En 2025, les chercheurs de Thales ont expérimenté une nouvelle technique pour réduire l’empreinte carbone du secteur de l’aviation. Leur solution: réduire les trainées de condensation laissées par les avions dans le ciel.
Avec une augmentation de 2 % du nombre de passagers par an d’ici 2050 et un volume d’émission 20 à 50 fois supérieur à celui du train pour une distance égale, l’avion est un véritable casse-tête pour l’humanité à l’aune du changement climatique.
Déploiement à grande échelle, validation scientifique et plus de 2 000 tonnes d’équivalent CO₂ évitées : le groupe de haute technologie Thales et la compagnie aérienne Amelia ont annoncé jeudi « des progrès » dans leur expérimentation visant à éviter les traînées de condensation, nocives pour le climat.
Pour cette expérience, une première en France saluée par l’ONG Transport & Environment, Amelia a modifié à l’aide d’un calculateur de Thales la trajectoire de 59 vols sur un total de 6 500 en 2025 afin de contourner les zones atmosphériques humides et froides propices à la formation de ces lignes blanches dont l’impact est aussi néfaste pour le climat que celui du CO₂.
« Le premier progrès, c’est d’avoir réussi à passer à l’échelle » avec un outil « permettant de proposer dans un temps contraint une optimisation de la trajectoire » du vol, a déclaré Julien Lopez, responsable des opérations vertes chez Thales interrogé par l’AFP.
Quant aux données après-vol, des « scientifiques réputés ont fait une validation complémentaire », a-t-il poursuivi.
Entre 2 000 et 2 500 tonnes équivalents CO₂ ont été évitées grâce à l’ajustement de ces vols, selon Adrien Chabot, directeur du développement durable d’Amelia. Le changement d’itinéraire a généré une surconsommation de kérosène inférieure à 0,1 %, soit 700 kg de CO₂.
Une solution immédiate
Au moment de l’annonce de cette expérimentation voici un an, l’industrie aéronautique française se montrait réticente sur cette méthode de lutte contre le réchauffement climatique mettant en avant les incertitudes scientifiques sur le bénéfice de l’évitement des traînées qui restent quelques minutes dans l’atmosphère, tandis que le CO₂ persiste des décennies, ainsi que sur la précision des modélisations.
« On a passé au peigne fin tous nos vols et on a également regardé tous les types d’appareils : des Embraer 145 et des Airbus A319 er A320 (…) On n’est plus dans une phase de R & D, on est dans l’intégration d’un outil opérationnel », a poursuivi M. Chabot.
Participer à cette expérimentation est « très pertinent » pour Thalès, car cela relève de ses compétences et peut être appliqué dès maintenant, alors que le développement de moteurs qui permettraient de réduire la consommation de carburant « prend 25 à 30 ans », selon M. Lopez.
Avec le trafic aérien qui a dépassé ses niveaux d’avant Covid, le secteur aérien représente environ 2,5 % des émissions de CO₂ d’origine humaine, contribuant au réchauffement climatique global. Les traînées de condensation génèrent en outre « un impact du même ordre de grandeur », d’après le responsable.
Selon une étude de T & E, en re-routant certains vols, l’impact des traînées de condensation pourrait être réduit de moitié avant 2040.
Source Geo
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