Le patron de Place Publique a remporté le premier tour de la primaire à 66 % des voix, devant Olivier Faure et Ségolène Royal.
Jusqu’au bout, l’exercice aura été chaotique. Après les violentes attaques entre candidats, les débats picrocholins sur le périmètre du scrutin ou l’exclusion inattendue de Philippe Brun, le premier tour de la primaire social-démocrate a été percuté vendredi par une cyberattaque sur la plateforme de vote. Obligeant les organisateurs à décaler d’une journée le verdict. « C’était le bordel », soufflait un cadre de Place Publique ce week-end, juste après le rétablissement complet de la procédure de vote.
Mais après ces nombreuses péripéties, l’heure du verdict est enfin venue. Sur les coups de 18h16, Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation de la primaire, a dévoilé les résultats du premier tour. Raphaël Glucksmann arrive en tête avec 66,13 % des voix, devant Olivier Faure (14,48 %), Ségolène Royal (7,62 %), Emmanuel Maurel (5,92 %) et Jérôme Guedj (5,83 %). Au total, 120 587 Français ont voté.
L’eurodéputé, partant avec une longueur d’avance sur ses concurrents grâce au soutien quasi assuré des militants de Place Publique, était annoncé comme favori du scrutin. Mais, sans cesse pilonné par ses adversaires au cours des débats, tantôt accusé de pencher au centre, tantôt qualifié de « stagiaire », Raphaël Glucksmann a pris de sérieux coups au cours de la campagne.
« Ça n’a pas toujours été d’un calme olympien, reconnaissait-il jeudi, en déplacement à Nancy. Mais c’est l’honneur de notre camp politique d’avoir un processus politique pour trancher entre les lignes ». Sa victoire au premier tour sonne donc pour lui comme une bouffée d’air. Son score marque aussi la nette victoire de son orientation pro-européenne et anti-LFI. « La gauche française, ce n’est pas jouer sur les noms juifs dans des meetings pour faire rire grassement une salle acquise », fustigeait-il encore jeudi à Nancy.
Mais le plus dur reste peut-être à venir. Cet intellectuel venu sur le tard à la politique a désormais pour mission de rassembler son camp et de révéler le drapeau d’une sociale-démocratie traumatisée par le score microscopique d’Anne Hidalgo en 2022. « Nous n’accepterons jamais la fatalité ! », ne cesse-t-il de répéter. La mission est titanesque
JM Source AFP