octobre 2, 2026 by CONTIENENT MEDIA

 Les banques sont toutes détenues par des juifs >> : Jordan Bardella face à ses écrits antisémites

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Extrême droite – Enquête 

<<<< Les banques sont toutes détenues par des juifs >> : Jordan Bardella face à ses écrits antisémites 

Alexandre Berteau et Antton Rouget 

28 septembre 2026 à 15h27 

LES BANQU SONT TOUTES D PAR DES 

WQUES 

LES BARQUES 

SORE TOUTES DEFENUES PAR DES OPE 

DES BANQUES RAYTONTES DETENUES 

LES BANQU 

SONT TOUTES D PAR DES 

Photo illustration Simon Toupet/Mediapart 

DOSSIER 

Rassemblement national: les faux–semblants de la dédiabolisation 

> 

« Mediapart >> a mis la main sur des échanges de l’actuel président du RN, au début de sa carrière politique. On y découvre 

l’antisémitisme obsessionnel de celui qui rêve 

de devenir premier ministre. Sollicité, l’intéressé conteste ces informations et 

évoque des << faux grossiers >>. 

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Après les « prebis gaduses », le bleef cut troupeau. 

L’actuel président du Rassemblement national 

(RN), Jordan Bardella, adoubé par Marine Le Pen comme futur premier ministre en cas d’accession de l’extrême droite à l’Élysée en 2027, est à son tour rattrapé par des écrits relevant d’un antisémitisme obsessionnel, d’après une enquête de Mediapart reposant sur de nombreuses conversations privées, agrémentées de témoignages. 

Symbole de la nouvelle génération d’un RN qui se présente aujourd’hui comme protecteur des Français juifs (bien que cofondé par des figures de la collaboration et d’anciens de la Waffen-SS), le député européen de 31 ans a manifesté son antisémitisme 

lors de plusieurs échanges datant de son arrivée au sein du Front national (FN), il y a une dizaine d’années. À l’époque de ces écrits, Jordan Bardella est déjà un militant actif du FN. Il devient le patron du parti en Seine-Saint-Denis dès 2014 et en sera un conseiller régional à partir de l’année suivante. 

Au-delà de ces saillies doublées d’un conspirationnisme débridé, Jordan Bardella dévoile déjà les ressorts de la stratégie d’affichage, dite de << dédiabolisation », que l’extrême droite met en œuvre depuis quinze ans dans l’espace politique et médiatique français. « La politique, c’est de la com», dit-il. L’important n’est pas ce que l’on pense réellement : il faut simplement que cela ne se sache pas. Un point d’autant plus crucial que Marine Le 

Pen, alors présidente de son parti, déclare à la même époque publiquement que le FN est le << meilleur bouclier » pour protéger les Français es de confession juive. 

Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN) à Paris, le 19 juin 2024. Photomontage Mediapart avec Julien 

de Rosa / AFP 

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Or, dans les échanges aujourd’hui révélés par Mediapart, on découvre un Jordan Bardella à l’opposé de cette vitrine, totalement aligné sur les thèses de 

l’activiste antisémite multicondamné Alain Soral, défendant par exemple l’existence d’un prétendu complot juif visant à contrôler l’«< ordre mondial ». C’est aussi à cette période-là qu’il noue une relation particulière avec un vieil ami de Marine Le Pen, 

Frédéric Chatillon, une des chevilles ouvrières du rapprochement du FN avec les sphères soraliennes. 

Mediapart révèle un pan de la carrière politique de Jordan Bardella, de 2013 à 2015, après une enquête de plusieurs mois reposant sur des dizaines de 

conversations écrites – que nous avons pu authentifier de manière indépendante – issues d’une base documentaire plus large agrémentée 

de témoignages. 

<< Le juif doit dominé [sic] les autres peuples, les ecraser et les voler. » 

Des propos de Jordan Bardella 

Dans ces documents consultés par Mediapart, l’actuel 

président du RN dénonce le fait que « les banques 

sont toutes détenus [sic, voir boîte noire] par des 

Juifs ». Ou que « le juif doit dominé les autres peuples, les ecraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et 

en profondeur. En France, deux bels exemples sont BHL [Bernard Henri-Lévy – ndlr] ou [Jacques] Attali. Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israel, avec bien sur Jérusalem comme capitale ». 

