L’indépendance de Madagascar est proclamée le 26 juin 1960 à l’issue d’un processus négocié entre l’élite politique malgache et le gouvernement français, qui avait fait de l‘île une colonie 65 ans plus tôt. Défilé en l’honneur de l’indépendance, le 26 juin 1960.
Elle intervient à une époque charnière de notre trajectoire historique, à un moment où Madagascar semble engagé dans une véritable métanoïa institutionnelle, politique et économique dont les prémices sont désormais perceptibles tant à l’intérieur qu’au-delà de nos frontières.
Notre Nation sort progressivement d’une longue séquence marquée par les vicissitudes de la gouvernance, les prévarications de certaines élites, la captation patrimoniale des richesses communes et l’émergence de réseaux d’influence dont les intérêts particuliers ont trop souvent prévalu sur les exigences du bien commun.
Durant plusieurs décennies, l’État s’est parfois trouvé fragilisé dans son magistère moral et dans sa capacité à garantir l’équité entre les citoyens. La richesse nationale, qui aurait dû concourir à l’élévation collective, a fréquemment été détournée de sa vocation première au bénéfice d’intérêts oligarchiques dont les ramifications ont profondément altéré la confiance publique.
Or, l’Histoire nous enseigne qu’aucune Nation ne saurait durablement prospérer lorsque le mérite s’efface devant la connivence, lorsque la probité recule devant les privilèges et lorsque l’intérêt supérieur de l’État cède devant les ambitions particulières.
Ces derniers temps, nous observons la résurgence de certains ferments de discorde. Les mêmes ressorts rhétoriques, les mêmes entreprises de mystification et les mêmes tentatives d’instrumentalisation des frustrations collectives réapparaissent dans le débat public.
Nous en connaissons les mécanismes. Nous en identifions les motivations. Mais nous refusons d’y répondre par la polémique, car les grandes causes nationales exigent davantage de hauteur de vue que de querelles circonstancielles.
Face aux turbulences, nous opposons la sagesse.
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Face aux divisions, nous opposons la concorde.
Face aux passions, nous opposons la raison.
Car la véritable force d’une Nation ne réside pas uniquement dans ses moyens matériels ou dans les instruments de sa puissance, mais dans sa capacité à préserver son unité, son discernement et sa cohésion.
C’est dans cet esprit que Madagascar a choisi de renforcer sa diplomatie et d’inscrire son action extérieure dans une logique de convergence stratégique avec l’ensemble des nations amies.
Les résultats de cette orientation sont déjà perceptibles. Nos partenariats se consolident, nos interlocuteurs se diversifient et notre présence dans le concert des Nations gagne progressivement en crédibilité et en considération.
Certes, certains épisodes de notre passé continuent d’alimenter les controverses. Toutefois, nous refusons de demeurer prisonniers d’une lecture exclusivement rétrospective de l’Histoire. La mémoire est nécessaire (certes) ; mais le ressentiment permanent est stérile.
Notre vocation est d’avancer.
Beaucoup reste à accomplir. Nous demeurons attentifs à la mise en œuvre diligente des accords conclus, ainsi qu’à l’aboutissement des négociations actuellement engagées avec plusieurs partenaires stratégiques.
La mission qui nous incombe consiste désormais à accélérer la transformation structurelle de notre économie à travers la réalisation d’infrastructures fondatrices : réseaux autoroutiers, plateformes portuaires, infrastructures aéroportuaires, établissements hospitaliers modernes et équipements structurants capables de soutenir durablement l’essor national.
Cette ambition repose sur une conception renouvelée de l’action publique (orienté autour du Fanavozana) : un État stratège dans sa vision, rigoureux dans sa régulation et facilitateur dans son rapport à l’investissement et à l’initiative privée.
Je tiens à exprimer ma reconnaissance au Président de la République malgache pour la confiance qu’il accorde à cette vision ainsi qu’à celles et ceux qui œuvrent quotidiennement à sa concrétisation.
Madagascar demeure ouvert à toutes les coopérations inspirées par la réciprocité, le respect mutuel et la prospérité partagée.
Nous croyons à la fécondité du partenariat gagnant-gagnant.
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Nous croyons à la loyauté des engagements.
Nous croyons à la fraternité des peuples.
Je demeure particulièrement attaché à l’amitié franco-malgache ainsi qu’au renforcement des relations entre Madagascar et l’ensemble de ses partenaires européens.
Notre aspiration est simple : bâtir un environnement international fondé sur la confiance, la transparence et la responsabilité.
À cet égard, j’appelle également à une coopération accrue dans la lutte contre les flux financiers illicites, les mécanismes de prédation économique et toutes les formes d’enrichissement incompatibles avec les principes de bonne gouvernance, auxquels aspirent nos peuples. Nous sommes attentifs à une collaboration judiciaire fructueuse,
ceci dans un futur proche.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Madagascar connaît aujourd’hui une phase d’anabase historique.
Les transformations engagées ne relèvent ni du hasard ni de la providence. Elles procèdent du labeur, de la persévérance et de la détermination collective.
Il n’existe aucun substitut durable au travail.
Il n’existe aucune prospérité sans effort.
Il n’existe aucune grandeur nationale sans discipline et sans vision.
J’en appelle donc à la sagacité de nos compatriotes, à leur clairvoyance ainsi qu’à leur sens des responsabilités.
Ne cédons, ni aux simplifications excessives, ni aux manipulations des frustrations politiques.
Préservons ce qui nous unit.
Renforçons ce qui nous rassemble.
Servons ce qui nous dépasse : notre pays, notre partie, Madagascar.
Je remercie mes amis, mes proches et mes collaborateurs.
L’intégrité, la sincérité, l’honnêteté, l’excellence et la redevabilité vis à vis de notre patrie seront requises à chacun de vous.
Vive le Président de la Refondation et de RM Vive l’amitié franco – malgache Vive les nations amies représentées parmi nous ce soir.
Vive la coopération entre les peuples.
Vive la République de Madagascar.
Que la Providence éclaire nos décisions, protège notre Nation et guide notre peuple vers l’accomplissement de sa destinée.
Je vous remercie de votre attention