27 mai 2024
Paris - France
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Ousmane Sonko estime qu’il faut ”réévaluer les relations franco-sénégalaises”

Dakar, 16 mai -Mélenchon en visite à Dakar, remercié par Sonko de «son soutien constant»

Le fondateur de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a démarré, mercredi 15 mai, une visite de quatre jours au Sénégal. Première étape, une rencontre avec le chef du gouvernement sénégalais et leader du parti Pastef, Ousmane Sonko. 

Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé avec Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal et président du Pastef, à Dakar le 15 mai 2024.

Il évoque la relation entre la France et le Sénégal, soulignant l’importance d’un partenariat politique fondé sur le respect mutuel et la convergence d’objectifs. Il met en avant la nécessité de passer des accords concrets sur des enjeux majeurs comme la protections des biens communs de l’Humanité.

Jean-Luc Mélenchon insiste sur l’importance de la langue commune et la créativité des Africains qui l’ont enrichie. Il exprime son admiration pour le Sénégal, saluant la victoire de la mobilisation populaire du pays. Il souligne également l’importance de l’Afrique dans le contrôle de son propre avenir et encourage d’autres pays à suivre l’exemple démocratique du Sénégal.

Il annonce avec enthousiasme des collaborations futures, notamment à travers des conférences communes avec la jeunesse et les intellectuels sénégalais. Il exprime enfin sa gratitude pour l’accueil chaleureux reçu, affirmant que l’affection et la fraternité dépassent les frontières politiques et électorales.

– Le président du parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF-Les patriotes), Ousmane Sonko, a estimé, jeudi, qu’il fallait ”réévaluer les relations entre la France et le Sénégal, et entre la France et l’Afrique globalement’’.

‘’Il nous faut des relations basées sur la justice, un dialogue sincèrement authentique, franc et fondé sur le respect mutuel entre la France et le Sénégal, et entre la France et l’Afrique globalement’’, a-t-il déclaré dans un amphithéâtre de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar rempli comme un œuf.

Ousmane Sonko s’exprimait dans le cadre d’une conférence qu’il coanimait avec Jean-Luc Mélenchon, le leader du parti français de gauche, La France Insoumise (LFI) sur le thème : ‘’Échanges sur l’avenir des relations Afrique-Europe’’.

Arrivé au Sénégal mercredi, M. Mélenchon séjourne quatre jours dans le pays.

Pour Ousmane Sonko, les relations entre l’Europe et l’Afrique, entre la France et l’Afrique et particulièrement entre la France et le Sénégal n’ont pas toujours été axées sur le respect mutuel.

”Elles ont jusque-là été des relations léonines au profit de l’Europe et de la France, assises sur des schémas historiques de spoliation’’, a-t-il tranché.

Pour Ousmane Sonko, les autorités européennes et françaises, ou du moins une certaine élite politique française actuelle ”a souvent agi vis-à-vis des anciennes colonies africaines selon une vision +focardienne+ du continent, aidée en cela par des relais locaux entretenus par la corruption”.

Le Premier ministre sénégalais, qui s’entretenait ainsi avec les étudiants de l’université de Dakar, en qualité de président de son parti politique, a souligné l’analyse biaisée d’une certaine élite dirigeante occidentale, lorsqu’elle considère ce qu’elle qualifie de ‘’sentiment anti-occidental’’ de ‘’manipulations de puissances concurrentes’’, s’est désolé d’une telle ‘’cécité’’ dans leur analyse.

‘’Il faut arrêter les raccourcis infantilisants qui font croire que le soi-disant sentiment anti-européen ou anti-français ne soient pas les effets de causes créées par la France et l’occident’’, a-t-il rétorqué.

Il a en ainsi prôné la ‘’transparence’’ comme une des bases d’une nouvelle coopération qu’il appelle de ses vœux.

‘’La transparence doit être au cœur de nos relations au bénéfice de nos peuples. Ensemble nous pouvons construire un avenir en commun où la justice, le bon sens doivent être de mise’’, a indiqué Ousmane Sonko.

C’est, selon lui, dans cette perspective que les problématiques de l’émigration, de la sécurité, entre autres, ”pourront être bien analysées et solutionnées’’, a-t-il laissé entendre.

‘’Et les intellectuels et les artistes doivent jouer un rôle important dans ces questions-là’’, a-t-il ajouté.

Jean Moliere

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