Dans un autre échange, Jordan Bardella déplore encore que les ministères « les plus importants reviennent à des personnes pour qui Israël et l’intérêt 

bancaire priment sur les intérêts Français », en ciblant trois ministres du quinquennat de François Hollande (2012-2017): Laurent Fabius, Pierre Moscovici et 

Manuel Valls. 

Sollicité par Mediapart, Jordan Bardella, qui avait 

estimé en 2023 que Jean-Marie Le Pen << n’était pas antisémite » – avant de nuancer ses propos face au 

tollé général -, a démenti en bloc l’ensemble de nos informations. << Je conteste formellement vos affirmations selon lesquelles j’aurais tenu, en public 

comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type », a-t-il signifié par écrit, dénonçant des « faux grossiers » et une << véritable opération de barbouzerie » (lire en 

boîte noire). 

→ À LIRE AUSSI 

Antisémitisme : le RN révisionniste de sa propre histoire 

10 novembre 2023 

«Le fait que je n’étais pas militant actif au sein du 

Front national durant l’été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces « sources« », a-t-il aussi déclaré. Sur ce point précis, Jordan Bardella est démenti… par lui-même. 

Dans ses interviews, comme ici au Parisien en 2025, 

l’actuel président du RN a toujours affirmé avoir 

rejoint le parti en 2012, à l’âge de 16 ans. Dans son autobiographie, Ce que je cherche, publiée en 2024 par Fayard, la maison d’édition phare du groupe Bolloré, il répète s’être engagé après avoir vu Marine Le Pen à 

la télévision, le 23 février 2012. 

« J’étais mineur. Il a fallu convaincre ma mère, non sans mal, de signer l’autorisation parentale nécessaire pour adhérer à un mouvement politique… »>, y écrit-il. 

Dans ce même livre, Jordan Bardella avait osé écrire : 

« Je n’aime ni les outrances ni les excès. Jamais je ne me suis senti de proximité intellectuelle avec l’héritage politique de « l’extrême droite« . »> 

En privé, le même Jordan Bardella écrit en 2013 avoir 

rejoint le parti d’extrême droite, car son << idéologie de base » n’a jamais varié depuis sa création par Jean- Marie Le Pen en 1972, alors même qu’il salue les efforts entrepris pour rendre le mouvement plus présentable en apparence. 

Une fascination pour Alain Soral 

D’après les souvenirs de son responsable de l’époque, Gilles C., l’ambitieux militant était déjà actif dans la 

section FN de son département de naissance, la Seine-Saint-Denis, en « février 2013 >>. Jordan Bardella, 17 ans et demi à l’époque, entame quelques mois plus 

tard une première année de licence de géographie à 

l’université Paris-Sorbonne. 

Son obsession au sujet d’une supposée << main mise de la communauté juive–sioniste sur le pays » est fortement imprégnée des thèses de l’idéologue 

antisémite Alain Soral, envers lequel il assume sa fascination en privé. Le fondateur du mouvement Égalité et réconciliation (E&R) a bien été engagé dans la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen en 

2007. Mais, officiellement, les ponts ont été rompus 

avec le FN en 2009. 

<< Ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les 

faits », écrit Jordan Bardella en septembre 2013 au sujet de l’essayiste, condamné dès 2007 pour diffamation raciale et incitation à la haine. Et de 

« 

citer, parmi les conclusions qu’il retient de la pensée d’Alain Soral, la << soumission de la France à une 

logique sioniste» ou le fait que << sionisme et domination bancaire so[ie]nt liés (Goldman Sachs, Rotschild, Lehman Brothers…) ». 

<< Jordan a regardé des kilomètres de vidéos de Soral et 

a lu ses bouquins. Il s’est en partie politisé autour de 

Il était dans un militantisme de lecture et de vidéos 

ça. 

sur internet », confirme un ancien proche conseiller 

de l’actuel président du RN, tout en expliquant 

n’avoir pas eu connaissance, à son niveau, des propos 

de Jordan Bardella. 

