juillet 9, 2026 by CONTIENENT MEDIA

Sahel Le Mali à nouveau sous le feu des jihadistes et des indépendantistes

Les insurgés ont mené une attaque simultanée, samedi 4 juillet, sur plusieurs bases de l’armée malienne. Quarante-huit heures plus tard, la base militaire d’Anéfis est toujours encerclée et bombardée par les assaillants. 

Une nouvelle fois, l’armée malienne a été attaquée simultanément sur de multiples fronts, samedi 4 juillet. Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam 

et aux musulmans (Jnim, selon l’acronyme arabe de l’organisation) et les indépendantistes du Front de 

libération de l’Azawad (FLA) ont lancé leurs assauts à l’aube. Au moins huit localités, dans le Nord, le Centre, et le Sud du pays, ont été le théâtre d’affrontements. 

La cible principale de cette opération d’envergure semble être Anéfis, une petite ville du Sahara qui 

abrite une base militaire stratégiquement située sur la route de Kidal, une centaine de kilomètres plus 

au nord. Lors de leur spectaculaire offensive du 25 avril, qui avait fait vaciller le pouvoir malien, les 

jihadistes et les indépendantistes s’étaient emparés de ce fief historique de la rébellion touareg, laissant 

l’armée et ses alliés russes du groupe African Corps se replier vers Anéfis. Deux mois et demi plus tard, 

le FLA contrôle toujours Kidal, largement désertée. 

En s’attaquant à Anéfis, les insurgés espèrent consolider leurs positions dans le septentrion malien. 

Musique épique 

Les combattants indépendantistes ont rapidement pris possession de la ville samedi, faisant 

prisonniers des soldats. Les forces maliennes et russes se sont alors retranchées dans le camp 

militaire à l’ouest de la localité. Celui-ci résistait  toujours lundi 6 juillet, malgré les tirs d’obus et les frappes de drones kamikazes. De nouvelles <ont été tirées «<à l’aube et dans le courant de la matinée», affirme Mohamed Elmaouloud 

Ramadane, le porte-parole du FLA. 

Un convoi parti de Gao, 240 kilomètres au sud, pour prêter main-forte aux militaires assiégés, a fait demi-tour après est tombé dans une embuscade, 

essuyant de lourdes pertes. «Le groupe de renfort a été anéanti, plusieurs blindés et voitures ont été détruits, un hélicoptère abattu», indique Mohamed  Elmaouloud Ramadane. Des vidéos de la bataille, et de la chute de l’aéronef, ont été immédiatement 

partagées par les combattants du FLA. Les rebelles auraient également abattu un drone kamikaze piloté par les Russes. 

TÉMOIGNAGE 

AU MALI, APRÈS LES ATTAQUES JIHADISTES D’AVRIL, LES SERVICES DE RENSEIGNEMENT SUR LE GRIL 

Reprenant les codes de communication des insurgés, les Forces armées maliennes (Fama) ont également publié des vidéos des combats sur leur 

page Facebook. Leurs films, sur fond de musique épique hollywoodienne, montrent des frappes de drones visant des véhicules ou des hommes se déplaçant à pied ; des armes et des motos prétendument récupérées à l’issue des affrontements; et des corps présentés comme ceux 

de «. Le logo du groupe russe paramilitaire Africa Corps s’affiche en 

surimpression sur les images. «La riposte aéroterrestre coordonnée a permis aux Fama, avec 

l’appui de leurs partenaires, de reprendre l’initiative  et de maîtriser la situation dans l’ensemble des localités visées par des attaques ennemies», clame 

un communiqué de l’armée diffusé ce lundi. Peu d’informations ont filtré sur les attaques 

menées ailleurs au Mali par les hommes du Jnim, notamment à Gao, Aguelhoc (Nord), Kouakourou, 

Konna et Somadogou (Centre). Leur objectif était-il de <> les forces russes et maliennes pour les  empêcher de secourir Anéfis ? Au même moment, 

les jihadistes ont également réussi à pénétrer dans l’enceinte de la prison de Kéniéroba, à une soixantaine de kilomètres au sud de Bamako, où ils ont mis le feu à plusieurs véhicules, sans que l’on sache à ce stade si des détenus ont été libérés par les assaillants. 

Sortie de la CPI 

La capacité de nuisance du Jnim dépasse les frontières du Mali. L’organisation jihadiste a revendiqué des assauts, le même jour, au Burkina Faso voisin, à Din, Dala et Tiara, contre des positions de l’armée et des miliciens pro 

gouvernementaux. Ces attaques auraient fait 40 morts, selon le texte de revendication du Jnim. Le Niger, lui aussi aux prises avec une insurrection  islamiste, n’est pas épargné : pour le seul mois de juin, près de 100 militaires ont été tués par le Jnim

ou son concurrent, l’Etat islamique au Grand  Sahara, d’après le décompte d’Armed Conflict 

Location and Event Data (Acled), qui fait référence dans la région. 

La doctrine de défense des pays de l’Alliance des Etats du Sahel est mise à rude épreuve. Ces trois régimes ont en commun d’avoir rompu avec la 

France, de s’être tourné (à des degrés divers) vers la Russie, et d’être accusés de multiplier les crimes de 

guerre à l’encontre des populations civiles. En juin, les juntes militaires de Bamako, Ouagadougou et  Niamey ont officiellement déposé une demande de 

retrait de la Cour pénale internationale, la qualifiant d’«

aux mains de l’impérialisme». Leur sortie prendra  effet en juin 2027, un an après cette notification. 

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