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Extrême droite – Enquête
<<<< Les banques sont toutes détenues par des juifs >> : Jordan Bardella face à ses écrits antisémites
Alexandre Berteau et Antton Rouget
28 septembre 2026 à 15h27
LES BANQU SONT TOUTES D PAR DES
WQUES
LES BARQUES
SORE TOUTES DEFENUES PAR DES OPE
DES BANQUES RAYTONTES DETENUES
LES BANQU
SONT TOUTES D PAR DES
Photo illustration Simon Toupet/Mediapart
DOSSIER
Rassemblement national: les faux–semblants de la dédiabolisation
>
« Mediapart >> a mis la main sur des échanges de l’actuel président du RN, au début de sa carrière politique. On y découvre
l’antisémitisme obsessionnel de celui qui rêve
de devenir premier ministre. Sollicité, l’intéressé conteste ces informations et
évoque des << faux grossiers >>.
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Après les « prebis gaduses », le bleef cut troupeau.
L’actuel président du Rassemblement national
(RN), Jordan Bardella, adoubé par Marine Le Pen comme futur premier ministre en cas d’accession de l’extrême droite à l’Élysée en 2027, est à son tour rattrapé par des écrits relevant d’un antisémitisme obsessionnel, d’après une enquête de Mediapart reposant sur de nombreuses conversations privées, agrémentées de témoignages.
Symbole de la nouvelle génération d’un RN qui se présente aujourd’hui comme protecteur des Français juifs (bien que cofondé par des figures de la collaboration et d’anciens de la Waffen-SS), le député européen de 31 ans a manifesté son antisémitisme
lors de plusieurs échanges datant de son arrivée au sein du Front national (FN), il y a une dizaine d’années. À l’époque de ces écrits, Jordan Bardella est déjà un militant actif du FN. Il devient le patron du parti en Seine-Saint-Denis dès 2014 et en sera un conseiller régional à partir de l’année suivante.
Au-delà de ces saillies doublées d’un conspirationnisme débridé, Jordan Bardella dévoile déjà les ressorts de la stratégie d’affichage, dite de << dédiabolisation », que l’extrême droite met en œuvre depuis quinze ans dans l’espace politique et médiatique français. « La politique, c’est de la com», dit-il. L’important n’est pas ce que l’on pense réellement : il faut simplement que cela ne se sache pas. Un point d’autant plus crucial que Marine Le
Pen, alors présidente de son parti, déclare à la même époque publiquement que le FN est le << meilleur bouclier » pour protéger les Français es de confession juive.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN) à Paris, le 19 juin 2024. Photomontage Mediapart avec Julien
de Rosa / AFP
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Or, dans les échanges aujourd’hui révélés par Mediapart, on découvre un Jordan Bardella à l’opposé de cette vitrine, totalement aligné sur les thèses de
l’activiste antisémite multicondamné Alain Soral, défendant par exemple l’existence d’un prétendu complot juif visant à contrôler l’«< ordre mondial ». C’est aussi à cette période-là qu’il noue une relation particulière avec un vieil ami de Marine Le Pen,
Frédéric Chatillon, une des chevilles ouvrières du rapprochement du FN avec les sphères soraliennes.
Mediapart révèle un pan de la carrière politique de Jordan Bardella, de 2013 à 2015, après une enquête de plusieurs mois reposant sur des dizaines de
conversations écrites – que nous avons pu authentifier de manière indépendante – issues d’une base documentaire plus large agrémentée
de témoignages.
<< Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les ecraser et les voler. »
Des propos de Jordan Bardella
Dans ces documents consultés par Mediapart, l’actuel
président du RN dénonce le fait que « les banques
sont toutes détenus [sic, voir boîte noire] par des
Juifs ». Ou que « le juif doit dominé les autres peuples, les ecraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et
en profondeur. En France, deux bels exemples sont BHL [Bernard Henri-Lévy – ndlr] ou [Jacques] Attali. Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israel, avec bien sur Jérusalem comme capitale ».
