La finale de la Coupe du Monde 2026 entre l’Espagne et l’Argentine, dimanche 19 juillet au MetLife Stadium d’East Rutherford, pourrait également désigner le prochain Ballon d’or. Une course au trophée individuel jusque-là très indécise et très ouverte.
À l’aube d’une nouvelle finale de Coupe du monde, la course au Ballon d’or est totalement relancée, du moins pour les joueurs encore en lice dans ce Mondial 2026. La domination du duo légendaire Ronaldo-Messi a pris fin en 2022, après le huitième sacre de la Pulga, parti ensuite aux États-Unis en traçant – croyait-on – un trait définitif sur ses espoirs de conquérir à nouveau le trophée individuel le plus convoité du football. Mais le ballon rond réserve bien des surprises, et cette Coupe du monde 2026 le prouve encore.
Car c’est bien là toute la singularité du scénario: exilé à l’Inter Miami, loin des projecteurs du grand football européen, Lionel Messi pourrait devenir le premier joueur de l’histoire à décrocher le Ballon d’or en évoluant en MLS. Un sacre en jouant dans un championnat longtemps considéré comme une pré-retraite dorée, voilà qui bousculerait tous les codes du trophée. L’Argentin a offert, en 2025, à la franchise floridienne son premier titre de champion, avec 35 buts et 23 passes décisives sur la saison. Des performances qui comptent bel et bien dans les votes, puisque le plus prestigieux des trophées individuels récompense la saison d’un joueur de septembre à juin ou juillet, les années de Coupe du monde. L’organisation du trophée l’a d’ailleurs rappelé ce jeudi sur ses réseaux sociaux: il n’a jamais été obligatoire d’évoluer dans un club européen pour soulever le Ballon d’or.
Cet été aux États-Unis, l’octuple lauréat a empilé les statistiques. Triplé face à l’Algérie, doublé contre l’Autriche, passe décisive en sortie de banc face à la Jordanie pour boucler la phase de poules. Contre le Cap-Vert, c’est encore lui qui lance les hostilités, d’un enchaînement dont il a le secret: contrôle soyeux et demi-volée en lucarne. Face à l’Égypte, alors que l’Albiceleste est menée 2-0 et mal embarquée à dix minutes du terme, son capitaine dépose un délice de centre sur la tête de Romero, resté aux avant-postes, avant d’égaliser lui-même d’une demi-volée rageuse. Contre la Suisse, c’est sa passe décisive pour le Red de Liverpool, Alexis Mac Allister, qui débloque la rencontre.
Des chiffres stratosphériques, mais qui appellent une nuance: jusqu’aux demi-finales, l’Argentine a bénéficié d’un parcours relativement clément (qui ne l’a pas empêché de se faire quelques frayeurs): Algérie, Autriche, Jordanie, Cap-Vert, Égypte, Suisse.
Le premier rendez-vous avec une sélection du top 10 FIFA n’est arrivé qu’en demi-finale, face à l’Angleterre. Et là encore, menée 1-0, l’Albiceleste s’en est remise à son numéro 10: une passe en retrait pour Enzo Fernandez puis un caviar pour Lisandro Martinez, et un billet pour la finale. Une seule grande affiche, donc, mais négociée de main de maître. De quoi relancer dès le lendemain le débat: la légende argentine pourrait ranger un neuvième Ballon d’or sur son étagère le 26 octobre prochain à Londres. À en croire les bookmakers anglais, la cérémonie serait même déjà jouée, avec un Messi favori coté à 1,13.
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Mais ce dimanche à 21h, au MetLife Stadium, un match dans le match pourrait tout bouleverser: un duel entre la pépite espagnole Lamine Yamal et le meilleur buteur de ce Mondial 2026. En cas de victoire finale de la Roja, le favori argentin pourrait bien se voir dépassé sur le fil.
