30 novembre 2022
Paris - France
AFRIQUE INTERNATIONAL

Mali-Mauritanie : comment la crise diplomatique a été évitée

Après l’assassinat de citoyens mauritaniens au Mali, les présidents Mohamed Ould Ghazouani et Assimi Goïta se sont discrètement entendus pour éviter toute escalade entre leurs deux pays.

Il y a encore quelques jours, les tensions étaient vives entre Nouakchott et Bamako, après l’assassinat de plusieurs Mauritaniens les 5 et 6 mars au Mali voisin, dans la localité d’El Ataye, dans le cercle de Nara. Ce drame n’est pas isolé : sept commerçants avaient déjà été tués dans les environs le 17 janvier.

Les 11 et 12 mars, une mission malienne menée par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est rendue à Nouakchott pour une opération déminage. Si le président Mohamed Ould Ghazouani a refusé de recevoir les émissaires de son homologue Assimi Goïta, ceux-ci ont néanmoins eu un entretien fructueux avec d’autres personnalités au sommet de l’État.

Opérations de surveillance

Disparitions de ressortissants mauritaniens au Mali: Nouakchott promet la vérité

Une délégation ministérielle mauritanienne s’est rendue lundi 14 et mardi 15 mars à la frontière avec le Mali. Conduite par le ministre de l’Intérieur, la délégation comprenait également le ministre de la Défense nationale et les chefs des corps d’armées et de sécurité. Ils ont rencontré les familles des dizaines de mauritaniens portés disparus début mars en territoire malien. Leurs proches soutiennent que 15 de ces disparus ont été tués par l’armée malienne. Du côté malien, on dément toujours.

Avec notre correspondant à Nouakchott, Salem Mejbour Salem

Le gouvernement mauritanien n’a pas encore chiffré le nombre de morts. Mais le ministre de l’Intérieur, Ahmed Salem Ould Merzoug, tient à rassurer les populations des régions frontalières du Mali : « Nous avons pris des engagements avec le Mali pour que toute la lumière soit faite sur le nombre de morts, par qui et dans quelles circonstances. »

Ahmed Salem Ould Merzoug a mis en garde contre toute volonté de s’attaquer au peuple mauritanien : « Vous le savez, à l’intérieur de nos frontières, nous assurons la sécurité des personnes et des biens. Le gouvernement, je tiens à le réaffirmer ici, sévira avec force contre quiconque tenterait de franchir la frontière pour s’attaquer à nos compatriotes. »

Le Mali va ouvrir une enquête sur les accusations de disparitions de ressortissants mauritaniens

En janvier dernier déjà, sept Mauritaniens avaient été tués dans le secteur. À l’époque, la question d’une possible implication de soldats maliens avait également été posée. Les experts mauritaniens de la commission ad hoc chargée de faire la lumière sur les événements du 5 mars ont, eux, quitté Nouakchott mercredi 16 mars dans la soirée pour Bamako.

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