→ À LIRE AUSSI 

Dans les arrière–cuisines d’Alain Soral : des 

bataillons de négationnistes et le directeur de 

cabinet de Bardella 

13 décembre 2025 

L’actuel président du RN est aussi dans ses 

conversations un promoteur de Dieudonné, qui avait fait de Jean-Marie Le Pen le parrain de sa fille. << Il 

mène un vrai combat d’idée, sinon il serait resté avec 

Élie Semoun », salue-t-il en septembre 2013. Dès 2008, l’humoriste avait pourtant convié sur scène le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un << prix de l’infréquentabilité » par un comédien déguisé en déporté juif, ce qui lui avait valu 

une condamnation en justice, parmi bien d’autres. 

Le jeune frontiste n’hésite pas non plus à se faire le relais de théories conspirationnistes. Il déclare que si 

le ministre de l’économie Pierre Moscovici veut 

<< sauver les entreprises », c’est pour << venger Moïse »>, ou relaye des fake news sur les attentats du 11- 

Septembre. Douze ans après les faits, il fait encore part de ses doutes vis-à-vis de la << théorie officielle », 

et incite son entourage à regarder une vidéo d’une supposée ancienne agente de la CIA… suspectant le 

Mossad d’être derrière les attentats. Dans un autre 

message, il soutient que le « commerce alimentaire (les marques) du Hallal appartient à des juifs ». 

<< Si Marine Le Pen arrive au pouvoir, elle risque l’accident d’avion ou l’attentat par un soit disant islamiste fou (manipulé par le haut bien sûr). >> 

Jordan Bardella 

«Je me souviens qu’il accordait de l’intérêt aux théories sur la possible survie d’Adolf Hitler après la 

Seconde Guerre mondiale, qui circulaient à l’époque », relate Laurent G., ancien responsable du Front national de la jeunesse (FNJ) de Seine-Saint-Denis, 

qui a croisé la route de Jordan Bardella au sein de la fédération du département entre 2013 et 2014. 

Selon cet ex-cadre local, l’étudiant avait aussi comme 

livre de chevet Les Secrets de la Réserve fédérale, de l’écrivain négationniste états-unien Eustace Mullins. 

L’ouvrage, là encore adoubé par Alain Soral, attribue la création de la banque centrale états-unienne à un 

complot de banquiers juifs afin de servir leurs intérêts. Interrogé sur ce point, Jordan Bardella n’a pas répondu. 

Jordan Bardella et Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, le 13 

septembre 2026. © Photomontage Mediapart avec Alain Guilhot/ Divergence 

<< Le plus riche du monde n’est pas Bill Gate, mais la FED (et les 12 ou 13 banquiers qui se partagent le butin) », écrit ainsi Jordan Bardella en septembre 2013 

dans un échange privé, en appelant à «< regarder noms » des dirigeants des « plus grosses banques 

les mondiales », forcément << sionistes » selon lui. « C’est certain que si Marine Le Pen arrive au pouvoir, qu’elle tente de reprendre le pouvoir sur la Banque elle risque l’accident d’avion ou l’attentat par un soit disant islamiste fou (manipulé par le haut bien sur)», théorise-t-il dans le même message. 

Alain Soral: les dessous de sa fuite vers la Russie 

5 mars 2026 

Au sein de la fédération dans laquelle le futur président du RN lance sa carrière, Laurent G. s’attelle lui-même à diffuser l’idéologie antisémite auprès des troupes lepénistes. À travers des dizaines d’e-mails internes que Mediapart s’est procurés, ce cadre local partage largement et de façon frénétique des recommandations de lecture en guise de << formation doctrinale ». Le 8 février 2014, il adresse directement à Jordan Bardella et à un autre militant du FN 93 la 

version numérique du livre Dialogues désaccordés, d’Alain Soral et Éric Naulleau. 

En réalité, Alain Soral fait presque figure de modéré 

parmi les conseils de lecture de Laurent G. Le 

responsable aux actions militantes » de Seine-Saint- 

Denis inonde en effet les membres de la fédération et 

des jeunes cadres du parti d’e-mails vantant les écrits 

des plus célèbres auteurs antisémites, 

collaborationnistes et/ou révisionnistes, de Lucien Rebatet à Robert Brasillach, en passant par Édouard Drumont. Leurs homologues plus contemporains, 

comme Robert Faurisson, Hervé Ryssen et Vincent Reynouard, sont eux aussi mis à l’honneur. Tout comme le nazi Joseph Goebbels, dont Laurent G. conseille l’ouvrage Combat pour Berlin en mai 2012. Ou, en septembre 2012, les toiles d’un «< peintre autrichien bien connu » : Adolf Hitler. Dans la 

même veine, il vante en avril 2014 les << mérites de 

l’école révisionniste ». 

