16 juillet 2024
Paris - France
EUROPE

Sondages législatives 2024 : ce que révèle le compilateur à une semaine du premier tour

Pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet, trois blocs (RN, Nouveau Front populaire, majorité présidentielle) se partagent l’essentiel des intentions de vote.

ÉLECTIONS – La tripartition est nette. Deux semaines après des européennes qui ont vu un succès très large du Rassemblement national, la campagne éclair des élections législatives anticipées voit apparaître trois camps en lutte pour la majorité à l’Assemblée. Illustration dans les sondages, qui se multiplient maintenant que l’offre électorale est claire.

Contrairement à celles qui étaient réalisées jusqu’au milieu de semaine, les enquêtes publiées depuis le vendredi 21 juin portent sur les candidatures réelles dans chaque circonscription. Si le mode de scrutin reste complexe pour les sondeurs (ces législatives sont parfois considérées comme 577 mini-présidentielles) et si cette photographie de l’opinion n’a toujours aucune valeur prédictive, elle est tout de même plus affinée à une semaine du premier tour.

Le RN deux fois plus haut qu’en 2022

Il en ressort donc, comme le montre le compilateur de sondages du HuffPost visible ci-dessous, un avantage à l’extrême droite qui fait la course en tête comme lors de la campagne des européennes. Le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen (et ses alliés proches d’Éric Ciotti) est crédité de 34,6 % d’intentions de vote au premier tour ce qui lui permet d’envisager un nombre de maintiens au second tour beaucoup plus important que les 208 de 2022, quand il avait atteint 18,7 % à l’échelle nationale.

Derrière, l’union de la gauche réunie dans le Nouveau front populaire parvient à créer une dynamique derrière ses candidats. À 28,2 %, le NFP est certes en deçà du total des listes de gauche aux européennes (31,6 %) mais il est au-dessus du score de la Nupes en 2022 (25,7 %).

Surtout il distance les candidats de la majorité présidentielle. Celle-ci parvient tout juste à 20 %, loin des 25,6 % d’il y a deux ans. Quatrièmes (à 7,2 %), les Républicains semblent condamnés à jouer un rôle de figurant, eux dont les déchirements internes ont animé la première semaine de campagne.

Du niveau de la participation le dimanche 30 juin dépendra aussi le nombre de qualifiés et les configurations des seconds tours le 7 juillet. Si aucun candidat n’obtient 50 %, les deux premiers sont qualifiés ainsi que ceux qui auront obtenu plus de 12,5 % des inscrits. Avec 60 % de participation, il faut que le troisième obtienne au moins 20,8 % des suffrages pour se qualifier.

La majorité présidentielle à moins de 100 députés ?

Dès lors, imaginer à quoi ressemblera l’Assemblée nationale après cette dissolution est un exercice périlleux. Après Harris ou Cluster 17, c’est Elabe (pour BFMTV et La Tribune Dimanche) qui essaie tout de même de le faire sur la base des intentions de vote et du résultats des européennes. Il en ressort une projection sans aucun camp avec la majorité absolue de 289 sièges.

La fourchette la plus favorable à l’alliance Ciotti-Bardella la donne à 280 sièges. Le score moyen est à 265 députés (trois fois plus qu’en 2022) quand le Nouveau front populaire est à 160, soit un tout petit peu plus que la somme des partis qui le composent dans l’Assemblée sortante. Ce sont les Républicains (40 sièges, soit une perte de 20 élus) et surtout la majorité présidentielle (100 sièges soit 140 de moins) qui semblent faire les frais de ce scrutin voulu par Emmanuel Macron.

Jean Moliere/  Le HuffPost 

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