Dans un autre échange, Jordan Bardella déplore encore que les ministères « les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt
bancaire priment sur les intérêts Français », en ciblant trois ministres du quinquennat de François Hollande (2012-2017): Laurent Fabius, Pierre Moscovici et
Manuel Valls.
Sollicité par Mediapart, Jordan Bardella, qui avait
estimé en 2023 que Jean-Marie Le Pen << n’était pas antisémite » – avant de nuancer ses propos face au
tollé général -, a démenti en bloc l’ensemble de nos informations. << Je conteste formellement vos affirmations selon lesquelles j’aurais tenu, en public
comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type », a-t-il signifié par écrit, dénonçant des « faux grossiers » et une << véritable opération de barbouzerie » (lire en
boîte noire).
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Antisémitisme : le RN révisionniste de sa propre histoire
10 novembre 2023
«Le fait que je n’étais pas militant actif au sein du
Front national durant l’été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces « sources« », a-t-il aussi déclaré. Sur ce point précis, Jordan Bardella est démenti… par lui-même.
Dans ses interviews, comme ici au Parisien en 2025,
l’actuel président du RN a toujours affirmé avoir
rejoint le parti en 2012, à l’âge de 16 ans. Dans son autobiographie, Ce que je cherche, publiée en 2024 par Fayard, la maison d’édition phare du groupe Bolloré, il répète s’être engagé après avoir vu Marine Le Pen à
la télévision, le 23 février 2012.
« J’étais mineur. Il a fallu convaincre ma mère, non sans mal, de signer l’autorisation parentale nécessaire pour adhérer à un mouvement politique… »>, y écrit-il.
Dans ce même livre, Jordan Bardella avait osé écrire :
« Je n’aime ni les outrances ni les excès. Jamais je ne me suis senti de proximité intellectuelle avec l’héritage politique de « l’extrême droite« . »>
En privé, le même Jordan Bardella écrit en 2013 avoir
rejoint le parti d’extrême droite, car son << idéologie de base » n’a jamais varié depuis sa création par Jean- Marie Le Pen en 1972, alors même qu’il salue les efforts entrepris pour rendre le mouvement plus présentable en apparence.
Une fascination pour Alain Soral
D’après les souvenirs de son responsable de l’époque, Gilles C., l’ambitieux militant était déjà actif dans la
section FN de son département de naissance, la Seine-Saint-Denis, en « février 2013 >>. Jordan Bardella, 17 ans et demi à l’époque, entame quelques mois plus
tard une première année de licence de géographie à
l’université Paris-Sorbonne.
Son obsession au sujet d’une supposée << main mise de la communauté juive–sioniste sur le pays » est fortement imprégnée des thèses de l’idéologue
antisémite Alain Soral, envers lequel il assume sa fascination en privé. Le fondateur du mouvement Égalité et réconciliation (E&R) a bien été engagé dans la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen en
2007. Mais, officiellement, les ponts ont été rompus
avec le FN en 2009.
<< Ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les
faits », écrit Jordan Bardella en septembre 2013 au sujet de l’essayiste, condamné dès 2007 pour diffamation raciale et incitation à la haine. Et de
«
citer, parmi les conclusions qu’il retient de la pensée d’Alain Soral, la << soumission de la France à une
logique sioniste» ou le fait que << sionisme et domination bancaire so[ie]nt liés (Goldman Sachs, Rotschild, Lehman Brothers…) ».
<< Jordan a regardé des kilomètres de vidéos de Soral et
a lu ses bouquins. Il s’est en partie politisé autour de
Il était dans un militantisme de lecture et de vidéos
ça.
sur internet », confirme un ancien proche conseiller
de l’actuel président du RN, tout en expliquant
n’avoir pas eu connaissance, à son niveau, des propos
de Jordan Bardella.
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bataillons de négationnistes et le directeur de
cabinet de Bardella
13 décembre 2025
L’actuel président du RN est aussi dans ses
conversations un promoteur de Dieudonné, qui avait fait de Jean-Marie Le Pen le parrain de sa fille. << Il
mène un vrai combat d’idée, sinon il serait resté avec
Élie Semoun », salue-t-il en septembre 2013. Dès 2008, l’humoriste avait pourtant convié sur scène le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un << prix de l’infréquentabilité » par un comédien déguisé en déporté juif, ce qui lui avait valu
une condamnation en justice, parmi bien d’autres.