Joint par Mediapart, Laurent G. assure qu’il envoyait 

ses e-mails << de [s]a propre initiative >>, pour cultiver 

<< pousser personne à penser quoi que ce soit ». 

la «< curiosité intellectuelle » des militant.es, sans 

« Je n’ai jamais été rappelé à l’ordre », fait-il d’ailleurs remarquer. 

Interrogé sur les inspirations et envois de Laurent G., Jordan Bardella n’a pas répondu. A-t-il pu passer à côté de ses «< conseils de lecture » ? N’y a-t-il trouvé 

rien à redire ? « Je ne peux en aucun cas être tenu 

responsable des écrits ou paroles de tiers », a affirmé l’actuel représentant du RN. 

Des consignes pour lisser l’image du parti 

Autre épisode témoignant du climat militant dans 

lequel Jordan Bardella s’est formé politiquement : l’éviction, en octobre 2014, de Maxence B., un militant 

frontiste de Seine-Saint-Denis qui venait de se convertir à l’islam. Un choix jugé intolérable en interne, comme l’attestent plusieurs échanges 

consultés par Mediapart. 

Promu à la tête de cette fédération départementale à 

l’été 2014, Jordan Bardella pousse l’intéressé vers la 

sortie trois mois plus tard, sous la pression de 

militant es excédé es par la situation. 

<< Une rumeur arrive jusqu’à moi : un jeune français du 

93, natif, caucasien « bien de cheu nous«  s’est converti à 

l’Islam… Rien de grave me direz–vous, il y en a des centaines de plus, chaque mois… A un détail près puisque ce jeune serait Maxence B., membre des FNJ », 

dénonce un militant dans un e-mail adressé à 

plusieurs responsables du FN, dont Jordan Bardella, avant d’alerter les instances du parti : << Maintenir Maxence B. au sein du mouvement présente un risque. […] Tout cela nous mène à la catastrophe. »>«< Des adhérents de l’époque considéraient que le fait que Maxence avait caché sa conversion était un 

problème », confirme Gilles C. à Mediapart. 

→ À LIRE AUSSI 

Interdiction du voile : le RN remet en scène son 

obsession 

1 septembre 2026 

À l’inverse, la militante Élisabeth C., qui se revendique ouvertement «< islamophobe » dans un e- 

mail de dénonciation au musulman Maxence B., se 

retrouve quant à elle investie quelques mois plus tard par le FN aux élections départementales de 2015. 

<< Toujours RN » aujourd’hui, Élisabeth C. loue 

« 

auprès de Mediapart les qualités de Jordan Bardella, 

quelqu’un «< de très investi, de très capable, de 

très intelligent ». 

Principal atout du RN dans son entreprise de << dédiabolisation » – ou «< stratégie de la cravate »>, 

qu’il a arborée autour du cou dès ses premiers pas en 

politique -, Jordan Bardella a très tôt identifié la nécessité de nettoyer la vitrine du parti d’extrême 

droite et de tenir les médias à distance de 

l’arrière-boutique. 

Le 26 novembre 2014, tandis que le scrutin 

départemental de mars 2015 se profile, il décide ainsi 

de tirer la sonnette d’alarme auprès de ses troupes. 

<< Chers amis, écrit-il avec son adjoint, comme à 

chaque campagne électorale, nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle tempête médiatique, orchestrée par nos concurrents en manque de notoriété, au sujet 

de notre « littérature«  et/ou des images que nous 

publions. » Comprendre : le problème n’est pas d’être haineux, il faut simplement savoir le cacher. 

De gauche à droite: Alain Soral, Jordan Bardella et Frédéric 

Photomontage Mediapart avec l’AFP et MaxPPP 

Chatillon. 

Or, << bien que nous le répétions à chaque réunion »>, 

<< nos consignes ont visiblement du mal à être retenues 

et 

respectées par quelques–uns », poursuit le 

document transmis aux candidates. Les responsables 

de section demandent donc de bien << vérifier >> 

ou « faire vérifier » les contenus sur les réseaux 

sociaux. Rien ne doit filtrer des échanges internes… 

« 

Depuis que Marine est à la tete du parti tu reçois une 

chartre quand tu t’inscris, en tant que militant tu dois 

etre exemplaire. Surtout dans le discours que tu tiens 

[…] La politique c’est de la com», assume Jordan 

Bardella dans une autre conversation à l’été 2013, en 

disant s’inspirer de Machiavel. 

