14 août 2022
Paris - France
POLITIQUE

Plus de 200 opposants arrêtés uniquement en 2021 en Côte d’Ivoire

Plusieurs poids lourds de l’opposition sont « toujours poursuivis », dans le cadre des violences meurtrières qui avaient émaillé l’élection présidentielle de 2020, a annoncé le procureur d’Abidjan le 26 décembre. Dans une conférence de presse, le procureur Richard Adou a rappelé que « ceux qui de près ou de loin auront participer à ces faits » devront « répondre de leurs actes ». 

En Côte d’Ivoire, 233 personnes ont été interpellées cette année dans le cadre d’une enquête sur les violences survenues lors de l’élection présidentielle de 2020 dont les affrontements avaient provoqué la mort de 85 personnes et blessé 500 manifestants.

Les violences avaient éclaté quand le président Alassane Ouattara avait annoncé sa candidature pour un troisième mandat. L’opposition avait alors appelé les citoyens à boycotter le scrutin. Plusieurs leaders d’opposition avaient appelé au boycott du scrutin et à la désobéissance civile, estimant que le troisième mandat du président Ouattara était « anticonstitutionnel« . De nombreuses manifestations qui ont parfois dégénéré en affrontements intercommunautaires, avaient eu lieu entre août et novembre 2020.

Un an plus tard, plusieurs personnalités se retrouvent dans le viseur de la justice comme Henri Konan Beida, l’ancien président de côté d’ivoire, soupçonné d’opération financière subversives. Ces déclarations interviennent alors que le climat politique tente de se pacifier depuis quelques mois. Le dialogue entre les partis d’opposition et la majorité a repris le 16 décembre dernier.

Après six mois d’enquête d’une unité de police et gendarmerie dédiée, le procureur Richard Adou a expliqué que 233 personnes « impliquées à divers degrés » ont été interpellées et 40 sont toujours « activement recherchées« .

Une grande majorité des personnes interpellées ont toutefois été remises en liberté sous contrôle judiciaire, à l’image du leader du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan ou  le numéro deux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Maurice Kakou Guikahué qui ont passé plusieurs semaines en prison fin 2020.

« Toutes les personnes qui ont de près ou de loin participé à ces faits, demeurent poursuivies, même en liberté« , a toutefois martelé le procureur Richard Adou, indiquant qu’il revenait désormais aux juges d’instruction de décider s’ils doivent être jugés ou non. Le procureur a longuement égrené les divers crimes liés aux violences électorales autour de la présidentielle de 2020 qui ont fait 85 morts et 500 blessés.

Des poursuites contre l’ancien chef d’État ?

Le 26 décembre, M. Adou n’a pas exclu que des poursuites puissent être engagées contre l’ancien chef de l’État et leader du PDCI, Henri Konan Bédié. « Nous attendons que les juges d’instruction finissent leur information judiciaire. Tous ceux qui de près ou de loin auront incité, instrumentalisé, armé, financé vont répondre de leurs actes« , a-t-il affirmé, rappelant que l’ex-président était « justiciable comme tout individu« .

Adou n’a pas exclu que des poursuites puissent être engagées contre l’ancien chef de l’État et leader du PDCI, Henri Konan Bédié. « Nous attendons que les juges d’instruction finissent leur information judiciaire. Tous ceux qui de près ou de loin auront incité, instrumentalisé, armé, financé vont répondre de leurs actes« , a-t-il affirmé, rappelant que l’ex-président était « justiciable comme tout individu« .

« Les investigations ont démontré qu’il finançait plusieurs opérations subversives« , note le rapport de l’unité d’enquête au sujet de M. Bédié. Laurent Gbagbo était quant à lui absent de Côte d’Ivoire lors des élections de 2020. Il est rentré à Abidjan en juin 2021, après avoir été acquitté par la justice internationale, de crimes contre l’humanité lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

Ces déclarations interviennent alors que le climat politique est plutôt à la décrispation depuis quelques mois en Côte d’Ivoire. Le dialogue entre les partis d’opposition et la majorité a repris le 16 décembre, et Alassane Ouattara a rencontré M. Bédié en fin d’année dernière puis M. Affi N’Guessan, il y a deux mois.

Par Regard Sur l’Afrique

Titre : continent Media

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