COUPE DU MONDE 2026: « AUCUNE CHANCE QUE JE RÉPONDE », KLOPP STOPPE UNE INTERVIEW APRÈS UNE QUESTION SUR LES PROPOS RACISTES DE SCHWEINSTEIGER CONTRE LA CÔTE D’IVOIRE
Jürgen Klopp est présent en Amérique afin de couvrir la Coupe du monde 2026 en tant que consultant pour Magenta Sports. Et lors d’un échange avec d’autres médias, le technicien allemand de 59 ans s’est braqué au moment d’une question au sujet de la sortie raciste de Bastian Schweinsteiger sur la Côte d’Ivoire. Au point de mettre fin à l’interview.
Il n’a pas du tout apprécié la question et il l’a bien fait savoir. Présent en Amérique pour couvrir la Coupe du monde 2026 en tant que consultant pour la plateforme allemande de streaming Magenta Sport, aux côtés notamment de Thomas Müller, Jürgen Klopp est venu répondre aux questions de plusieurs médias. Mais le technicien de 59 ans s’est subitement braqué lorsqu’une journaliste de la Deutsche Welle lui a demandé de réagir aux propos racistes tenus par Bastian Schweinsteiger sur la Côte d’Ivoire.
Avant même la fin de la question, l’ancien coach de Liverpool a interrompu la journaliste, visiblement agacé. « Et maintenant, vous voulez continuer sur ce sujet. Non, non, il n’y a aucune chance que je réponde à cette question », a lâché le directeur mondial du football chez Red Bull. « Tout le monde aime ça, alors vous me mettez dans cette situation. Ce n’est pas mon rôle de plaire à tout le monde, mais c’est un sujet sérieux et je ne sais même pas ce qu’il convient de dire. Pour les Africains, ce serait une chose, pour d’autres, ce serait autre chose. »
« Je pensais que personne ne me poserait une question à ce sujet, mais vous avez trouvé le moment et étonnamment vous êtes Allemande (ironique). Ça me surprend tellement (grand sourire) », a poursuivi Jürgen Klopp, avant de lever son pouce et de mettre fin à l’interview en partant subitement, malgré les protestations des autres journalistes présents.
Ces derniers jours, les propos tenus par Bastian Schweinsteiger en marge de la victoire de l’Allemagne contre la Côte d’Ivoire, samedi à Toronto (2-1), font beaucoup réagir outre-Rhin. L’ancien milieu de terrain de la Nationalmannschaft, âgé de 51 ans, a commenté le style de jeu des Éléphants en usant de stéréotypes raciaux. Le champion du monde 2014, qui intervient comme consultant pour la chaîne publique ARD durant ce Mondial 2026, a estimé que l’équipe d’Emerse Faé développait un « football africain », en le décrivant comme « parfois peu orthodoxe, un peu sauvage, pas tout à fait tactique »
« Le football peut être incroyablement cruel, parce qu’aujourd’hui, à mon avis, la meilleure équipe est rentrée chez elle. Quand j’ai regardé ce match du début à la fin, j’ai eu l’impression que la Côte d’Ivoire contrôlait plus le jeu, créait les meilleurs moments et jouait avec plus de courage. Parfois, le football ne récompense pas l’équipe qui le mérite le plus. »
« J’ai encore une grande question pour Ermese Fae. Pourquoi Amad Diallo n’était-il pas sur le terrain dès le tout début ? Au moment où il est entré, tout a changé. Il a apporté de l’énergie, de l’imagination et de la confiance. Il a marqué l’égalisation, a gagné des fautes dangereuses, et chaque fois qu’il touchait le ballon, la Norvège paraissait mal à l’aise. C’est ça, l’influence d’un joueur spécial. »
« Puis tu regardes ce coup franc… absolument exceptionnel. La technique, la confiance, l’intelligence — Amad Diallo est un footballeur d’une qualité incroyable. Des joueurs comme lui peuvent complètement transformer un match, et aujourd’hui il a presque ramené tout un pays dans la compétition à lui seul. »

« Mais je ne veux pas que la Côte d’Ivoire quitte ce tournoi la tête baissée. Ils ont montré au monde quelque chose de bien plus grand qu’un résultat. Ils ont montré du combat, de la personnalité et de la résilience. Ils ont représenté non seulement leur pays mais aussi le football africain avec un immense orgueil. Chaque adversaire comprend maintenant que jouer contre une nation
« La Norvège peut célébrer ce soir, et elle mérite d’être félicitée pour avoir trouvé un moyen de s’en sortir, mais la Côte d’Ivoire quitte cette Coupe du monde avec le respect. Ils ont prouvé qu’ils ont leur place à ce niveau. Parfois, le football t’offre la victoire, parfois il t’offre des leçons. Cette équipe a donné à l’Afrique une raison de croire, et je n’ai aucun doute qu’elle reviendra encore plus forte. »
JM avec AF