<< On diabolise les dictateurs arabes 

alors que le régime d’Assad correspond 

finalement à la réalité du pays. » 

Jordan Bardella 

Dans le même échange, le futur premier ministrable 

souligne que << depuis que [le] discours [de Marine Le Pen] est plus polyssé le nombre d’électeur explose »… 

tout en se réjouissant que le FN soit le seul parti 

« 

<< resté fidel à son ideologie de base » depuis << plus de 

« 

40 ans ». Au même moment, le vice-président du 

parti d’extrême droite, Louis Aliot, théorise l’idée que 

l’antisémitisme est le dernier << verrou idéologique : » 

à faire << sauter » auprès de l’opinion publique 

pour 

permettre à son mouvement d’accéder enfin au pouvoir. 

De son côté, Jordan Bardella continue d’évoluer dans 

le même bain idéologique. Entre février et juin 2015, il 

est recruté comme collaborateur de l’eurodéputé 

Jean-François Jalkh, qui cumule ce mandat avec celui 

de vice-président du parti – le contrat qui les lie 

alimente aujourd’hui des soupçons d’emploi fictif 

que l’actuel patron du RN conteste. 

Soral se rappelle au bon souvenir de Bardella 

sur Israël 

La stratégie de « dédiabolisation » du RN a conduit Marine Le Pen à participer, en novembre 2023, à la marche contre l’antisémitisme organisée à Paris après le 7-Octobre, et Jordan Bardella à se déplacer à Jérusalem, 

Benyamin Netanyahou – une première pour un 

en mars 2025, à l’invitation du gouvernement de 

président du parti d’extrême droite. 

Un mois plus tôt, le président du RN avait mis en scène 

sur X sa rencontre à Washington avec le ministre de la 

diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme israélien, 

Amichai Chikli. De quoi rendre furieux son ancien 

mentor Alain Soral, qui avait réagi en commentaire : 

Voir plus ✓ 

Militant historique du FN, qu’il a rejoint deux ans 

après sa création, Jean-François Jalkh est aussi connu 

pour avoir commémoré le 40° anniversaire de la mort 

de Philippe Pétain en 1991, puis pour avoir tenu des 

propos négationnistes 

sur la Seconde Guerre 

mondiale. « Je dis qu’on doit pouvoir discuter même de 

ce problème [des 

chambres à gaz] », déclare-t-il à une 

chercheuse dans un article publié en 2005, louant le 

<< sérieux » et la « rigueur » de négationnistes tels que 

Robert Faurisson, condamné à plusieurs reprises pour 

<< contestation de crimes contre l’humanité ». 

L’expérience <<< Banlieues patriotes >>> 

En janvier 2016, un mois après son élection au conseil 

régional d’Île-de-France, le jeune militant poursuit 

son ascension dans l’appareil du FN et lance un 

nouveau collectif, Banlieues patriotes, tourné vers les habitantes des périphéries urbaines. Sur son site 

Égalité et réconciliation jubile. «<< Le message 

internet, 

d’Alain Soral enfin entendu au Front national?», 

s’enthousiasme l’organisation dans un article illustré 

par une grande photo du jeune Bardella. 

Cette ardeur ne vient pas de nulle part. Auprès de Mediapart, un des cofondateurs d’E&R, Thomas M., 

est en effet formel : « Des gens liés à E&R étaient 

présents au lancement de Banlieues patriotes.» «< Le 

FN, aujourd’hui RN, est un parti très composite, il y 

avait des souverainistes mais aussi des composantes 

beaucoup plus radicales, avec lesquelles il faut 

composer », justifie-t-il. 

