18 août 2022
Paris - France
AFRIQUE INTERNATIONAL

Mozambique : l’armée rwandaise affirme avoir repris un bastion des jihadistes

Venues combattre l’insurrection jihadiste au Mozambique aux côtés de l’armée, les forces rwandaises ont annoncé, dimanche, que la ville portuaire de Mocimboa da Praia avait été reprise par les forces rwandaises et mozambicaines. Cette ville clé dans le conflit était tombée aux mains des insurgés locaux il y a près d’un an.

Les forces rwandaises, déployées en juillet dernier pour prêter main forte à l’armée mozambicaine dans sa lutte contre les jihadistes, ont affirmé, dimanche 8 août, avoir repris le contrôle du port stratégique de Mocimboa da Praia aux insurgés.

« La ville portuaire de Mocimboa da Praia, un bastion majeur de l’insurrection depuis plus de deux ans, a été prise par les forces de sécurité rwandaises et mozambicaines », ont déclaré les Forces de défense rwandaises dans un tweet. Le colonel Ronald Rwivanga, porte-parole de l’armée rwandaise, a confirmé à l’AFP que Mocimba da Praia « est tombée ».

Le ministère mozambicain de la Défense a ensuite à son tour annoncé que les troupes mozambicaines et rwandaises avaient repris le contrôle de la localité dimanche matin.

Elles contrôlent désormais les bâtiments officiels, le port, l’aéroport, l’hôpital et d’autres infrastructures-clés, a raconté le colonel Omar Saranga, un porte-parole du ministère, pendant une conférence de presse à Maputo.

La ville portuaire, cible de la première attaque jihadiste au Mozambique en octobre 2017, était aux mains des insurgés depuis le 12 août 2020. Elle était devenue le quartier général de facto des jihadistes locaux, connus sous le nom d’Al-Shabab (« les jeunes » en arabe) et affiliés au groupe Etat islamique (EI).

Mocimboa da Praia, « dernière place forte des insurgés »

Mocimboa da Praia « était la dernière place forte des insurgés », sa reconquête « marque la fin de la première phase des opérations de contre-insurrection », a indiqué le colonel Rwivanga.

Le Rwanda a envoyé, début juillet, un millier de soldats pour soutenir les forces armées mozambicaines qui luttent pour reprendre le contrôle de la province septentrionale de Cabo Delgado, laquelle abrite l’un des plus importants projets de gaz naturel liquéfié d’Afrique.

Les forces rwandaises avaient revendiqué, début août, leurs premiers succès depuis leur déploiement, annonçant avoir aidé l’armée mozambicaine à reprendre le contrôle d’Awasse, petit village stratégique situé près de Mocimboa da Praia.

>> À lire aussi : Dans le nord du Mozambique, des milliers d’habitants fuient la menace islamiste 

« Nous allons continuer les opérations de sécurisation pour pacifier totalement ces zones, ce qui permettra aux forces mozambicaines et rwandaises de mener des opérations de stabilisation quand (les gens déplacés) retourneront chez eux », a ajouté le porte-parole de l’armée rwandaise.

Au total, la crise au Mozambique a fait plus de 2 800 morts, la plupart des civils, et provoqué le déplacement de plus de 800 000 personnes.

Le 24 mars, un assaut d’ampleur de la ville portuaire de Palma a inquiété la communauté internationale. Cette attaque, l’une des plus importantes depuis le début des violences jihadistes dans la province du Cabo Delgado, a interrompu un mégaprojet gazier de 16,8 milliards d’euros, opéré par le français Total et situé à seulement quelques kilomètres de Palma.

Après s’être montré réticent à toute intervention étrangère, insistant sur la souveraineté de son pays, indépendant du Portugal depuis 1975, le président mozambicain, Filipe Nyusi, avait aussi officiellement demandé, début juillet, l’aide militaire des États de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Le Botswana – dont le chef de l’État, Mokgweetsi Masisi, préside l’organe de la SADC chargé de la politique, la défense et la sécurité – a envoyé 296 soldats le 26 juillet.

Frontalière du Mozambique et puissance régionale, l’Afrique du Sud a annoncé, le 28 juillet, l’envoi immédiat de 1 495 militaires. Le lendemain, le Zimbabwe a annoncé son intention d’en envoyer 304 pour former les unités d’infanterie du Mozambique.

Le 12 juillet, l’Union européenne a mis sur pied une mission militaire de formation des forces mozambicaines, afin de les aider à lutter contre l’insurrection islamiste. Le Portugal participe déjà à la formation des troupes mozambicaines. Les instructeurs militaires portugais devraient constituer la moitié de la mission européenne.

Avec AFP

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