La disparition de Rolland Courbis bouleverse le monde du football et de la radio. Décédé à 72 ans ce lundi 12 janvier, l’ancien entraîneur et consultant emblématique de RMC aurait succombé à une infection pulmonaire.
Disparu ce lundi à l’âge de 72 ans, Rolland Courbis a été un joueur et un entraîneur marquants du football français, sans présenter un palmarès exceptionnel et malgré plusieurs affaires ayant jalonné son parcours et sa vie.
Luigi Alfano après la mort de Rolland Courbis : « Il était joueur dans la vie mais aussi joueur sur le terrain »
L’ancien défenseur de Toulon Luigi Alfano rend hommage à Rolland Courbis, mort ce lundi matin à l’âge de 72 ans, qu’il a connu comme coéquipier et comme entraîneur au SCT.
Ils s’étaient vus pour la dernière fois l’été dernier, à Toulon, à l’occasion d’un rassemblement des anciens du Sporting. Ils avaient « bien rigolé », confirme Luigi Alfano, ancien défenseur et symbole de ce SCT (il y a joué de 1978 à 1993). Mis au courant ce lundi matin de la disparition de Rolland Courbis (joueur puis entraîneur de Toulon dans les années 1980), l’Italien de 67 ans rend hommage à son ami.
« Quel genre d’homme était Rolland Courbis le Toulonnais ?
C’était un grand passionné de football, il ne vivait que pour ça. À table, avec des bouts de pain, il faisait les bonhommes : « On va jouer comme ça, lui, il va presser ». C’est un des premiers qui a fait une défense à cinq (à la fin des années 1980) : il y avait Bernard Casoni, Roger Mendy et moi arrières centraux, René Marsiglia à gauche, Jean-Louis Bérenguier à gauche. C’est un des premiers qui a fait ça. Il était joueur dans la vie mais aussi joueur sur le terrain, il inventait de ces trucs, et parfois qui marchaient bien. (Sourire.) C’était un personnage ! Je me rappelle d’une fois, je fais un match pas trop mal, le week-end d’après, il met en place l’équipe et je suis sur le banc. Je n’étais pas trop content. Je vais le voir à son bureau, il m’a tellement embrouillé qu’en arrivant, j’étais en colère et quand je suis sorti, j’avais le sourire. C’est du Rolland..
Que garderez-vous en mémoire de l’entraîneur ?
Ses causeries d’avant-match, c’était un truc à vivre. On n’avait qu’une seule envie, c’est rentrer sur le terrain le plus vite possible. Il n’y a qu’une fois, on était au vert à Bandol (Var), je ne sais plus contre qui on jouait, il avait eu une disparition dans son entourage, et c’était même émouvant la façon dont il avait agi : « Je ne vous ai jamais demandé de jouer pour moi, mais cette fois-ci… » Nous, on savait ce qui s’était passé, ça nous a marqués, on avait presque les larmes aux yeux. Je te dis pas sur le terrain, on était des lions. Il avait essayé de nous dire qu’il aurait bien eu besoin qu’on joue pour lui, parce que ça lui aurait fait du bien. C’était un grand, il était trop fort. Tu étais dans l’obligation de l’écouter. Il savait tout faire.
« Rolland disait souvent : « Les gars, celui qui sort pas ce soir, il ne joue pas ! » À table, c’est lui qui nous ramenait une bouteille de vin »
Que garderez-vous en mémoire de l’entraîneur ?
Ses causeries d’avant-match, c’était un truc à vivre. On n’avait qu’une seule envie, c’est rentrer sur le terrain le plus vite possible. Il n’y a qu’une fois, on était au vert à Bandol (Var), je ne sais plus contre qui on jouait, il avait eu une disparition dans son entourage, et c’était même émouvant la façon dont il avait agi : « Je ne vous ai jamais demandé de jouer pour moi, mais cette fois-ci… » Nous, on savait ce qui s’était passé, ça nous a marqués, on avait presque les larmes aux yeux. Je te dis pas sur le terrain, on était des lions. Il avait essayé de nous dire qu’il aurait bien eu besoin qu’on joue pour lui, parce que ça lui aurait fait du bien. C’était un grand, il était trop fort. Tu étais dans l’obligation de l’écouter. Il savait tout faire.
« Rolland disait souvent : « Les gars, celui qui sort pas ce soir, il ne joue pas ! » À table, c’est lui qui nous ramenait une bouteille de vin »
Il avait, aussi, des méthodes peu conventionnelles ?
Je me souviens d’un stage au Touquet (Pas-de-Calais), en début de saison, avec les nouveaux. Ils étaient peut-être quatre ou cinq. Nous, on allait toujours boire un coup en fin de journée, ça étonnait ceux qui arrivaient. Ils se demandaient si on avait le droit. Bien sûr qu’on pouvait sortir ! Rolland disait souvent : « Les gars, celui qui sort pas ce soir, il ne joue pas ! » À table, c’est lui qui nous ramenait une bouteille de vin, on avait droit à un verre par joueur, pour ceux qui en voulaient. Tu imagines, ton entraîneur, en D1, qui te ramène le vin à table ? (Sourire.) C’était un grand, Rolland. »

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