Ce cyberactiviste ivoirien proche de l’opposition, arrêté en septembre 2025, a été condamné le 18 mai pour « provocation à l’insurrection » et « troubles à l’ordre public ».
Ibrahim Zigui, un cyberactiviste ivoirien, a été condamné lundi 18 mai à cinq ans de prison ferme pour « provocation à l’insurrection » et « troubles à l’ordre public » et à une amende de 20 millions de F CFA (environ 30 000 euros), selon son avocat Ange Rodrigue Dadje, qui n’a pas souhaité commenter davantage l’affaire
Ibrahim Zigui est un sympathisant du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), la formation de l’ex-président Laurent Gbagbo (2000-2011), désormais opposant. Il est suivi par 600 000 abonnés sur Tiktok et 250 000 sur Facebook, et publie régulièrement des vidéos critiques envers le pouvoir.
Le cyberactiviste avait été « enlevé » en septembre 2025, selon son ancien avocat et sa famille qui avaient porté plainte, un mois avant un scrutin présidentiel tendu, marqué par l’exclusion de figures de l’opposition dont Laurent Gbagbo, des arrestations et une dizaine de morts. Il avait ensuite été conduit au pôle pénitentiaire d’Abidjan, le procureur assurant à l’époque que toute personne interpellée faisait l’objet de procédure d’enquête régulière.
Fin août 2025, Ibrahim Zigui avait appelé les Ivoiriens à sortir vêtus du maillot de l’équipe nationale pour se rassembler dans les lieux publics le jour où le Conseil constitutionnel allait publier la liste définitive des candidats à la présidentielle.
L’année du contrôle, plusieurs dizaines de militants de partis d’opposition, parfois des cadres, ont été arrêtés ou écroués. En outre, des centaines de personnes accusées d’avoir participé à des manifestations interdites lors de la campagne ont été condamnées notamment pour « troubles à l’ordre public ».
Samedi 16 mai, dans un discours devant ses militants, Laurent Gbagbo est longuement revenu sur les opposants emprisonnés. « Nous avons beaucoup de camarades en prison. Et il nous faut non seulement penser à eux, mais aussi travailler pour qu’ils soient libérés », a-t-il déclaré, avant de pointer le cas particulier d’Ibrahim Zigui. « Qu’est-ce qu’on lui reproche exactement ? Va-t-il faire un coup d’État avec les réseaux sociaux ? Non ! » a déclaré l’ancien chef de l’État.
Début mars, l’ONG Amnesty international avait appelé à la libération des opposants emprisonnés et à l’énoncé des arrestations « sans fondement », ce qu’ont nié les autorités ivoiriennes, qui martèlent qu’il n’y a pas de prisonniers d’opinion dans le pays.
(Avec AFP)