Le jeune frontiste n’hésite pas non plus à se faire le relais de théories conspirationnistes. Il déclare que si
le ministre de l’économie Pierre Moscovici veut
<< sauver les entreprises », c’est pour << venger Moïse »>, ou relaye des fake news sur les attentats du 11-
Septembre. Douze ans après les faits, il fait encore part de ses doutes vis-à-vis de la << théorie officielle »,
et incite son entourage à regarder une vidéo d’une supposée ancienne agente de la CIA… suspectant le
Mossad d’être derrière les attentats. Dans un autre
message, il soutient que le « commerce alimentaire (les marques) du Hallal appartient à des juifs ».
<< Si Marine Le Pen arrive au pouvoir, elle risque l’accident d’avion ou l’attentat par un soit disant islamiste fou (manipulé par le haut bien sûr). >>
Jordan Bardella
«Je me souviens qu’il accordait de l’intérêt aux théories sur la possible survie d’Adolf Hitler après la
Seconde Guerre mondiale, qui circulaient à l’époque », relate Laurent G., ancien responsable du Front national de la jeunesse (FNJ) de Seine-Saint-Denis,
qui a croisé la route de Jordan Bardella au sein de la fédération du département entre 2013 et 2014.
Selon cet ex-cadre local, l’étudiant avait aussi comme
livre de chevet Les Secrets de la Réserve fédérale, de l’écrivain négationniste états-unien Eustace Mullins.
L’ouvrage, là encore adoubé par Alain Soral, attribue la création de la banque centrale états-unienne à un
complot de banquiers juifs afin de servir leurs intérêts. Interrogé sur ce point, Jordan Bardella n’a pas répondu.
Jordan Bardella et Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, le 13
septembre 2026. © Photomontage Mediapart avec Alain Guilhot/ Divergence
<< Le plus riche du monde n’est pas Bill Gate, mais la FED (et les 12 ou 13 banquiers qui se partagent le butin) », écrit ainsi Jordan Bardella en septembre 2013
dans un échange privé, en appelant à «< regarder noms » des dirigeants des « plus grosses banques
les mondiales », forcément << sionistes » selon lui. « C’est certain que si Marine Le Pen arrive au pouvoir, qu’elle tente de reprendre le pouvoir sur la Banque elle risque l’accident d’avion ou l’attentat par un soit disant islamiste fou (manipulé par le haut bien sur)», théorise-t-il dans le même message.
Alain Soral: les dessous de sa fuite vers la Russie
5 mars 2026
Au sein de la fédération dans laquelle le futur président du RN lance sa carrière, Laurent G. s’attelle lui-même à diffuser l’idéologie antisémite auprès des troupes lepénistes. À travers des dizaines d’e-mails internes que Mediapart s’est procurés, ce cadre local partage largement et de façon frénétique des recommandations de lecture en guise de << formation doctrinale ». Le 8 février 2014, il adresse directement à Jordan Bardella et à un autre militant du FN 93 la
version numérique du livre Dialogues désaccordés, d’Alain Soral et Éric Naulleau.
En réalité, Alain Soral fait presque figure de modéré
parmi les conseils de lecture de Laurent G. Le
responsable aux actions militantes » de Seine-Saint-
Denis inonde en effet les membres de la fédération et
des jeunes cadres du parti d’e-mails vantant les écrits
des plus célèbres auteurs antisémites,
collaborationnistes et/ou révisionnistes, de Lucien Rebatet à Robert Brasillach, en passant par Édouard Drumont. Leurs homologues plus contemporains,
comme Robert Faurisson, Hervé Ryssen et Vincent Reynouard, sont eux aussi mis à l’honneur. Tout comme le nazi Joseph Goebbels, dont Laurent G. conseille l’ouvrage Combat pour Berlin en mai 2012. Ou, en septembre 2012, les toiles d’un «< peintre autrichien bien connu » : Adolf Hitler. Dans la
même veine, il vante en avril 2014 les << mérites de
l’école révisionniste ».
