La junte accuse la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire après l’attaque de l’aéroport de Niamey
1. Ce que l’on sait de l’attaque à Niamey
Où et comment ? « C’est une attaque d’ampleur qui a frappé la capitale nigérienne dans la nuit du 28 au 29 janvier », décrypte Jeune Afrique. « L’aéroport Diori-Hamani et la Base militaire 101 ont été le théâtre d’affrontements entre les Forces armées nigériennes (FAN) et des assaillants. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le ciel nocturne illuminé par des tirs de défense antiaérienne. Plusieurs sources font état d’une attaque complexe menée à la fois par un commando au sol et par des drones kamikazes ciblant des avions commerciaux stationnés sur le tarmac et des équipements militaires de la base. »
Pourquoi ? C’est sur la Base 101 que sont stockées les quelque 1 000 tonnes d’uranium qui sont au cœur du bras de fer entre Niamey et l’entreprise française Orano depuis plusieurs mois. Si cet uranium ne semble pas avoir été la cible de l’attaque, le lieu où il est entreposé a été touché – deux camions auraient notamment été endommagés. Toutefois, les conteneurs auraient été épargnés par les tirs.
Tiani remercie la Russie. « Nous félicitons l’ensemble des forces de défense et de sécurité […] ainsi que les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité, a affirmé le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, dans une déclaration diffusée à la radio publique, La Voix du Sahel. Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, à Patrice Talon et à Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent à leur tour à nous écouter », a-t-il ajouté.
L’attaque a été revendiquée vendredi 30 janvier dans l’après midi, par l’État islamique.
2. Côte d’Ivoire : Téné Birahima Ouattara vice-Premier ministre, la promotion qui pose question
Pourquoi un tel poste ? « Le but est d’obtenir plus d’efficacité », dit-on, rappelant que le président a réclamé à la nouvelle équipe gouvernementale, qui reste sensiblement la même que l’ancienne, « plus d’ardeur et de dévouement ».
Que va-t-il faire ? Selon nos informations, Téné Birahima Ouattara, dont la relation de confiance avec son frère est totale, voit désormais son champ d’intervention s’étendre bien au-delà du ministère de la Défense, qu’il conserve. Robert Beugré Mambé lui déléguera la gestion de certains dossiers stratégiques et des missions de coordination au sein du gouvernement, tout en le représentant parfois lors d’occasions officielles.
Et la Défense ? Téné Birahima Ouattara garde donc par ailleurs la main sur la Défense, lui qui fut précédemment ministre des Affaires présidentielles, de 2012 à 2021. Ses interlocuteurs lui reconnaissent dans ce domaine une connaissance fine des dossiers, qui plus est dans un contexte géopolitique instable marqué par des craintes sécuritaires pour le pays et alors que le président ivoirien a fait de la sécurité une des priorités de son mandat.
3. Finale de la CAN Sénégal-Maroc : ce qu’il faut retenir des sanctions de la CAF
L’essentiel. La Confédération africaine de football (CAF) a tranché pour punir les responsables du chaos de la finale Maroc-Sénégal. En renvoyant les deux fédérations dos à dos, l’instance préserve le titre sénégalais mais frappe fort au portefeuille et sur le banc de touche. Le Maroc voit sa demande de victoire « sur tapis vert » rejetée.
Le bilan comptable :
- Pape Bouna Thiaw, sélectionneur des Lions de la Teranga, écope de 5 matchs de suspension et 100 000 dollars d’amende.
- Achraf Hakimi et Ismaël Saibari (Maroc) ainsi que Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye (Sénégal) sont suspendus pour comportement antisportif.
- Les amendes cumulées dépassent le million de dollars pour les deux fédérations, sanctionnées pour le comportement de leurs supporters et officiels.
Et maintenant ? Si ces sanctions ternissent l’image du football africain, elles ne bloquent pas la route du Mondial 2026, les suspensions ne s’appliquant qu’aux compétitions de la CAF. Toutefois, un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) reste possible pour contester ce jugement.
