5 mars 2024
Paris - France
POLITIQUE

Ce que Macron et Ouattara se sont dit: putschs au Sahel, visas et présence militaire française 

Les présidents français et ivoirien se sont retrouvés autour d’un déjeuner à l’Élysée, le 21 novembre, ils ont évoqué plusieurs dossiers majeurs

Les présidents Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, à l’Élysée, le  21 novembre dernier, lors du chaleureux déjeuner en têteàtête entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron, les sujets sousrégionaux ont occupé une place importante des discussions. Le président français a fait part de ses vives préoccupations à propos de la recrudescence des attaques terroristes au Niger.

La dernière, survenue dans la nuit du 2 au 3 octobre, a causé la mort de 29 soldats, selon un bilan officiel. Si l’option 

militaire n’est plus privilégiée, un durcissement des sanctions économiques et financières imposées par Cedeao est à l’étude

Les «<< fausses promesses » d’Ibrahim Traoré… 

Les deux chefs d’État ont été unanimes sur les négociations avec la junte nigérienne : toute discussion. est conditionnée à la libération du président Mohamed Bazoum et de sa famille. Alassane Ouattara a assuré que les prises de pouvoir par les militaires dans la région seront de nouveau à l’ordre du jour du prochain sommet de la Cedeao

Autre source d’inquiétude : le Burkina Faso, en raison de l’afflux continu de réfugiés dans le nord de la Côte d’Ivoire. Les flux de population dans les pays voisins créent en effet une forte pression migratoire sur le pays. Alassane Ouattara et Emmanuel Macron ont déploré les <<< fausses promesses» du président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, qui avait garanti à leurs émissaires qu’il ne se rapprocherait pas des Russes 

Comment la Cedeao a enterré l’option d’une intervention militaire au Niger 

Concernant le Mali, ils ont estimé que la situation <<< demeure fragile» après la reconquête de Kidal par les Forces armées maliennes (Fama) et leurs supplétifs russes de Wagner 

et le dossier des visas 

Des services numériques et des infrastructures 

La situation de la Côte d’Ivoire n’a pas été occultée. Emmanuel Macron s’est félicité du climat qui a prévalu lors des élections locales en septembre dernier, et a plaidé pour le renforcement de la démocratie et la consolidation de la paix sociale. Le président français a par ailleurs assuré à son invité que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, allait se saisir du dossier de l’exemption des visas français pour les passeports diplomatiques ivoiriens dès janvier 2024. Le rétablissement de cette mesure est en effet une requête d’Abidjan

Le plan d’Abidjan et Paris pour sécuriser la CAN 

De son côté, Alassane Ouattara a sollicité le maintien du soutien économique, financier et sécuritaire de Paris. Le président ivoirien souhaite que le dispositif militaire français déployé à Abidjan, en appui à la lutte contre le terrorisme et la criminalité frontalière, soit maintenu en l’état. Emmanuel Macron avait annoncé un redimensionnement des Forces françaises de Côte d’Ivoire (FFCI) du 43e bataillon d’infanterie de marine (Bima), stationnées dans le camp de PortBouët

En marge du déjeuner des présidents, leurs collaborateurs ont, eux aussi, partagé un repas de travail dans l’une des salles de l’Élysée. Des conseilleurs diplomatiques et des sécurocrates de Macron ont échangé avec des ministres ivoiriens, à l’instar d’Adama Coulibaly (Finances et Budget) et de Souleymane Diarrassouba (Commerce et Industrie), et des membres du cabinet présidentiel ivoirien, dont son directeur, Fidèle Sarassoro

JM source :JA

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