Cette hypothèse est étayée par la suite des 

événements. Pour son premier – et dernier – événement public, Banlieues patriotes organise en 

effet une conférence dans un bar avec une 

personnalité inattendue : le militant associatif 

musulman 

Camel Bechikh, très introduit dans les 

cercles soraliens. « Je n’ai pas eu la main sur le choix 

de l’invité, c’est au niveau de Jordan Bardella que 

s’est fait », affirme à Mediapart Guy D., alors 

secrétaire général de Banlieues patriotes. 

cela 

→ À LIRE AUSSI 

Jordan Bardella en Israël : le grand malaise 

25 mars 2025 

À l’époque, Camel Bechikh préside l’association Fils 

de France et rêve de tisser des ponts vers l’extrême 

droite, bien aidé en cela par l’avocat Philippe 

Péninque, un ami et conseiller de Marine Le Pen qui 

accompagne 

aussi Alain Soral. Les liens se raffermissent au moment de La Manif pour tous en 

2013, dont Camel Bechikh devient un des représentants, mais surtout dans les cortèges de 

<< Jour de colère » en 2014, truffés de slogans 

antisémites et homophobes. 

Deux ans et demi plus tard, le 19 octobre 2016, alors 

qu’il répond aux questions de Jordan Bardella pour 

l’événement de Banlieues patriotes, Camel Bechikh 

n’a pas adouci son propos. « Je crois que quand on 

guillotine un roi qui était garant d’une certaine tenue religieuse dans le pays, que quand on sépare l’Église de 

l’État en 1905, que quand on vote une loi sur 

l’avortement, et dernièrement une loi sur le mariage 

pour tous, tout cela rentre en contradiction avec 

l’habitus 

profond », déclare-t-il au cours de la 

conférence. Assis à ses côtés, l’actuel patron du RN 

opine du chef. 

Capture d’écran YouTube de François Paradol (à gauche) Jordan 

Bardella (au centre) et Camel Bechikh (à droite), en 2016. 

Photomontage 

Mediapart 

Une rangée derrière, dans le public, un homme aux cheveux courts et en polo suit la conférence avec 

attention : militant de FNJ avec Jordan Bardella, 

François Paradol est alors le trésorier officiel de 

Banlieues 

patriotes. Lui aussi a été abreuvé de 

recommandations de lectures antisémites partagées 

en 2013 par 

d’Alain 

Laurent G. et a fréquenté les réseaux Soral, comme Mediapart le révélait en 

décembre 2025, sans que cela fasse réagir quiconque 

au RN. Il occupe aujourd’hui encore les fonctions de 

directeur de cabinet du président du parti. 

Avec Chatillon, des liens anciens et actuels 

Dans ces années-là, Jordan Bardella est aussi sous 

l’influence d’un autre mentor, un certain Frédéric 

Chatillon, justement au cœur des liens entre le FN et 

Égalité et 

réconciliation, comme l’attestent des e-mails 

consultés par Mediapart. Vieil ami de Marine Le Pen, 

Frédéric Chatillon, qui s’est rendu en Syrie avec Alain 

Soral et 

Dieudonné en 2006, 

fascination du IIIe Reich et 

est connu pour sa 

sa détestation d’Israël. 

Dans les échanges obtenus, Jordan Bardella n’a pas de 

mots assez durs contre l’État hébreu. « Je suis anti- 

sionniste, c’est à dire à la fois contre la 

sionnisme en France, et à la fois 

Voir plus ✓ 

main mise du 

contre les politiques 

Avant les écrits de Jordan 

Bardella, 

Mediapart avait 

déjà exhumé il y a plus d’un an les écrits 

antisémites, 

islamophobes et homophobes de la députée Caroline 

Parmentier, amie historique de Marine Le Pen. 

Malgré nos 

révélations, l’élue lepéniste, qui dénonçait 

l’existence d’un << lobby juif » et rendait hommage à 

Philippe Pétain en 2018, a conservé la vice-présidence 

du groupe à l’Assemblée nationale, sans qu’une seule 

voix s’élève contre cette situation. Un traitement 

bien 

différent des quelques << brebis galeuses » que le 

RN se complaît à éjecter pour mieux épargner la tête 

du mouvement. 

Alexandre Berteau et Antton Rouget 

Boîte noire 

Mediapart a retranscrit les propos de 

Jordan 

Bardella tels qu’ils ont été rédigés, sans corriger 

ses fautes d’orthographe, de conjugaison et de 

grammaire. 

Cette enquête sur le début de la carrière 

politique de Jordan Bardella, de 2013 à 2015, 

repose sur des dizaines de conversations écrites 

– que nous avons pu authentifier de manière 

indépendante – issues d’une base documentaire 

plus large agrémentée de témoignages. 