Face à Messi, plusieurs Espagnols auront la ferme intention de lui contester le trophée. Notamment Lamine Yamal, côté à 23 chez les bookmakers anglais: auteur d’une bonne saison avec le Barça, l’ailier pourrait, si la Roja soulève la coupe et s’il réalise une grande finale sur le flanc droit face à Tagliafico, prendre la tête dans l’esprit des journalistes votants, malgré un Mondial jusqu’ici plus discret.
Derrière lui, l’entrejeu espagnol peut lui aussi prétendre à la consécration. Rodri, coté à 6 chez les bookmakers britanniques, lauréat 2024 après son titre de champion d’Europe avec la sélection et sa saison aboutie à Manchester City, demeure la première rampe de lancement de l’équipe de Luis de la Fuente. Et Fabian Ruiz, vainqueur de la Ligue des champions avec le Paris Saint-Germain pour la deuxième année de suite, pourrait signer la saison parfaite: titulaire dans les deux équipes, le milieu box-to-box ajouterait la Coupe du monde à son palmarès.

Ousmane Dembélé, élu meilleur joueur de Ligue 1 avec seulement neuf titularisations, s’était logiquement replacé parmi les favoris après son doublé à Anfield en quart de finale retour de Ligue des champions, synonyme de qualification pour les demi-finales. Un nouveau doublé assorti d’une passe décisive au Parc des Princes, puis un but à l’Allianz Arena: les fameux chants « Ousmane Ballon d’or » résonnaient de nouveau. Une époque qui semble bien lointaine au regard du Mondial du numéro 10 parisien. Malgré cinq buts et deux passes décisives, il aura trop peu pesé et aura, comme tout le collectif tricolore, sombré face à l’Espagne en demi-finale.
Michael Olise, capable lui aussi de coups d’éclat et bourreau du Real Madrid en Ligue des champions avec le Bayern, aurait lui aussi pu s’inscrire dans la discussion. Mais sa prestation face à la Roja, et avant ça sa discrétion face au Maroc, ont potentiellement éteint les espoirs du métronome des Bleus. Kylian Mbappé, auteur d’une Coupe du monde assez impressionnante avec huit buts et trois passes décisives aux États-Unis, partait avec un handicap compte tenu de sa saison blanche avec le Real Madrid. Mais un sacre en sélection aurait sans doute tant marqué les esprits qu’il lui aurait permis de prétendre au podium.

Si les hommes de Luis Enrique ont réalisé un spectaculaire back-to-back en conservant leur couronne européenne, les performances des joueurs du PSG sous les maillots de l’équipe de France et du Portugal n’ont pas convaincu, et semblent laisser les doubles champions d’Europe loin des Messi, Rodri et Lamine Yamal dans la course au trophée individuel suprême. Poussé par les supporters parisiens, Khvicha Kvaratskhelia a pourtant signé une saison impressionnante avec son club sur la scène européenne: dix buts et six passes décisives en Ligue des champions, et des prestations marquantes lors des doubles confrontations en phases finales face à Chelsea, Liverpool et le Bayern Munich. Malheureusement pour le Géorgien, sa nation n’étant qualifiée pour la Coupe du monde, sa candidature pour soulever le Ballon d’Or semblait d’office écartée.
Les trois Portugais du PSG, Vitinha, João Neves et Nuno Mendes, vainqueurs de la Ligue des champions et présents dans le top 30 du Ballon d’or 2025, ont quant à eux pris la porte beaucoup trop tôt, éliminés par l’Espagne sur un but de Mikel Merino à la 91e minute, sans avoir marqué ce Mondial de leur empreinte.
Harry Kane, buteur à 61 reprises toutes compétitions confondues avec le Bayern cette saison, a longtemps endossé le costume de sauveur des Three Lions, avec notamment un doublé face à la RD Congo pour arracher la qualification en quarts… avant d’être plus discret face à la Norvège puis de disparaître totalement contre l’Argentine. Jude Bellingham, malgré une saison plus que moyenne avec le Real Madrid, réalisait quant à lui un Mondial presque parfait, jusqu’à s’éteindre à son tour après la 70e minute et les changements défensifs de Thomas Tuchel face à l’Argentine.
JM . source RMC