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Djaka festival en Côte d’Ivoire : conserver le patrimoine du peuple Dida
CULTURE

Djaka festival en Côte d’Ivoire : conserver le patrimoine du peuple Dida

Divo lance la 15e édition du Djaka Festival sous le signe de la femme actrice du développement.
Les Dida sont un peuple vivant au sud-ouest et au centre-sud de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest. Ils font partie du groupe ethnique Krou et comprennent plus d’une soixantaine de tribus.
Origine du peuple Dida

Les Dida, au nombre d’environ 60 000, sont au contact des peuples lagunaires, et certains d’entre eux sont établis dans des îles, comme à Lauzoua. A l’Ouest, ils touchent aux Godyé et aux Bété, au Nord aux Gagou et aux Gouro, à l’Est, ils ont pour voisins les Baoulé (tribu Swamélé).

Autrefois retranchés dans les forêts du sud-ouest ivoirien, les Dida furent les derniers à céder face à la colonisation française, en 1918. Un siècle plus tard, un autre combat s’impose : celui contre l’oubli. Dans la région, une résistance s’organise à travers le Djaka Festival, qui mêle transmission culturelle et héritage ancestral pour tenter de sauver ce peuple.

le Djaka Festival dans la région de Lôh Djiboua redonne vie à l’héritage Dida. Langue menacée, danses oubliées et récits en voie de disparition trouvent une nouvelle scène dans ce rendez-vous culturel qui mêle mémoire et transmission.

Peuple du sud-ouest de la Côte d’Ivoire, les Dida furent longtemps perçus comme des gardiens farouches de leur territoire et de leurs traditions. Résistants à la colonisation jusqu’en 1918, ils ont bâti une identité forte autour de leur langue, de leur récits oraux et de leurs danses rituelles comme le « zawlala ».

La 15e édition du festival des arts et cultures dida, godié et éga, baptisé « Djaka Festival », a été officiellement lancée samedi 9 août 2025 au stade municipal de Divo sous le thème « Bassa (femme en langue avikam) ou Femme autonome, actrice du développement durable dans les régions du Lôh-Djiboua, du Gbôklè et des Grands-Ponts ».

La cérémonie d’ouverture, présidée par la représentante du préfet de région du Lôh-Djiboua et du département de Divo, Ida Camara, s’est tenue en présence du parrain, Alahassane Diakité, du directeur régional de la Culture et de la Francophonie, Jean Yves Séri, ainsi que de plusieurs autorités préfectorales, cadres, élus et habitants.

Dans son allocution, Mme Camara a salué l’initiative des organisateurs qui, selon elle, « favorisent le brassage et le dialogue interculturel, tout en valorisant l’économie régionale ». Elle a invité les populations à s’approprier l’événement, à en assurer la pérennité et exhorté les femmes à « être les actrices et les gardiennes du Djaka durable ».

Le parrain Alahassane Diakité a, quant à lui, exprimé son admiration pour le choix du thème. « Je veux que cette édition soit un tournant, un moment où chaque participant repartira avec des souvenirs, mais avec la conviction que notre culture est une force, que nos femmes sont des piliers et que notre unité est notre plus grande richesse », a-t-il affirmé.

Pour sa part, le directeur régional de la Culture et de la Francophonie, Jean Yves Séri, a salué la résilience du comité international d’organisation dirigé par le commissaire général Jhronsix Alexandre. Il a qualifié la tenue d’une 15e édition d’« exploit et exemple de longévité », soulignant que « les organisateurs d’événements capables de résister au temps et de tenir solidement la barque contre vents et marées sont rares ».

Prévue pour s’achever samedi 16 août, cette édition 2025 propose un riche programme constitué de concours de chorales et d’orchestres, de concerts d’artistes locaux, de compétitions de danses et de jeux traditionnels, de concours de paroliers, d’une nuit des contes, d’un défilé de mode et d’un concours culinaire. Les vainqueurs des tournois de Maracana et de football, masculins et féminins, ont d’ailleurs reçu leurs récompenses lors de la cérémonie d’ouverture.

Le peuple adjoukrou, originaire de la région des Grands-Ponts, est l’invité d’honneur de cette édition. Chaque année, au mois d’août, Djaka Festival réunit les populations des différentes localités pour promouvoir les us et coutumes du peuple dida à travers chants, danses, jeux traditionnels, concerts, conférences et ateliers.

Aujourd’hui, ce patrimoine est fragilisé : 40 000 locuteurs continuent de pratiquer la langue, et de nombreux savoirs ancestraux se perdent avec le vieillissement des générations.

Face à ce risque d’effacement, des initiatives locales se multiplient pour préserver cette mémoire vivante. Le Djaka Festival, né au cœur de la région de Lakota, en est devenu le symbole. Il rassemble anciens et jeunes autour d’ateliers, de spectacles et de défilés où se transmettent toute la culture Dida.

Jean  Moliere. Source AFP

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