Voir plus 

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DOSSIER 

Rassemblement national : les faux–semblants de la 

dédiabolisation 

45 articles 

Aujourd’hui sur Mediapart 

Politique 

SynerCiel 

<<<< Des accusations folles » pour Marine 

indignation à gauche 

Le Pen, 

Marine Le Pen a assuré lundi ne pas croire à la «< dinguerie >> 

révélée par << Mediapart » au sujet du 

président de son parti. 

Les écrits antisémites du député européen ont pourtant suscité 

la colère à gauche, où l’on y voit la 

antisémitisme 

d’extrême 

résurgence d’un vieil 

droite, et dans une partie – encore 

peu audible du « bloc central >>. 

Sarah Benhaïda, Mathieu Dejean, Pauline Graulle, Ilyes Ramdani et 

Laura Wojcik 

Enfances – Enquête 

La vidéo qui prouve des années de déni à 

la mairie de Paris 

<< Mediapart >> s’est procuré l’enregistrement d’une réunion au 

cours de laquelle l’adjoint d’Anne Hidalgo chargé de l’éducation 

est alerté, trois ans avant l’explosion du scandale. À l’image: 

gêne, déni, et mensonge lorsque Patrick Bloche assure que la 

ville saisit toujours la justice en cas de suspicions. 

Mathilde Mathieu 

Justice Reportage 

<<< Une peine de mort professionnelle >> : 

des 

les avocats de Rachida Dati dénoncent la 

sévérité 

peines 

requises 

Lors du dernier jour du procès de Rachida Dati, jugée pour 

corruption, le parquet a requis quatre ans de prison, 

450 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Ses avocats 

ont dénoncé << une cruauté judiciaire >> et contesté toutes 

les accusations. 

David Perrotin 

Justice Reportage 

Prison avec sursis réclamée contre 

François Bayrou au procès en appel du 

MoDem 

Deux ans 

de prison avec sursis ont été requis lundi contre le 

patron du parti centriste, qui aurait impulsé la fraude au 

préjudice 

du 

Parlement 

européen. La condamnation de tous les 

prévenus a été demandée. 

Michel Deléan 

À ne pas manquer 

Extrême droite – Reportage 

À Carcassonne, face à de nouveaux éléments accablants, le maire RN 

musèle ses 

oppositions 

Empêtré dans une succession de révélations sur sa police 

municipale, le maire de Carcassonne, 

Christophe Barthès, a 

empêché son opposition de s’exprimer sur l’affaire en conseil 

municipal. Des mails internes prouvent que l’élu 

Rassemblement national a menti: il était bien au courant des 

agissements de son agent. 

Youmni Kezzouf 

Numérique Analyse 

Qui a intérêt à réguler l’intelligence 

artificielle ? 

Les patrons d’OpenAI et d’Anthropic ont été conviés au Conseil 

de sécurité de l’ONU, mercredi 23 septembre, pour évoquer la 

dangerosité de leurs modèles. En insistant sur les risques 

<<< existentiels >> de leurs créations, ils espèrent pouvoir 

contrôler la manière dont le secteur sera surveillé cont

intégrale privée de sa mesure phare en 

commission 

Les députés ont adopté, mardi 22 septembre en commission, un 

amendement supprimant l’entretien obligatoire destiné, à 

l’école, à repérer 

<< accepter 

que 

les 

enfants victimes. Ce qui revient à 

ça continue », s’indigne la Coalition féministe et 

enfantiste à l’origine du texte. 

Sarah Brethes, Mathilde Goanec et Mathilde Mathieu 

Idées 

Penser la liberté d’expression avec les 

philosophes 

Dans un contexte où l’extrême droite se pose en martyre de la 

liberté d’expression et accuse la presse sérieuse de propager des 

<< fake 

qui ont 

news 

>>, 

un 

ouvrage collectif consacré aux philosophes 

pensé cette notion 

reprendre 

vient de paraître. 

le problème à la racine. 

Joseph Confavreux 

Et permet de 

Sous la direction de 

CHARLES GIRARD 

et CHRISTOPHER HAMEL 

PHILOSOPHIES DE LA 

LIBERTÉ D’EXPRESSION 

DE MONTAIGNE À ORWELL 

CNRS EDITIONS 

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