À l’occasion de son message de vœux à la Nation, le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a livré un discours axé sur la paix, la stabilité et le rejet de la violence comme mode d’expression politique.
Dans un contexte marqué par une année électorale intense, le chef de l’État ivoirien a rappelé que « la démocratie et la prospérité ne peuvent se construire dans la violence », une formule qui résume l’orientation centrale de son allocution.
Une année électorale présentée comme un test démocratique
Revenant sur l’année 2025, le président Ouattara a mis en avant la tenue de l’élection présidentielle du 25 octobre et des élections législatives du 27 décembre, qu’il a qualifiées de démocratiques et transparentes. Selon lui, ces échéances ont démontré la maturité politique du peuple ivoirien et son attachement aux institutions républicaines, malgré des tensions et incidents qualifiés d’isolés.
À travers ce bilan, le chef de l’État cherche à consolider la légitimité issue des urnes et à inscrire son nouveau mandat dans une continuité institutionnelle, marquée par la stabilité et le respect de l’ordre constitutionnel.
La non-violence comme message politique central
La phrase clé du discours – « la démocratie et la prospérité ne peuvent se construire dans la violence » – apparaît comme un avertissement autant qu’un appel. Elle s’adresse à l’ensemble des acteurs politiques, notamment dans un contexte régional ouest-africain fragilisé par des crises politiques, des transitions militaires et des contestations électorales.
En insistant sur le dialogue, la paix et le respect des règles démocratiques, Alassane Ouattara tente de poser la Côte d’Ivoire comme un pôle de stabilité dans la sous-région, tout en appelant à la responsabilité collective à l’intérieur du pays.
Une feuille de route économique et sociale pour 2026
Au-delà du message politique, le discours de Nouvel An esquisse les grandes priorités gouvernementales pour l’année 2026. Le président a annoncé la poursuite des investissements dans les infrastructures, notamment les routes, l’énergie, l’eau potable et les transports, ainsi que l’accélération de l’industrialisation et de la transformation locale des produits agricoles.
Il a également insisté sur l’amélioration de la qualité des services publics, la promotion du secteur privé et le renforcement de la bonne gouvernance, avec un accent particulier sur la transparence financière et la lutte contre les flux financiers illicites.
Un geste d’apaisement social
Dans un registre plus symbolique, le chef de l’État a annoncé une mesure de grâce présidentielle et de remise de peine concernant plusieurs milliers de détenus. Cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de réconciliation et d’apaisement social au début de la nouvelle année, après une période électorale parfois tendue.
Un discours rassembleur, mais scruté
Si le discours se veut rassembleur et optimiste, il n’échappe pas à certaines lectures critiques. Pour une partie de l’opposition et de la société civile, la stabilité mise en avant ne saurait occulter les défis persistants liés à la gouvernance, aux inégalités sociales et à la confiance entre acteurs politiques.
Reste que, par ce message de Nouvel An 2026, Alassane Ouattara réaffirme une ligne constante de son action politique : faire de la paix et de la stabilité les conditions préalables du développement économique et de la consolidation démocratique en Côte d’Ivoire.
Bonnie Wiseman à Paris

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