERNATIONAL

Chine  Pékin réaffirme son ambition de changer l’ordre mondial 

Dans un long texte publié mardi, la Chine exprime son programme visant à transformer la gouvernance de la planète au profit des pays émergents – 

Les faits Interrogé par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée 

nationale sur le rôle de la France et de l’Europe face à la multiplication des crises internationales, Thomas 

Gomart, directeur de l’Ifri, a déclaré, mercredi, que «< nous sommes face à une accélération de la 

fracturation de l’ordre mondial qui nous est défavorable, car la France est une puissance de statu quo

Nous devons nous préparer à des ajustements brutaux. >> 

Depuis son arrivée à la tête du Parti communiste chinois (PCC), en novembre 2012, Xi Jinping n’a eu de 

cesse de défendre une nouvelle vision des relations internationales à travers diverses initiatives. L’idée de 

refonder l’ordre mondial n’est pas propre à l’actuel dirigeant chinois. Son prédécesseur Hu Jintao avait 

déjà évoqué la nécessité de modifier le fonctionnement du Fonds monétaire international au lendemain de 

la crise financière de 2008

Ce qui a changé, c’est l’insistance du secrétaire général du PCC et président de la République populaire 

de Chine pour changer l’ordre établi. Au cours des premiers mois de son premier mandat, il avait lancé 

divers projets comme les nouvelles Routes de la soie et la Communauté mondiale d’avenir partagé. Dans 

les deux cas, Xi avait choisi de les annoncer hors de son territoire, respectivement au Kazakhstan, en 

Indonésie et en Russie, afin de leur donner, dès le départ, une dimension internationale

A lire aussi: A Pékin, Xi Jinping tourne le dos aux relations internationales de papa 

Dix ans après, à quelques semaines du troisième Forum de l’Initiative une ceinture une route qui se 

déroulera en octobre à Pékin, le Conseil des affaires d’Etat, la plus haute instance dirigeante chinoise, al 

publié, le 26 septembre, son livre blanc intitulé « Une communauté mondiale d’avenir partagé : les 

propositions et les actions de la Chine »

<< Vrai multilatéralisme ». Outre la concordance de temps avec l’anniversaire du vaste programme 

d’investissements dans les infrastructures imaginé pour créer de nouveaux flux d’échanges, la publication 

de ce texte fleuve intervient au moment se déroule l’Assemblée générale des Nations unies, à New 

York. La plupart des pays reconnaissent les dysfonctionnements de l’institution internationale et surtout 

le blocage du Conseil de sécurité, qui contribue à paralyser nombre de décisions alors que la coopération 

est indispensable pour affronter les grands défis du moment

 » Derrière une vision angélique, le discours est bien plus musclé et vise implicitement les Occidentaux, au premier rang desquels les EtatsUnis, et la mentalité de « guerre froide » qui les habite  » 

« Le déficit de paix se creuse. Bien que la société humaine ait largement maintenu la paix depuis la fin de 

la Seconde Guerre mondiale, les menaces à la paix mondiale continuent de s’accumuler. () L’ombre de la 

course aux armements persiste et la menace d’une guerre nucléairel’épée de Damoclès qui pèse sur 

l’humanitédemeure. Notre monde risque de basculer dans la confrontation, voire la guerre », peuton 

lire dans le long préambule qui ouvre une série de propositions destinées à «< construire un monde ouvert

inclusif, propre et beau, jouissant d’une paix durable, d’une sécurité universelle et d’une prospérité 

commune, transformant en réalité l’aspiration des gens à une vie meilleure. >> 

Derrière cette vision angélique, qui donnera inévitablement lieu à des railleries, le discours est bien plus 

musclé et vise implicitement les Occidentaux, au premier rang desquels les EtatsUnis, et la mentalité de 

<< guerre froide » qui les habite aujourd’hui. Aux yeux des responsables chinois, cette tendance, si elle 

perdure, ne peut que conduire au chaos. D’où la nécessité d’une nouvelle approche des relations 

internationales avec un changement dans la gouvernance mondiale, incarné par la montée en puissance 

des pays émergents. Cela passe également par une acceptation des différences et la mise en œuvre d’un 

<< vrai multilatéralisme >>

Blocages. La plupart des propositions rassemblées dans ce texte ne sont pas nouvelles. Elles ont été 

évoquées dans différentes enceintes, comme l’Organisation de coopération de Shanghai, et traduisent 

bien l’ambition de Pékin d’être au cœur de la transformation de l’ordre mondial. Devant les blocages des 

organisations internationalesauxquels la Chine n’est pas non plus toujours étrangère, une telle vision 

peut séduire, en particulier les pays du Sud global qui, au cours de récents rassemblements 

internationaux, ont exprimé une certaine lassitude face à l’absence de résultats concrets

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Mais, désormais, la Chine n’est pas la seule à revendiquer ce rôle. Mardi, alors que Pékin publiait son 

texte, l’Inde estimait qu’elle était la mieux adaptée pour devenir la principale voix du monde en 

développement dans un «< ordre multipolaire émergent ». Devant l’ONU, son ministre des Affaires 

étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, a affirmé que son pays ciblait << les préoccupations essentielles 

du plus grand nombre, et pas seulement les intérêts étroits de quelquesuns », répondant ainsi aux 

ambitions chinoises de façonner le monde à son image

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JM. source :Frédéric Charillon L’air du large WSJ

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