7 juillet 2022
Paris - France
SPORT

À la CAF, depuis l’arrivée de Patrice Motsepe, les têtes tombent

La nouvelle direction de la Confédération africaine de Football (CAF), présidée par le milliardaire sudafricain Patrice Motsepe, a décidé de procéder à plusieurs licenciements. Dans un style jugé brutal

Dans la nuit du 24 au 25 mai dernier, une quinzaine demployés de la CAF 

ont été avertis par un simple mail que leur mission était terminée. Un message identique pour tous les destinataires, limité à quelques 

phrases sibyllines et très explicites : « Votre mission à la CAF est terminée

Ne venez plus au siège. Vous recevrez votre salaire du mois de juin. » 

Pour ceux qui avaient éteint leur téléphone, le réveil a été brutal. « Cela ressemble à des licenciements abusifs. Il n‘y a pas eu d’entretiens préalables, ce qui est la règle en Égypte, est situé le siège de la CAF. On savait quil y avait des tensions depuis lélection de Motsepe, que des têtes allaient tomber, ce qui na rien détonnant quand une nouvelle direction arrive, confirme, sous couvert danonymat, le dirigeant dune fédération africaine. Par contre, ce qui surprend, cest la méthode. » 

Des proches d’Ahmad Ahmad ciblés Le mail visait une quinzaine de personnes, dont certaines occupaient des postes stratégiques. Ainsi, Marwa Hosam Eldin, la directrice des ressources humaines, Nevine Tahseen Ibrahim, responsable du département des finances et qui travaillait à la CA

depuis 23 ans, Mohamed Salem, le directeur de linformation et des  technologies, ou encore Achta Mahamat Saleh, la directrice juridique

Abdel Bah, ancien secrétaire général par intérim nommé en avril 2020, attend toujours de son côté la notification de son licenciement, mais il est considéré comme ne faisant plus partie des effectifs de la CAF

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À cette liste non exhaustive viennent 

sajouter les noms de deux proches dAhmad Ahmad, ancien président de la CAF (20172021) : son exconseiller Abdullah Moustapha et Aimane Hamadi, qui fut son assistante. Quant à Ali Aissaoui, le directeur commercial, il a préféré donner sa démission. « Une nouvelle direction arrive, il y a une réorganisation, cest quelque chose de tout à fait logique. Mais beaucoup estiment que ces licenciements ont eu lieu en dehors de tout cadre légal », intervient un proche dune des personnes mises à lécart

Une deuxième vague de licenciements ? Selon nos informations, la majorité des cas ont été ou sont en passe dêtre réglés à lamiable. « Ces licenciements ne visaient pas des proches dAhmad, hormis Abdullah Moustapha et Aimane Hamadi, dont les départs ne sont pas surprenants, poursuit cette source. Il est davantage question de renouveler le personnel. Même s‘il se raconte que pour Marwa Hosam Eldin et Mohamed Salem, leur réticence à mettre en application les mesures préconisées par le cabinet daudit PIW a joué en leur défaveur. » Les personnes licenciées nont pour lheure pas été remplacées. Mais elles le seront, et pour certaines à des niveaux de rémunération supérieurs. Ces licenciements nentrent donc visiblement pas dans le cadre dun plan daustérité

Ils ne devraient pas être les derniers, puisquune seconde vague est attendue dans les prochaines 

semaines et pourrait viser d’autres départements, comme celui de la communication

INFANTINO NIGNORE RIEN DE CE QUI SE PASSE À LA CAF 

Dans les locaux de la CAF, une centaine de personnes sont employées, lambiance est donc loin d’être sereine. Plusieurs salariés ont déjà été avertis que dautres licenciements étaient envisagés. La communication de la direction nest pas de nature à rassurer les plus anxieux

« On ne peut pas parler dun management brutal au quotidien. Le problème, cest quil y a très peu déchanges entre le secrétaire général et les différents services. Beaucoup de mails sans réponse, de projets bloqués, raconte une source interne. Depuis un peu plus de trois mois, lambiance est très particulière, et cela génère pas mal de stress. » 

Lombre de la FIFA 

Dans les bureaux de linstitution, les salariés ont aussi pris lhabitude de croiser des émissaires de la FIFA venu

accompagner la nouvelle direction. Lnouveau secrétaire général de la CAF, le Congolais Veron MosengoOmba, transfuge de la FIFA et réputé très proche de Gianni Infantino, a ainsi fait venir à ses côtés son ancienne assistante à Zurich, lItalienne Sandra Lattore

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Ces allées et venues ont renforcé les certitudes de certains acteurs et observateurs du football africain, qui voient désormais la CAF comme une simple chambre denregistrement des directives imposées par la FIFA. Un avis nuancé par le dirigeant dune fédération subsaharienne, qui a lui qussi requis lanonymat. « Dire que cest la FIFA qui décide de tout, cest exagéré, assuret-il. Mais elle a de linfluence, renforcée par la nomination de MosengoOmba. Infantino nignore rien de ce qui se passe à la CAF, mais ce nest pas lui qui décide. Enfin, je l’espère... » 

Patrice Motsepe n’est venu qu‘une fois, et nest resté quune trentaine de minutes dans les locaux. Au quotidien, la gestion de la CAF est laffaire de MosengoOmba et de ses collaborateurs. En attendant une nouvelle vague de départs, lancien international ghanéen Anthony Baffoe a pris les devants et démissionné de son poste de directeur des compétitions. Il devrait être remplacé par Patrick Mboma, lexcapitaine des Lions indomptables du Cameroun. La CAF a débuté sa mutation. Celleci nest visiblement pas terminée..

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