7 juillet 2022
Paris - France
JUSTICE

Côte d’Ivoire : au tribunal militaire, la petite corruption à la barre

« Accusé, levez-vous ! » 4/4. À Abidjan, le tribunal militaire reçoit un nombre grandissant de plaintes pour racket. Dans le box des accusés, des policiers et gendarmes, rarement leurs supérieurs. Une corruption du quotidien à laquelle les autorités promettent de mettre un terme.

Les histoires se confondent lors des audiences correctionnelles du vendredi au tribunal militaire d’Abidjan. Des gendarmes et des policiers, souvent jeunes, se succèdent à la barre pour s’expliquer sur ce permis de conduire confisqué contre un billet, ces 1 000 francs CFA réclamés à un automobiliste lors d’un simple contrôle de routine, ces 5 000 francs pris à un conducteur de taxi collectif ou à un transporteur de produits vivriers contre le passage d’un barrage fictif… Une corruption du quotidien qui plombe les caisses de l’État, lequel estime le manque à gagner annuel entre 100 à 400 milliards de francs CFA (150 millions d’euros à 600 millions d’euros), et mine la confiance – déjà très relative – que les Ivoiriens accordent à leurs forces de l’ordre.

Dans une enquête réalisée en 2017 par Afrobaromètre, un Ivoirien sur deux déclarait payer des pots-de-vin aux agents de police ou de la  gendarmerie

JA

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