Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine propose la médiation d’un ex‑chancelier allemand et maintient la pression sur l’UE
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Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine propose la médiation d’un ex‑chancelier allemand et maintient la pression sur l’UE

Alors que la Russie a célébré le 9 mai, comme chaque année, sa victoire contre l’Allemagne nazie à travers une parade à Moscou, le chef du Kremlin a assuré que la guerre en Ukraine « touchait à sa fin » et proposé une médiation allemande. Une déclaration en trompe-l’œil mais néanmoins source d’espoir pour l’UE, qui cherche à peser sur les négociations de paix.

« De Rome, à New York en passant par Londres, le constat [était] le même samedi 9 mai. La célèbre parade annuelle [organisée] à Moscou pour célébrer la victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie a été en demi-teinte cette année » [Courrier international]. « Un symptôme des difficultés actuelles auxquelles fait face le Kremlin« , estime le média.

« Le défilé s’est déroulé sans le déploiement habituel de chars et de missiles, en raison de préoccupations sécuritaires : les autorités craignaient en effet que l’Ukraine ne prenne pour cible la place Rouge à l’aide de drones« , relate la BBC. « Un cessez-le-feu de dernière minute entre Moscou et Kiev, négocié par le président américain Donald Trump, a permis de réduire le risque d’attaque et [la parade] s’est déroulée sans incident« , poursuit la radio publique britannique.

Le même jour, le président russe « a assuré que la guerre en Ukraine touchait à sa fin, fustigeant les pays occidentaux pour leur soutien à Kiev » [Le Figaro]. Mais le dirigeant a rappelé que « la situation reste grave« .
L’Europe et l’Otan toujours dans le viseur du Kremlin

Fidèle à sa rhétorique, « [Vladimir] Poutine a accusé les pays occidentaux d’aggraver le conflit avec la Russie, affirmant qu’une aile mondialiste des élites occidentales nous combat par l’intermédiaire des Ukrainiens‘ » [The Kyiv Independent]. Le chef du Kremlin « a déclaré que la Russie menait une guerre juste‘ et qualifié l’Ukraine de force agressive‘ qui était armée et soutenue par l’ensemble du bloc de l’‘ », abonde la BBC. « Une affirmation qui fait abstraction du fait que c’est la Russie qui a lancé une invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022 » [The Kyiv Independent].

« Loin d’avoir piégé l’Occident, c’est Moscou qui se retrouve enlisé dans une guerre interminable« , écrit Le Point, se faisant l’écho du média ukrainien. « Cette guerre, qui en est désormais à sa cinquième année, a fait des centaines de milliers de morts et est devenue la plus meurtrière qu’ait connue l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale » [France 24].

Une médiation toujours possible ?

Dans ce contexte, une question se pose : l’ peut-elle encore avoir sa place dans les négociations visant à trouver une issue au conflit ? La semaine dernière, « le président du , António Costa, a déclaré qu’il estimait qu’il existait un potentiel‘ pour que l’UE négocie avec la Russie et discute de l’avenir de l’architecture de sécurité en Europe » [The Guardian].

« Lorsqu’on a demandé à Poutine s’il était disposé à entamer un dialogue avec les Européens, il a répondu que la personnalité qu’il préférait était l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder« , relaie la RTVE. « En Ukraine comme en Europe, nombreux sont ceux qui verront d’un mauvais œil la participation de Schröder, compte tenu de ses liens étroits avec Poutine et de ses antécédents en matière de relations avec des entreprises et des projets russes, tels que les gazoducs Nord Stream » [The Guardian].

Hier, Berlin « a rejeté [cette] proposition » de médiation [Le Monde], laquelle constitue selon des sources gouvernementales « ‘une offre de façade‘ et fait partie de la ‘stratégie hybride russe‘ ». D’après ces sources, « l’option de négociation n’est pas crédible, la Russie n’ayant pas modifié ses conditions. Un premier test de crédibilité serait une prolongation du cessez-le-feu« , complète le journal du soir. Certains membres du SPD, « parti minoritaire de la coalition de Friedrich Merz […] traversé par un courant pacifiste, se montrent plus ouverts à la proposition de Vladimir Poutine« , nuance Le Parisien. Selon le magazine d’actualité allemand Der Spiegel cité par Le Monde, l’Allemagne envisagerait plutôt « la candidature du président, Frank-Walter Steinmeier, au poste de négociateur« .

Ce lundi matin, c’est la « cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, [qui] s’est montrée sceptique » [Le Figaro]. « ‘Avant de discuter avec la Russie, nous devrions discuter entre nous de ce dont nous souhaitons parler avec eux‘ », estime-t-elle.

Preuve que l’ouverture est encore lointaine, Vladimir Poutine a par ailleurs « déclaré le 9 mai qu’une rencontre avec Volodymyr Zelensky dans un pays tiers était envisageable – mais uniquement pour signer un accord déjà finalisé, pas pour ouvrir des négociations« , souligne L’Indépendant, citant le média ukrainien Hromadske. « Une position qui réduit de facto tout sommet bilatéral à une simple cérémonie de clôture« . « Côté ukrainien, [Volodymyr] Zelensky s’était dit prêt dès avril 2026 à rencontrer [son homologue] en Azerbaïdjan« , note L’Indépendant, qui précise que « Kiev n’a posé aucune condition préalable sur le contenu d’un éventuel accord« .

Le sort des enfants ukrainiens, autre priorité européenne

Ces déclarations interviennent dans un contexte sensible. Alors que Russie et Ukraine s’accusent mutuellement « de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis samedi et pour trois jours » [Ouest-France], un autre sujet préoccupe directement l’UE et l’Ukraine : l’avenir des enfants ukrainiens.

Ce lundi après-midi à , l’UE et le Canada « [coprésideront] une réunion de la Coalition internationale pour le rapatriement des enfants ukrainiens, où des représentants de haut niveau discuteront de la façon […] [d’]accélérer les efforts visant à identifier et à contacter les enfants enlevés » [Radio-Canada]. « L’Ukraine estime que la Russie a kidnappé 20 000 enfants, bien qu’un groupe de l’Université de Yale, aux États-Unis, estime ce nombre à 35 000« .

Selon la Commission européenne, « l’événement réunira des ministres et des hauts représentants d’une cinquantaine de pays et d’organisations internationales« , avec pour objectif « de soutenir davantage les efforts déployés par l’Ukraine pour retrouver, rapatrier et réintégrer les enfants qui ont été transférés de force et expulsés illégalement par la Russie, tout en veillant à ce que [Moscou] réponde de [ses] actes« .

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