Joint par Mediapart, Laurent G. assure qu’il envoyait
ses e-mails << de [s]a propre initiative >>, pour cultiver
<< pousser personne à penser quoi que ce soit ».
la «< curiosité intellectuelle » des militant.es, sans
« Je n’ai jamais été rappelé à l’ordre », fait-il d’ailleurs remarquer.
Interrogé sur les inspirations et envois de Laurent G., Jordan Bardella n’a pas répondu. A-t-il pu passer à côté de ses «< conseils de lecture » ? N’y a-t-il trouvé
rien à redire ? « Je ne peux en aucun cas être tenu
responsable des écrits ou paroles de tiers », a affirmé l’actuel représentant du RN.
Des consignes pour lisser l’image du parti
Autre épisode témoignant du climat militant dans
lequel Jordan Bardella s’est formé politiquement : l’éviction, en octobre 2014, de Maxence B., un militant
frontiste de Seine-Saint-Denis qui venait de se convertir à l’islam. Un choix jugé intolérable en interne, comme l’attestent plusieurs échanges
consultés par Mediapart.
Promu à la tête de cette fédération départementale à
l’été 2014, Jordan Bardella pousse l’intéressé vers la
sortie trois mois plus tard, sous la pression de
militant es excédé es par la situation.
<< Une rumeur arrive jusqu’à moi : un jeune français du
93, natif, caucasien « bien de cheu nous« s’est converti à
l’Islam… Rien de grave me direz–vous, il y en a des centaines de plus, chaque mois… A un détail près puisque ce jeune serait Maxence B., membre des FNJ »,
dénonce un militant dans un e-mail adressé à
plusieurs responsables du FN, dont Jordan Bardella, avant d’alerter les instances du parti : << Maintenir Maxence B. au sein du mouvement présente un risque. […] Tout cela nous mène à la catastrophe. »>«< Des adhérents de l’époque considéraient que le fait que Maxence avait caché sa conversion était un
problème », confirme Gilles C. à Mediapart.
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obsession
1 septembre 2026
À l’inverse, la militante Élisabeth C., qui se revendique ouvertement «< islamophobe » dans un e-
mail de dénonciation au musulman Maxence B., se
retrouve quant à elle investie quelques mois plus tard par le FN aux élections départementales de 2015.
<< Toujours RN » aujourd’hui, Élisabeth C. loue
«
auprès de Mediapart les qualités de Jordan Bardella,
quelqu’un «< de très investi, de très capable, de
très intelligent ».
Principal atout du RN dans son entreprise de << dédiabolisation » – ou «< stratégie de la cravate »>,
qu’il a arborée autour du cou dès ses premiers pas en
politique -, Jordan Bardella a très tôt identifié la nécessité de nettoyer la vitrine du parti d’extrême
droite et de tenir les médias à distance de
l’arrière-boutique.
Le 26 novembre 2014, tandis que le scrutin
départemental de mars 2015 se profile, il décide ainsi
de tirer la sonnette d’alarme auprès de ses troupes.
<< Chers amis, écrit-il avec son adjoint, comme à
chaque campagne électorale, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle tempête médiatique, orchestrée par nos concurrents en manque de notoriété, au sujet
de notre « littérature« et/ou des images que nous
publions. » Comprendre : le problème n’est pas d’être haineux, il faut simplement savoir le cacher.
De gauche à droite: Alain Soral, Jordan Bardella et Frédéric
Photomontage Mediapart avec l’AFP et MaxPPP
Chatillon.
