16 juillet 2024
Paris - France
AFRIQUE

Niger : Au Nigeria, le Sénat et l’opposition penchent contre une intervention militaire

CEDEAO Le Sénat nigérian a appelé le président Tinubu à « encourager les autres dirigeants de la Cédéao à renforcer l’option politique et diplomatique »

Au Nigeria, le débat est vif sur l’attitude à adopter vis-à-vis des putschistes à Niamey. Des voix s’élèvent en effet pour demander au président Bola Tinubu, à la tête du bloc ouest-africain, de reconsidérer son éventuelle intervention militaire de la Cédéao au Niger.

Des parlementaires et responsables politiques du pays le plus peuplé d’Afrique ont fait valoir leurs inquiétudes alors que la fin de l’ultimatum lancé par la Cédéao se rapproche. Le 30 juillet, peu après le coup d’Etat qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum, la Cédéao avait donné sept jours à la junte, soit jusqu’à ce dimanche soir, pour le rétablir dans ses fonctions. Tout en affirmant privilégier la voie diplomatique, ils avaient indiqué qu’en cas d’échec des négociations, un usage de la force n’était pas à exclure.

Le coup de pression des chefs d’état-major de la Cédéao

La pression s’est encore accentuée vendredi lorsque les chefs d’état-major de la Cédéao réunis à Abuja ont annoncé avoir « défini les contours » de cette « éventuelle intervention militaire ». Rien n’a filtré sur ce plan d’action, mais il y a fort à parier que le Nigeria voisin, première économie du continent et fort de ses 215 millions d’habitants, en serait le premier contributeur en termes financiers, humains et logistiques. C’est d’ailleurs Bola Tinubu, qui, en sa qualité de président de la Cédéao, est porteur de cet ultimatum.

Samedi après-midi, le Sénat nigérian s’est réuni à huis clos pour discuter de la situation au Niger, puis a appelé le président Tinubu à « encourager les autres dirigeants de la Cédéao à renforcer l’option politique et diplomatique », d’après une déclaration du président du Sénat Godswill Akpabio. Plusieurs médias nigérians affirment qu’au cours de cette réunion, la majorité des sénateurs ont exprimé leur opposition à une intervention militaire.

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Selon la Constitution du Nigeria, les forces de sécurité ne peuvent être déployées pour combattre dans un pays étranger sans l’aval préalable du Sénat. Le président peut cependant s’en passer dans le cas d’un « risque imminent ou danger » pour la sécurité nationale. Il a alors sept jours, après le début des combats, pour demander son autorisation.

Une intervention jugée « inutile » par l’opposition

Vendredi, les sénateurs des régions du nord du Nigeria avaient mis en garde Abuja et la Cédéao contre « un recours à la force militaire sans avoir épuisé toutes les voies diplomatiques ». En cas d’intervention, même le Nigeria, dont sept États au Nord partagent une frontière de 1.500 km avec le Niger, serait « affecté négativement », ont-ils prévenu.

Les sénateurs disaient également s’inquiéter de voir une intervention au Niger déstabiliser davantage ces régions et ouvrir un nouveau couloir d’insécurité avec les voisins du Niger. Ces inquiétudes sont également partagées par la plus importante coalition des partis d’opposition du Nigeria, pour qui une intervention serait « non seulement inutile » mais « irresponsable », a ainsi jugé le Coalition of United Political Parties samedi.

Source: 20 Minutes.

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