30 novembre 2022
Paris - France
POLITIQUE

Patrick Achi reconduit à la primature, Tiémoko Meyliet Koné nommé vice-président

La dernière fois que le chef de l’État s’était exprimé devant le Congrès, c’était il y a deux ans. Devant les parlementaires, il avait alors annoncé qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2020 et s’était engagé à transférer le pouvoir à une nouvelle génération. C’est dire si son discours sur l’état de la nation de ce mardi 19 avril était attendu.

L’adresse a duré environ une demi-heure et elle n’a pas déçu. Moins d’une semaine après avoir accepté la démission de Patrick Achi, Alassane Ouattara a d’abord annoncé qu’il le reconduisait dans ses fonctions de Premier ministre. L’homme sera chargé de conduire une équipe resserrée, d’une trentaine de membres – contre 41 dans le précédent gouvernement – et il n’aura pas le droit à l’erreur. En privé, le président ivoirien lui avait aussi demandé de déléguer plus. Alassane Ouattara le lui a répété ce mardi devant le Congrès : « Monsieur le Premier ministre, vous avez reçu mes instructions en ce sens. »

Un technocrate fidèle à la vice-présidence

Ce ne sera donc pas la vice-présidence pour Achi, comme certaines rumeurs le suggéraient ces derniers temps à Yamoussoukro. Un autre fidèle d’Alassane Ouattara lui a été préféré à ce poste : Tiémoko Meyliet Koné. Jusqu’alors gouverneur de la BCEAO, il est « un technocrate hors pair, un brillant économiste et un homme compétent », a décrit le chef de l’État.

Né en 1949 et originaire de Tafiré, dans le Nord, ce Sénoufo a fait une grande partie de sa carrière au sein de la Banque centrale, où il a connu Alassane Ouattara. C’est d’ailleurs ce dernier qui, en 2007, encourage le Premier ministre d’alors, Guillaume Soro, à faire de Tiémoko Meyliet Koné son directeur de cabinet. En 2010, Koné se retrouve à la tête du ministère de la Construction avec pour mission d’y remettre de l’ordre. Pendant la crise post-électorale, de décembre 2010 à mai 2011, il devient conseiller du président ivoirien, chargé des questions économiques et financières, avant de prendre les commandes de l’institution monétaire ouest-africaine.

C’est donc un homme de confiance qu’Alassane Ouattara a choisi pour occuper un poste vacant depuis la démission de Daniel Kablan Duncan, en juillet 2020. « Depuis des années, il était un conseiller de l’ombre », souligne une source au sein de l’exécutif ivoirien. Fin connaisseur des questions économiques et financières ainsi que des relations internationales, doté de forts réseaux ouest-africains, Tiémoko Meyliet Koné sera aussi en capacité de suppléer le président ivoirien dans ces domaines. Il devrait en particulier suivre le dossier de la réforme du franc CFA, chère à Alassane Ouattara.

Source : Jeune Afrique

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