29 février 2024
Paris - France
AFRIQUE

Qui est Brice Clotaire Oligui Nguema, tombeur d’Ali  Bongo Ondimba ?

 Au Gabon, le CTRI a annoncé avoir nommé à sa tête Brice Clotaire Oligui Nguema, commandant en chef de la garde républicaine. Un général formé au Maroc et originaire du HautOgooué, le berceau des Bongo

Ce mercredi matin, son nom a d’abord été scandé par les éléments de la garde républicaine, dont il est le commandant en chef, au sein même du palais présidentiel. Puis, peu de temps après, la confirmation est tombée

Brice Clotaire Oligui Nguema est désormais le président du Comité pour la 

transition et la restauration des institutions (CTRI), qui a annoncé qu’il prenait le pouvoir, à  Libreville ce 30 août, à la télévision nationale 

Exaide de camp d’Omar Bongo Ondimba 

Brice Clotaire Oligui Nguema n’est pas un inconnu des Gabonais, tant il fréquente les arcanes du pouvoir des Bongo depuis des décennies. Originaire de la province du HautOgooué, le berceau de la famille de l’ancien président Omar Bongo Ondimba (OBO), à laquelle sa mère était apparentée, il avait vu le général André Oyini le prendre sous son aile et lui faire gravir les échelons au sein de l’armée

Ali Bongo Ondimba << en résidence surveillée », son fils arrêté… 

Ce que l’on sait du coup d’État en cours au Gabon 

Dans les rangs du CTRI ce 30 août figure d’ailleurs également AiméVivian Oyini, fils de feu André Oyini et aujourd’hui chef d’étatmajor de la garde 

républicaine. Les deux hommes se connaissent donc de longue date et particulièrement bien. Formé à l’académie royale militaire de Meknès, au Maroc, et bénéficiant du parrainage de l’influent général et de son lien familial avec le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema va devenir l’un des aides de camp d’Omar Bongo Ondimba

<<< Il faisait partie des « petits » du président, qu’on voyait passer dans les couloirs », se souvient AnneMarie DworaczekBendome, ancienne collaboratrice d’OBO. L’ancien de Meknès reste au côté du président jusqu’au décès de ce dernier, en 2009 à Barcelone. Cependant, en délicatesse avec une partie de la famille du défunt, notamment avec le 

futur président Ali Bongo Ondimba (ABO), il est écarté de Libreville et envoyé en service à l’étranger

L’exil, puis le retour 

Attaché militaire du Gabon au Maroc puis au Sénégal, il passe dix années en exil. Il ne rentre qu’en 2019, sous l’impulsion notamment de Brice Laccruche Alihanga, qu’il connaît depuis son enfance et qui est alors directeur de cabinet d’ABO : un an après l’accident vasculaire cérébral du président, que Oligui Nguema considère comme son cousin, et surtout peu de temps après une tentative de coup d’État infructueuse mais dans laquelle la garde républicaine aurait été impliquée, le gradé est rappelé au Gabon. Il prend la tête de la puissante Direction générale des services  spéciaux (DGSS), les renseignements de la garde républicaine

Au Gabon, qui sont les putschistes ayant annoncé prendre le pouvoir

Brice Clotaire Oligui Nguema y remplace Frédéric Bongo, le demifrère du président, luimême mis à l’écart après s’être attiré des inimitiés au sein du clan familial. << Fred », comme un symbole, est alors nomméattaché militaire du Gabon en Afrique du Sud. À l’époque, Oligui Nguema affirme à qui veut l’entendre son indéfectible soutien au chef de l’État, au point qu’il est porté, en avril 2020, à la tête de la garde républicaine

<< Une révolution de palais >> 

Commandant en chef, il modifie même le slogan de ce régiment, qui jure fidélité au président et non plus à la patrie. Le général de brigade (deux étoiles) fait ensuite en sorte de raffermir sa mainmise sur la garde républicaine, verrou du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba

Très apprécié par ses hommes et ayant permis une grosse augmentation des effectifs, il a également obtenu que son régiment soit l’un des mieux équipés du pays. En 2023, en prévision des élections, il a encore reçu quatre blindés légers AML90 et recruté 679 nouveaux agents

C’EST AVANT TOUT UNE RÉVOLUTION DE PALAIS, D’UNE BRANCHE DE LA FAMILLE CONTRE UNE AUTRE 

Le CTRI soutient désormais qu’il assure, provisoirement, la gestion du pays. Ali Bongo Ondimba, lui, se trouve en résidence surveillée et ne semble visé 

par aucune accusation. Plusieurs de ses proches ont en revanche été arrêtés et font l’objet d’une enquête pour << trahison contre les institutions de l’État, malversations financières internationales en bande organisée » ou encore << trafic de stupéfiants et falsification de signature »

Tous sont des proches de Noureddin BongoValentin et de la première dame, Sylvia BongoOndimba. À l’heure actuelle, celleci n’est plus au côté d’Ali Bongo Ondimba, avec lequel Jeune Afrique a pu s’entretenir. << C’est 

avant tout une révolution de palais, d’une branche de la famille contre une autre », souligne un ancien du Palais du bord de mer

JM source: JA

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