Maroc : Mohamed Chaouki, improbable héritier d’Aziz Akhannouch à la tête du RNI
Pourquoi lui ? Le 28 janvier, le bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI) a validé la candidature unique de Mohamed Chaouki à la succession d’Aziz Akhannouch, président sortant du parti, en vue du congrès extraordinaire prévu ce 7 février à El Jadida, rappelle Jassim Ahdani.
« Longtemps considéré comme l’héritier naturel d’Akhannouch, Mustapha Baïtas, porte-parole du gouvernement et fidèle parmi les fidèles du chef du RNI, semblait cocher toutes les cases d’une succession sans heurts. […] Mais en coulisses, le scénario aurait été réécrit », révèle JA. Selon notre source, le choix de Mohamed Chaouki relèverait d’un « coup » signé Rachid Talbi Alami, président du Comité préparatoire du congrès, destiné à tenir Baïtas à distance après un refroidissement progressif de leurs relations ces derniers mois.
D’où vient-il ? Mohamed Chaouki a été poussé vers la politique par son père, ancien député du Parti Authenticité et Modernité (PAM). Il débute aux côtés des fondateurs de la première Chabiba (jeunesse) du parti, présidée à l’époque par Najwa Koukous, l’actuelle présidente du Conseil national du PAM. Intéressé par la direction de la branche jeunesse du parti, Chaouki va contester la nomination de Koukous avant d’être congédié. Il se rapproche du RNI, alors en quête de jeunes profils combatifs, où il va se distinguer par son aisance sociale et son réseau.
Un signal politique ? Élu député en 2021, Mohamed Chaouki reste discret jusqu’en 2024, malgré la présidence stratégique de la commission des finances. Sa visibilité explose après l’éviction de Mohamed Ghiat (autre transfuge du PAM) de la tête du groupe parlementaire RNI. Défenseur vigoureux d’Akhannouch face à l’opposition, il est propulsé président du groupe par le trio Akhannouch-Talbi Alami-Baïtas. Depuis, ses interventions se concentrent quasi exclusivement sur la défense du chef du gouvernement.
RDC : avec l’attaque de l’aéroport de Kisangani, l’AFC/M23 intensifie la bataille de l’air
Les faits. Le plus bel aéroport de RDC vient d’être la cible d’une attaque de drones inédite. « Si le déroulé de l’attaque demeure flou, plusieurs de nos interlocuteurs assurent qu’au moins huit drones kamikazes Yiha III ont été utilisés. L’un d’eux précise que six engins ont été neutralisés grâce à la défense antiaérienne déployée par les contractuels privés turcs qui opèrent à Kisangani pour le compte de l’armée congolaise », rapportent Romain Gras et Romain Chanson dans Jeune Afrique.
La revendication. Dans un communiqué daté du 3 février, l’AFC/M23 affirme avoir détruit « le centre de commandement des drones militaires ». De fait, la zone militaire de l’aéroport de Kisangani abrite des drones chinois (CH-4) et turcs (TAI Anka) utilisés par les Forces armées congolaises (FARDC), rappelle JA.
Ce qu’il faut retenir. « Les rebelles veulent démontrer qu’ils ont la capacité de se projeter bien au-delà de la zone qu’ils contrôlent », expliquent nos journalistes. « La bataille des airs a toujours été importante pour l’AFC/M23, qui s’est rapidement emparé de l’aéroport international de Goma et de l’aérodrome de Kavumu, et qui a menacé l’espace aérien du Burundi, allié de Kinshasa, quand il a pris la ville d’Uvira, à la frontière avec Bujumbura. »
Minerais critiques : ce qu’il faut retenir de la visite de Tshisekedi à Washington
Accord minier. Félix Tshisekedi a été reçu mercredi à Washington pour une réunion ministérielle sur les minerais, premier signe concret de l’accord de partenariat stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis, qui engage Kinshasa à soumettre dans un délai de trente jours une liste des ressources minérales critiques, des ressources aurifères et des zones d’exploration non autorisées. L’administration Trump cherche à sécuriser une zone commerciale préférentielle pour les minéraux critiques, protégée des perturbations extérieures grâce à des prix planchers applicables. Plusieurs entreprises nord-américaines ont évoqué ces derniers jours des projets permettant de fournir aux États-Unis des minerais extraits en RDC.
