2 décembre 2022
Paris - France
AFRIQUE

38e CMF : le 18e Sommet de la Francophonie se tiendra à Djerba les 19 et 20 novembre 2022

Réunis lors de la 38e session extraordinaire de la Conférence ministérielle de la Francophonie, les Ministres de la Francophonie ont acté le report du 18e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Djerba les 19 et 20 novembre 2022.

Sommet de la Francophonie : à Djerba, premiers couacs
À l’approche de l’ouverture du 38e sommet de la Francophonie, ce 19 novembre, à Djerba, les autorités tunisiennes ont donné le coup d’envoi des festivités en inaugurant le village dédié à l’événement. Un rendez-vous en partie gâché par plusieurs ratés protocolaires.

Les Ministres et chefs de délégations des Etats et gouvernements membres de plein droit à la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) se sont réunis jeudi 28 octobre 2021, à l’invitation de la Secrétaire générale de la Francophonie, S.E.Mme Louise Mushikiwabo, après consultation et sous la présidence de S.E.M. Othman Jerandi, Ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger et Président en exercice de la CMF.

A l’issue d’échanges fructueux et traduisant l’esprit de solidarité entre les membres de la Francophonie, les Ministres et chefs de délégations des Etats et gouvernements ont approuvé les recommandations formulées le 12 octobre 2021 par le Conseil permanent de la Francophonie (CPF), et décidé de reporter au 19 et 20 novembre 2022 le XVIIIe Sommet de la Francophonie.

Ce report, décidé de manière consensuelle, permettra à la Tunisie d’organiser ce rendez-vous majeur dans les conditions les plus optimales.

L’OIF compte 88 États et gouvernements : 54 membres, 7 membres associés et 27 observateurs.

La Francophonie veut «redoubler d’efforts» contre le recul du français dans les instances internationales.

Malgré sa progression dans le monde, le français recule dans les organisations internationales. La secrétaire générale de la Francophonie entend donc interpeller les États membres sur le recul du français dans les organisations internationales lors du sommet de l’OIF les 19-20 novembre prochains, exhortant à «redoubler d’efforts» pour que la langue française«continue d’occuper sa place», a-t-elle souligné dans un entretien à l’AFP. «On se rend compte d’après nos rapports que dans les organisations internationales, il y a eu un recul» du français, constate Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), rencontrée au siège de l’organisation à Paris. Or «ce sont nos États qui siègent (…) et décident dans ces organisations et moi j’aimerais beaucoup les réveiller», relève-t-elle. Elle lancera donc un «appel» aux chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, lors de leur 18e sommet samedi et dimanche à Djerba (Tunisie).

Les chefs d’États seront appelés «à s’assurer de garder la langue française dans leurs instances internationales» et «dans l’enseignement au niveau des pays» notamment. Pour Louise Mushikiwabo, «c’est au niveau institutionnel qu’il faut redoubler d’efforts».

La Francophonie, ce sont des femmes et des hommes qui partagent une langue commune, le français. C’est ensuite un «dispositif institutionnel» visant à «promouvoir le français et à mettre en oeuvre une coopération politique, éducative, économique et culturelle» au sein des 88 États et gouvernements de l’OIF (54 membres, sept membres associés et 27 observateurs), précise l’organisation. L’OIF a pour missions de promouvoir la «langue française et la diversité culturelle et linguistique», «la paix, la démocratie et les droits de l’Homme», de développer la coopération économique et «d’appuyer» l’éducation.

321 millions de locuteurs

Louise Mushikiwabo souligne que selon les derniers chiffres de l’OIF, le nombre de locuteurs en français est passé de 300 millions en 2018 à 321 millions en 2022, soit une «augmentation de 7%» qui vient du continent africain. Elle confie être «mécontente par rapport à l’Union européenne (…) où l’on voit que la tendance, même dans les documents écrits, est d’aller vers la facilité qu’offre l’anglais, alors que l’UE est le deuxième bloc le plus important à la Francophonie».

«La langue française c’est le fondement même de notre organisation, mais on n’est pas du tout dans la suprématie de la langue française ; on n’est pas des jihadistes de la langue, on est là pour que la langue française soit enseignée, parlée, utilisée», explique-t-elle. Le rôle de la Francophonie, «c’est de s’assurer que la langue française continue d’occuper sa place». Ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo a été élue secrétaire générale en octobre 2018. Elle est seule candidate à sa succession. L’élection du prochain secrétaire général sera soumis au vote des chefs d’État et de gouvernement lors du sommet.

Alors que le thème du sommet est le numérique, Louise Mushikiwabo souhaite, si elle est réélue, «travailler à assurer une plus grande présence sur la toile» du français, «la quatrième langue la plus utilisée sur internet». Interrogée pour savoir si les récents mouvements anti-France dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest pourraient entraîner un rejet de la langue française, Louise Mushikiwabo dit ne pas partager cet avis. «La révolte qu’on voit dans la jeunesse francophone en Afrique vient d’un désenchantement politique», des «frustrations du quotidien» et vis-à-vis «de la classe dirigeante» et par extension de la France qui est l’ancien pouvoir colonial, déclare-t-elle. «Ce n’est pas du tout un rejet de la langue française».

«Ces pays ont investi énormément dans la langue française pour l’éducation, la communication», etc… «La langue française n’est pas prête à quitter le continent africain», juge-t-elle, appelant à une «réflexion» sur les crises qui secouent le monde francophone et la multiplication des coups d’État en Afrique de l’Ouest. «Je pense que nos dirigeants ont besoin d’écouter beaucoup plus, de faire attention aux citoyens, c’est pour cela que nos programmes à l’OIF ont été recentrés et resserrés pour créer un impact sur les citoyens», indique-t-elle.

JM

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