juin 15, 2026 by CONTIENENT MEDIA

« Abdoulaye Wade a transformé le Sénégal » : Assane Wade rend hommage à l’ancien président pour ses 100 ans

Actus. Assane Wade a été le chef de Cabinet du Président sénégalais Abdoulaye Wade, de 2012 à 2015. Il était l’invité d’Africa Radio lundi 1er juin 2026 à 07h45.

Ancien ministre et ex-chef de cabinet du président Abdoulaye Wade, Assane Wade revient sur l’héritage politique et humain de celui qui fut l’artisan de la première alternance démocratique au Sénégal. À l’occasion du centenaire de l’ancien chef de l’État, il évoque un homme « généreux », « visionnaire » et profondément attaché à la jeunesse et au développement de l’Afrique.

« Je garde le souvenir d’un homme extrêmement généreux » 

À 100 ans, Abdoulaye Wade demeure une figure incontournable de l’histoire politique sénégalaise. Fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS) en 1974, il a accédé au pouvoir en 2000 lors de la première alternance démocratique pacifique du pays. Pour Assane Wade, qui a travaillé plusieurs années à ses côtés, le souvenir est d’abord personnel. « Je garde le souvenir d’un homme extrêmement généreux. La relation entre nous est fusionnelle. C’est un grand monsieur, d’une grande générosité, il aimait beaucoup les livres. On échangeait beaucoup, il aimait bien sûr beaucoup le Sénégal, la jeunesse. Tout ce qui pouvait contribuer au développement de l’Afrique, il était partant », raconte-t-il. Il insiste également sur l’ouverture internationale de l’ancien président : « À ses côtés, il faisait venir des jeunes des quatre coins du monde »

Le symbole du « Sopi » et de l’alternance démocratique 

Pour Assane Wade, l’héritage majeur de l’ancien chef de l’État reste incontestablement l’alternance démocratique de 2000. « Nous avons grandi sous Abdoulaye Wade. Je me souviens, étant enfant à Dakar, on criait “Sopi ! Sopi !”, ce qui signifie changement en wolof », se remémore-t-il. Il rappelle les débuts du PDS sous la présidence de Léopold Sédar Senghor : « Senghor l’avait surnommé “Ndiombor”, le “lièvre futé”. Wade était très malin. En créant le PDS en 1974, il avait présenté le parti comme un parti de contribution et non d’opposition, sinon Senghor ne l’aurait jamais accepté »
Selon lui, Abdoulaye Wade a toujours privilégié la voie pacifique : « Il disait qu’il ne voulait pas entrer au palais par le sang. Il avait la possibilité de renverser Abdou Diouf, mais il a toujours préféré la négociation et la paix ». 

« Sous Abdoulaye Wade, le Sénégal est devenu un pays moderne » 

Le mot d’ordre du « Sopi » reste associé à une profonde transformation économique et infrastructurelle du Sénégal. « Beaucoup de Sénégalais disent qu’au temps d’Abdoulaye Wade, l’argent coulait à flot, le pays était florissant », affirme Assane Wade. Il attribue à l’ancien président la modernisation du pays : « Abdoulaye Wade a libéré l’économie sénégalaise. C’est sous lui qu’on a commencé à avoir des milliardaires. Le pays s’est transformé ». L’ancien ministre insiste particulièrement sur les infrastructures : « Il avait compris qu’un pays, pour avancer, a besoin d’infrastructures. C’était un visionnaire ». Autre chantier majeur selon lui : l’éducation. « Pour lui, les étudiants devaient bénéficier de bourses. C’était un investissement »
  

Karim Wade et le troisième mandat : des sujets qui divisent encore 

Assane Wade reconnaît toutefois que certaines décisions de l’ancien président continuent de susciter des critiques, notamment la place occupée par son fils Karim Wade. « Au départ, Abdoulaye Wade a tenu ses enfants éloignés du pouvoir. Karim Wade était un banquier très sérieux et compétent. Il a accompagné son père dans ses grandes réalisations », explique-t-il. Mais il admet : « Pour beaucoup de Sénégalais, Karim occupait une place très importante, et cette place était de trop »
Concernant la candidature controversée d’Abdoulaye Wade à un troisième mandat en 2012, Assane Wade se montre plus réservé. « Abdoulaye Wade est un démocrate qui s’est toujours battu pour l’État de droit. Mais un troisième mandat à son âge, c’était pour moi un peu trop », confie-t-il.

Quel héritage politique aujourd’hui ? 

Alors que les célébrations du centenaire se déroulent dans un contexte de tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, Assane Wade rappelle les liens entretenus par Abdoulaye Wade avec les deux hommes. « Abdoulaye Wade appréciait Ousmane Sonko pour sa combativité. Il l’a dit. C’est quelqu’un qui se bat pour changer les choses ». Il souligne aussi que « le PDS a soutenu Bassirou Diomaye Faye » lors de la présidentielle. 
Enfin, il reconnaît que l’avenir du PDS sans son fondateur représente un immense défi. « Remplacer Abdoulaye Wade est très difficile. Il faut beaucoup d’ouverture. Un parti comme le PDS doit revenir au pouvoir, mais pour cela il faut beaucoup de travail et de rigueur. Et c’est le meilleur hommage que l’on peut rendre à Abdoulaye Wade « 

Président de la République

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Bassirou Diomaye Faye

Le Président Abdoulaye Wade a cent ans aujourd’hui. La République du Sénégal, elle, n’en a pas encore soixante-dix – et découvre qu’elle est plus jeune que l’homme dont la vie se confond avec la sienne. Il l’a vue naître, et il a aidé à la faire grandir. Au nom de la Nation tout Président Abdoulaye Wade un centenaire de paix, de sérénité et de lumière, et je prie Dieu de nous le laisser longtemps encore. Jërëjëf, Président Wade.

Jean Moliere : Source Africa Radio

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