Home A LA UNE Catastrophe ferroviaire en Espagne ,42 morts : ce que révèlent les boîtes noires
A LA UNE

Catastrophe ferroviaire en Espagne ,42 morts : ce que révèlent les boîtes noires

Accident de trains en Espagne : les experts avancent une cause « plus que probable » du déraillement de l’Iryo.
Accident de trains en Espagne : le bilan grimpe à 42 morts après la découverte d’un corps dans les décombres, le point sur l’enquête après le drame.

Le bilan de la catastrophe ferroviaire d’Adamuz, en Andalousie, s’est alourdi à 42 morts après la découverte d’un nouveau corps ce mardi 20 janvier. Deux jours après la collision frontale entre un train de la Renfe et une rame Iryo, les enquêteurs privilégient la piste d’une fissure sur la voie comme cause du déraillement initial. Alors que le pays observe un deuil national, le roi Felipe VI s’est rendu sur place auprès des blessés.

  • Le bilan de la catastrophe ferroviaire survenue à Adamuz (Andalousie) s’est alourdi à 42 morts après la découverte d’un nouveau corps ce mardi 20 janvier. Le drame s’est produit dimanche à 19 h 45 lors d’une collision à plus de 200 km/h entre un train Iryo et un convoi de la Renfe.
  • L’enquête se concentre sur une fissure de 30 cm détectée sur la voie, potentiellement due à une soudure défectueuse ou à l’usure climatique. Si l’erreur humaine et le sabotage sont écartés, les autorités cherchent à savoir si cette rupture est la cause ou la conséquence du déraillement initial.
  • En ce premier jour de deuil national, le couple royal s’est rendu sur les lieux puis au chevet des blessés à l’hôpital de Cordoue. Par mesure de sécurité, la vitesse a été réduite sur un tronçon de la ligne Madrid-Barcelone suite à des signalements de défauts sur les rails par des conducteurs.

Un nouveau corps a été découvert mardi 20 janvier dans l’après-midi dans les décombres de la catastrophe ferroviaire à Adamuz en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, après la collision de deux trains, portant le bilan à au moins 42 morts, un drame qui suscite beaucoup de questions.

Le nombre de morts dans cet accident n’est donc toujours pas définitif près de 48 heures après et les engins s’affairent sur place pour dégager des décombres les dépouilles qui pourraient encore s’y trouver.

« Une nouvelle victime a été retrouvée dans l’un des wagons Alvia (le train de la Renfe, ndlr) cet après-midi, portant le nombre de morts à 42 », ont indiqué dans un communiqué les autorités régionales andalouses. Selon les médias espagnols, l’enquête est centrée sur l’existence d’une fissure de plus de 30 cm de long sur la voie à l’endroit de l’accident.
« Une mauvaise soudure ou une soudure détériorée »

Citant « des techniciens » ayant eu accès à l’enquête, le quotidien El Mundo estime ainsi que cette fissure serait le résultat d’« une mauvaise soudure ou d’une soudure qui s’est détériorée en raison de la circulation (des trains) ou du climat » et y voit « une cause plus que probable » du déraillement d’un des deux trains à l’origine de la tragédie.

Le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif) a par ailleurs annoncé réduire « temporairement » la vitesse sur un tronçon de la ligne à grande vitesse entre Madrid et Barcelone. « Des conducteurs ont signalé des nids-de-poule et, par sécurité, nous avons mis en place cette limitation. Cette nuit, la maintenance vérifiera la situation et, si tout est en ordre, cette limitation sera levée », a indiqué l’opérateur à l’AFP.

Au premier des trois jours de deuil national, le roi Felipe VI et la reine Letizia sont venus témoigner leur « affection » aux proches des victimes et aux rescapés. Après être restés une heure sur les lieux de l’accident, les souverains se sont rendus à l’hôpital Reina Sofía de Cordoue, à 35 kilomètres de là, où sont soignés certains des blessés.

Une collision à plus de 200 km/h

Trente-sept personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles neuf adultes sont toujours en soins intensifs. Dimanche à 19 h 45, les trois dernières voitures d’un train allant vers Madrid (nord) de l’opérateur privé Iryo, une compagnie privée filiale à 51 % du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia), avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à côté.

Un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l’autre sens en direction de Huelva (sud), avait alors heurté de plein fouet ces voitures, dans un choc effroyable. Les deux trains à grande vitesse, qui allaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.

Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident « extrêmement étrange », selon les termes employés par le ministre des Transports, Oscar Puente.

Cause ou conséquence ?

La collision est en effet survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit « 20 minutes avant » sans que « personne ne signale la moindre anomalie sur la voie », a affirmé Oscar Puente mardi matin.

L’enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d’un tronçon de la voie, clairement visible sur certaines photos, est « la cause ou la conséquence » du déraillement à l’origine de la collision. C’est la seule piste des enquêteurs à ce stade, car la vitesse des trains n’est pas en question et « l’erreur humaine est pratiquement écartée », avait assuré dès lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia.

Il en avait déduit que la faute était peut-être due « au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure ». Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l’hypothèse d’un acte de sabotage. Il n’y a « jamais eu le moindre élément permettant de l’envisager », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

Face à l’émotion suscitée dans tout le pays par ce drame, le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une « transparence absolue » et « la vérité » sur cette catastrophe, survenue plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier, qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).

Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans « deux ou trois mois », avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels.

Quitter la version mobile