Or, << bien que nous le répétions à chaque réunion »>,
<< nos consignes ont visiblement du mal à être retenues
et
respectées par quelques–uns », poursuit le
document transmis aux candidates. Les responsables
de section demandent donc de bien << vérifier >>
ou « faire vérifier » les contenus sur les réseaux
sociaux. Rien ne doit filtrer des échanges internes…
«
Depuis que Marine est à la tete du parti tu reçois une
chartre quand tu t’inscris, en tant que militant tu dois
etre exemplaire. Surtout dans le discours que tu tiens
[…] La politique c’est de la com», assume Jordan
Bardella dans une autre conversation à l’été 2013, en
disant s’inspirer de Machiavel.
<< On diabolise les dictateurs arabes
alors que le régime d’Assad correspond
finalement à la réalité du pays. »
Jordan Bardella
Dans le même échange, le futur premier ministrable
souligne que << depuis que [le] discours [de Marine Le Pen] est plus polyssé le nombre d’électeur explose »…
tout en se réjouissant que le FN soit le seul parti
«
<< resté fidel à son ideologie de base » depuis << plus de
«
40 ans ». Au même moment, le vice-président du
parti d’extrême droite, Louis Aliot, théorise l’idée que
l’antisémitisme est le dernier << verrou idéologique : »
à faire << sauter » auprès de l’opinion publique
pour
permettre à son mouvement d’accéder enfin au pouvoir.
De son côté, Jordan Bardella continue d’évoluer dans
le même bain idéologique. Entre février et juin 2015, il
est recruté comme collaborateur de l’eurodéputé
Jean-François Jalkh, qui cumule ce mandat avec celui
de vice-président du parti – le contrat qui les lie
alimente aujourd’hui des soupçons d’emploi fictif
que l’actuel patron du RN conteste.
Soral se rappelle au bon souvenir de Bardella
sur Israël
La stratégie de « dédiabolisation » du RN a conduit Marine Le Pen à participer, en novembre 2023, à la marche contre l’antisémitisme organisée à Paris après le 7-Octobre, et Jordan Bardella à se déplacer à Jérusalem,
Benyamin Netanyahou – une première pour un
en mars 2025, à l’invitation du gouvernement de
président du parti d’extrême droite.
Un mois plus tôt, le président du RN avait mis en scène
sur X sa rencontre à Washington avec le ministre de la
diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme israélien,
Amichai Chikli. De quoi rendre furieux son ancien
mentor Alain Soral, qui avait réagi en commentaire :
Voir plus ✓
Militant historique du FN, qu’il a rejoint deux ans
après sa création, Jean-François Jalkh est aussi connu
pour avoir commémoré le 40° anniversaire de la mort
de Philippe Pétain en 1991, puis pour avoir tenu des
propos négationnistes
sur la Seconde Guerre
mondiale. « Je dis qu’on doit pouvoir discuter même de
ce problème [des
chambres à gaz] », déclare-t-il à une
chercheuse dans un article publié en 2005, louant le
<< sérieux » et la « rigueur » de négationnistes tels que
Robert Faurisson, condamné à plusieurs reprises pour
<< contestation de crimes contre l’humanité ».
L’expérience <<< Banlieues patriotes >>>
En janvier 2016, un mois après son élection au conseil
régional d’Île-de-France, le jeune militant poursuit
son ascension dans l’appareil du FN et lance un
nouveau collectif, Banlieues patriotes, tourné vers les habitantes des périphéries urbaines. Sur son site
Égalité et réconciliation jubile. «<< Le message
internet,
d’Alain Soral enfin entendu au Front national?»,
s’enthousiasme l’organisation dans un article illustré
par une grande photo du jeune Bardella.
Cette ardeur ne vient pas de nulle part. Auprès de Mediapart, un des cofondateurs d’E&R, Thomas M.,
est en effet formel : « Des gens liés à E&R étaient
présents au lancement de Banlieues patriotes.» «< Le
FN, aujourd’hui RN, est un parti très composite, il y
avait des souverainistes mais aussi des composantes
beaucoup plus radicales, avec lesquelles il faut
composer », justifie-t-il.