Accord de paix. Les progrès réalisés dans le domaine des minerais suscitent un regain d’intérêt pour le volet paix et sécurité des accords de Washington et exercent une pression sur le Rwanda pour qu’il se retire de l’est du Congo. Si Kigali est depuis longtemps un acteur puissant à Washington, son soutien désormais ouvert aux rebelles de l’AFC/M23 érode rapidement le crédit dont il bénéficie au sein de l’administration Trump et au Capitole.
« Chambre forte ». L’accord avec la RDC s’inscrit dans une volonté plus large de la part de Washington de sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques. Baptisé Project Vault (projet chambre forte), ce programme ‒ une première aux États-Unis ‒ bénéficiera d’un prêt de 10 milliards de dollars de la Banque d’import-export des États-Unis (Eximbank) et de 1,67 milliard de dollars issus de capitaux privés, raconte Fatoumata Diallo. Il vise à acquérir et stocker du cobalt, du lithium, du nickel, du gallium ou du germanium.
Crise du carburant au Mali : pourquoi Doumbouya ne peut pas vraiment secourir Goïta
Relation personnelle. La présence du malien Assimi Goïta à Conakry pour l’investiture du guinéen Mamadi Doumbouya rappelle la relation personnelle entre les deux hommes, explique Jeune Afrique. « Le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence guinéenne, est un proche de longue date d’Assimi Goïta. […] Des canaux de dialogue ont été maintenus, même si la Guinée a choisi de ne pas rejoindre l’Alliance des États du Sahel. […] Le Mali bénéficie de droits d’usage du port de Conakry, de facilités portuaires et d’espaces dédiés. »
Infrastructures défaillantes. C’est pourquoi la question d’une intervention guinéenne dans la crise du carburant qui étreint le Mali se pose, comme l’expose l’article de JA. Or, depuis l’explosion du principal dépôt de carburant de Conakry en décembre 2023, la capacité nationale de stockage s’est fortement réduite. « Dans ces conditions, l’option d’un corridor qui part du port de Dakar, traverse la Guinée avant de rejoindre Bamako, a […] été abandonnée, car jugée trop longue et trop coûteuse. »
Risque sécuritaire. Enfin, au-delà des contraintes techniques, c’est surtout la question sécuritaire qui freine Conakry. « Selon nos informations, Mamadi Doumbouya redoute qu’un engagement trop visible dans l’approvisionnement du Mali en carburant n’expose ses régions frontalières à des représailles de la part des jihadistes », peut-on lire dans Jeune Afrique.
La crise du cacao fait vaciller le Ghana, mais aussi la Côte d’Ivoire
Les faits. Moussa Koné, le président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (Synapci) et Koffi Kanga, à la tête de l’Association nationale des producteurs de café-cacao (Anaproci), ont été placés en garde à vue par la brigade de recherche de la gendarmerie le 2 février. Ils ont été libérés deux jours plus tard, après avoir été présentés à un juge du tribunal de première instance d’Abidjan.
Accusations. L’interpellation des leaders de la filière fait suite à une plainte d’Yves Brahima Koné, le directeur général du Conseil café-cacao (CCC), qui les accuse de « diffamation » et de « calomnie ». En conférence de presse, le 24 décembre, Moussa Koné et Koffi Kanga auraient dénoncé le stockage de « 700 000 tonnes » de fèves non vendues et l’engorgement des ports d’exportation d’Abidjan et de San Pedro. Pour le CCC, relève notre journaliste Baudelaire Mieu, cette information aurait déclenché la chute des cours mondiaux et causé un préjudice à l’État ivoirien, premier producteur mondial. Or les cours ont baissé dès septembre, en raison de la baisse de la demande dans les pays consommateurs.
C’est la crise. Au Ghana aussi les difficultés se font sentir. Les agriculteurs ne sont pas payés depuis des mois, les sociétés d’achat agréées (LBC) manquent de liquidités et le régulateur du secteur, le Ghana Cocoa Board (Cocobod), peine à maintenir un modèle de financement qui s’est fissuré au pire moment possible.
source JA