4. Dans le nord du Cameroun, les oubliés du système Biya
Ngaoundéré. Entre promesses ferroviaires jamais tenues et crises électorales à répétition, la capitale de la région de l’Adamaoua incarne le malaise politique du Septentrion camerounais face au pouvoir de Paul Biya. Jeune Afrique y est retourné, trois mois après une présidentielle sous haute tension. Ici, la ligne de chemin de fer Yaoundé-Ngaoundéré, inaugurée en 1970, avec l’ambition de rejoindre N’Djamena, n’a plus progressé d’un seul centimètre depuis, faisant de la capitale de cette région un terminus provisoire devenu définitif.
Garoua. Dans le fief de l’opposant Issa Tchiroma Bakary, les cicatrices du 12 octobre 2025 restent visibles. « Les vestiges des promesses » de l’opposant à Paul Biya « sont encore visibles, sous la forme des affiches jaunes du candidat du Front pour le salut national du Cameroun [FSNC]. C’est ici que l’ancien ministre et opposant a tenu son dernier meeting, le 10 octobre. Les jeunes de Garoua s’y étaient rassemblés en masse, avant de se rendre massivement aux urnes deux jours plus tard. Dans leur sillage, le Nord a plébiscité Tchiroma Bakary, […] si bien que pendant des semaines, la ville s’est sentie aux portes du palais présidentiel et a fait vaciller Paul Biya dans ses certitudes », écrit l’envoyé spécial de JA.
Maroua. Dans la capitale de la région de l’Extrême-Nord, la violence postélectorale aussi a laissé des traces. Le reportage de Franck FOUTE explique « comment la “fille aînée du renouveau”, surnom donné à la ville en référence à la politique promise par Paul Biya lors de son accession au pouvoir, en 1982, a opéré un virage » pour entrer en opposition.
Un enseignant à l’université de Maroua résume cette rupture à « un conflit générationnel qui oppose le parti au pouvoir caporalisé par une élite vieillissante […] tandis que l’opposition est peuplée de jeunes pousses qui aspirent plus que tout à faire bouger les lignes ».
5. Comment Canal+ compte rentabiliser son rachat de MultiChoice en Afrique
Contrats renégociés. Pour tirer profit d’un marché en plein essor, David Mignot, le patron de Canal+ Afrique, a écrit « à tous les fournisseurs de contenus du sud-africain MultiChoice pour leur annoncer qu’aucun contrat ne serait renouvelé et qu’il faudrait passer par une renégociation. Ces discussions concernent les grands groupes, à l’image du récent accord, en janvier, avec Warner Bros, ou encore le partenariat signé en 2025 avec Netflix pour apporter le contenu du géant américain en Afrique subsaharienne francophone », explique le journaliste de Jeune Afrique.
Showmax, le point noir. La plateforme de streaming de MultiChoice a subi une perte d’exploitation d’environ 370 millions d’euros depuis trois ans. La plateforme étant également détenue en joint-venture par NBCUniversal/Sky, Maxime Saada, le directeur général du groupe Canal+, assure qu’il ne procédera pas à des coupes budgétaires trop importantes pour « ne pas perdre d’abonnés potentiellement précieux ».
Les défis à relever. « Le groupe se donne encore le temps de redresser la barre car, sur le continent, la concurrence n’est pas encore féroce », analyse Mathieu Galtier dans son article. « Les plateformes américaines peinent en effet à percer en raison principalement du faible accès à l’internet haut débit, surtout en Afrique subsaharienne. Le mode de paiement par prélèvement automatique demeure également très limité, contrairement à ce que l’on observe sur les marchés plus matures. Les versements se font par espèces, paiements ou services bancaires mobiles, ce qui nécessite une présence sur le continent. Et, avec ses 32 000 points de vente, le nouveau groupe Canal+ estime avoir de quoi attendre sereinement la concurrence. »