Cette hypothèse est étayée par la suite des
événements. Pour son premier – et dernier – événement public, Banlieues patriotes organise en
effet une conférence dans un bar avec une
personnalité inattendue : le militant associatif
musulman
Camel Bechikh, très introduit dans les
cercles soraliens. « Je n’ai pas eu la main sur le choix
de l’invité, c’est au niveau de Jordan Bardella que
s’est fait », affirme à Mediapart Guy D., alors
secrétaire général de Banlieues patriotes.
cela
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Jordan Bardella en Israël : le grand malaise
25 mars 2025
À l’époque, Camel Bechikh préside l’association Fils
de France et rêve de tisser des ponts vers l’extrême
droite, bien aidé en cela par l’avocat Philippe
Péninque, un ami et conseiller de Marine Le Pen qui
accompagne
aussi Alain Soral. Les liens se raffermissent au moment de La Manif pour tous en
2013, dont Camel Bechikh devient un des représentants, mais surtout dans les cortèges de
<< Jour de colère » en 2014, truffés de slogans
antisémites et homophobes.
Deux ans et demi plus tard, le 19 octobre 2016, alors
qu’il répond aux questions de Jordan Bardella pour
l’événement de Banlieues patriotes, Camel Bechikh
n’a pas adouci son propos. « Je crois que quand on
guillotine un roi qui était garant d’une certaine tenue religieuse dans le pays, que quand on sépare l’Église de
l’État en 1905, que quand on vote une loi sur
l’avortement, et dernièrement une loi sur le mariage
pour tous, tout cela rentre en contradiction avec
l’habitus
profond », déclare-t-il au cours de la
conférence. Assis à ses côtés, l’actuel patron du RN
opine du chef.
Capture d’écran YouTube de François Paradol (à gauche) Jordan
Bardella (au centre) et Camel Bechikh (à droite), en 2016.
Photomontage
Mediapart
Une rangée derrière, dans le public, un homme aux cheveux courts et en polo suit la conférence avec
attention : militant de FNJ avec Jordan Bardella,
François Paradol est alors le trésorier officiel de
Banlieues
patriotes. Lui aussi a été abreuvé de
recommandations de lectures antisémites partagées
en 2013 par
d’Alain
Laurent G. et a fréquenté les réseaux Soral, comme Mediapart le révélait en
décembre 2025, sans que cela fasse réagir quiconque
au RN. Il occupe aujourd’hui encore les fonctions de
directeur de cabinet du président du parti.
Avec Chatillon, des liens anciens et actuels
Dans ces années-là, Jordan Bardella est aussi sous
l’influence d’un autre mentor, un certain Frédéric
Chatillon, justement au cœur des liens entre le FN et
Égalité et
réconciliation, comme l’attestent des e-mails
consultés par Mediapart. Vieil ami de Marine Le Pen,
Frédéric Chatillon, qui s’est rendu en Syrie avec Alain
Soral et
Dieudonné en 2006,
fascination du IIIe Reich et
est connu pour sa
sa détestation d’Israël.
Dans les échanges obtenus, Jordan Bardella n’a pas de
mots assez durs contre l’État hébreu. « Je suis anti-
sionniste, c’est à dire à la fois contre la
sionnisme en France, et à la fois
Voir plus ✓
main mise du
contre les politiques
Avant les écrits de Jordan
Bardella,
Mediapart avait
déjà exhumé il y a plus d’un an les écrits
antisémites,
islamophobes et homophobes de la députée Caroline
Parmentier, amie historique de Marine Le Pen.
Malgré nos
révélations, l’élue lepéniste, qui dénonçait
l’existence d’un << lobby juif » et rendait hommage à
Philippe Pétain en 2018, a conservé la vice-présidence
du groupe à l’Assemblée nationale, sans qu’une seule
voix s’élève contre cette situation. Un traitement
bien
différent des quelques << brebis galeuses » que le
RN se complaît à éjecter pour mieux épargner la tête
du mouvement.
Alexandre Berteau et Antton Rouget
Boîte noire
Mediapart a retranscrit les propos de
Jordan
Bardella tels qu’ils ont été rédigés, sans corriger
ses fautes d’orthographe, de conjugaison et de
grammaire.
Cette enquête sur le début de la carrière
politique de Jordan Bardella, de 2013 à 2015,
repose sur des dizaines de conversations écrites
– que nous avons pu authentifier de manière
indépendante – issues d’une base documentaire
plus large agrémentée de témoignages.
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DOSSIER
Rassemblement national : les faux–semblants de la
dédiabolisation
45 articles
Aujourd’hui sur Mediapart
Politique
SynerCiel
<<<< Des accusations folles » pour Marine
indignation à gauche
Le Pen,
Marine Le Pen a assuré lundi ne pas croire à la «< dinguerie >>
révélée par << Mediapart » au sujet du
président de son parti.
Les écrits antisémites du député européen ont pourtant suscité
la colère à gauche, où l’on y voit la
antisémitisme
d’extrême
résurgence d’un vieil
droite, et dans une partie – encore
peu audible du « bloc central >>.
Sarah Benhaïda, Mathieu Dejean, Pauline Graulle, Ilyes Ramdani et
Laura Wojcik
Enfances – Enquête
La vidéo qui prouve des années de déni à
la mairie de Paris
<< Mediapart >> s’est procuré l’enregistrement d’une réunion au
cours de laquelle l’adjoint d’Anne Hidalgo chargé de l’éducation
est alerté, trois ans avant l’explosion du scandale. À l’image:
gêne, déni, et mensonge lorsque Patrick Bloche assure que la
ville saisit toujours la justice en cas de suspicions.
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<<< Une peine de mort professionnelle >> :
des
les avocats de Rachida Dati dénoncent la
sévérité
peines
requises
Lors du dernier jour du procès de Rachida Dati, jugée pour
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450 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Ses avocats
ont dénoncé << une cruauté judiciaire >> et contesté toutes
les accusations.
David Perrotin
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Prison avec sursis réclamée contre
François Bayrou au procès en appel du
MoDem
Deux ans
de prison avec sursis ont été requis lundi contre le
patron du parti centriste, qui aurait impulsé la fraude au
préjudice
du
Parlement
européen. La condamnation de tous les
prévenus a été demandée.
Michel Deléan
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Extrême droite – Reportage
À Carcassonne, face à de nouveaux éléments accablants, le maire RN
musèle ses
oppositions
Empêtré dans une succession de révélations sur sa police
municipale, le maire de Carcassonne,
Christophe Barthès, a
empêché son opposition de s’exprimer sur l’affaire en conseil
municipal. Des mails internes prouvent que l’élu
Rassemblement national a menti: il était bien au courant des
agissements de son agent.
Youmni Kezzouf
Numérique Analyse
Qui a intérêt à réguler l’intelligence
artificielle ?
Les patrons d’OpenAI et d’Anthropic ont été conviés au Conseil
de sécurité de l’ONU, mercredi 23 septembre, pour évoquer la
dangerosité de leurs modèles. En insistant sur les risques
<<< existentiels >> de leurs créations, ils espèrent pouvoir
contrôler la manière dont le secteur sera surveillé cont
intégrale privée de sa mesure phare en
commission
Les députés ont adopté, mardi 22 septembre en commission, un
amendement supprimant l’entretien obligatoire destiné, à
l’école, à repérer
<< accepter
que
les
enfants victimes. Ce qui revient à
ça continue », s’indigne la Coalition féministe et
enfantiste à l’origine du texte.
Sarah Brethes, Mathilde Goanec et Mathilde Mathieu
Idées
Penser la liberté d’expression avec les
philosophes
Dans un contexte où l’extrême droite se pose en martyre de la
liberté d’expression et accuse la presse sérieuse de propager des
<< fake
qui ont
news
>>,
un
ouvrage collectif consacré aux philosophes
pensé cette notion
reprendre
vient de paraître.
le problème à la racine.
Joseph Confavreux
Et permet de
Sous la direction de
CHARLES GIRARD
et CHRISTOPHER HAMEL
PHILOSOPHIES DE LA
LIBERTÉ D’EXPRESSION
DE MONTAIGNE À ORWELL
CNRS EDITIONS
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