23 mars 2026
Paris - France
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L’ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, est mort à l’âge de 88 ans

L’ancien Premier ministre, Lionel Jospin, qui avait annoncé avoir subi une « opération sérieuse » en janvier dernier, est mort à l’âge de 88 ans.

L’ancien Premier ministre Lionel Jospin est mort à l’âge de 88 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Début janvier, dans une déclaration transmise par son entourage, il avait annoncé avoir subi « une opération sérieuse » et être de retour à son domicile « en convalescence », sans en préciser le motif ni la gravité.

« A tous ceux qui s’inquiètent de ma santé, je souhaite donner les éléments suivants : j’ai subi une opération sérieuse qui s’est bien passée. Je suis désormais de retour à la maison en convalescence », avait-il assuré.

Un énarque, socialiste de cœur

Figure de proue du mitterrandisme, Lionel Jospin débute son parcours politique et militant à la fin des années 1950 en intégrant le bureau de l’Unef, syndicat étudiant encore très actif aujourd’hui, mais principalement orienté contre la guerre d’Algérie à l’époque. C’est à cette période qu’il rencontre notamment Claude Allègre, qui deviendra son ministre de l’Education nationale de juin 1997 à mars 2000 (avant de tourner climatosceptique dans les années 1990).

Enarque de la promo de 1965 – la même que celle de Jean-Pierre Chevènement et Jacques Toubon qu’il recroisera à de nombreuses occasions –, Lionel Jospin fait ses premiers pas dans un parti politique au sein du Parti socialiste unifié (PSU). A sa sortie de l’Ena, âgé de seulement 28 ans, il est affecté au Quai d’Orsay comme haut fonctionnaire. Il y restera cinq ans.

Une ascension fulgurante au PS

En 1971, il décide de rejoindre le parti de François Mitterrand, alors nommé Premier secrétaire du Parti socialiste à la suite du Congrès d’Epinay baptisé « d’unification des socialistes ». Deux ans plus tard, il est nommé au secrétariat national du PS. Dès 1981, alors que François Mitterrand se lance dans la campagne présidentielle, il décide de laisser les rênes du parti à Lionel Jospin. Bien qu’il n’intégrera pas le premier gouvernement de Mitterrand, il devient néanmoins député de Paris, et restera Premier secrétaire du PS jusqu’à la fin du septennat, en 1988.

Finalement réélu pour un second mandat, Mitterrand lui confie cette fois le ministère de l’Education nationale, bien que Jospin, qui en profite pour quitter ses fonctions de Premier secrétaire du PS, lui a réclamé le Quai d’Orsay. Pendant ses quatre années à l’Education, il fait adopter la « loi Jospin » qui réforme notamment la formation des enseignants.

Une difficile cohabitation

Il vit une petite traversée du désert au début des années 1990, après son départ du gouvernement en 1992 et son échec aux élections législatives l’année qui suit. Jusqu’en 1995. Cette année-là, il est désigné par le PS, candidat du parti à l’élection présidentielle, en lieu et place de Jacques Delors qui annonce y renoncer. Et se retrouve, contre toute attente, en tête au 1er tour, face à Jacques Chirac et Edouard Balladur, tous deux candidats du Rassemblement pour la République (RPR, parti de droite). Mais il ne transformera pas l’essai au second tour, et c’est Jacques Chirac qui prendra place à l’Elysée pendant près de douze ans.

Deux ans plus tard, pourtant, Lionel Jospin prend ses quartiers à Matignon. A la suite de législatives qui voient la victoire de la gauche grâce à une unification des différents partis qui la compose, la dissolution de l’Assemblée nationale est enclenchée le 21avril 1997 par Jacques Chirac. Le président en place décide alors, en toute logique, de proposer le siège de Premier ministre à celui qui est redevenu Premier secrétaire du PS. Lors de son passage à Matignon, seront notamment mis en place les 35 heures, le PACS pour tous, la Couverture maladie universelle (CMU), entre autres.

Il restera à Matignon jusqu’en 2002, année de son second échec à la présidentielle lors de laquelle il sera éliminé dès le premier tour. Cette année-là, le parti de Jean-Marie Le Pen, le Front national, ancêtre du Rassemblement national, accède pour la première fois au second tour.

Le retrait de la vie politique

A partir de là, Lionel Jospin se fait plus discret. Après avoir soutenu la candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007, il est finalement nommé par François Hollande, en 2012, à la tête d’une Commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique, qui sera notamment à l’origine de la loi sur le cumul des mandats.

De 2015 à 2019, il est nommé membre du Conseil Constitutionnel. Puis s’éloigne peu à peu de la vie politique. Il ne fera, par la suite, que de très brèves déclarations : l’une notamment en 2022, annonçant son vote pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle pour faire barrage au RN. Une autre lors des législatives anticipées de 2024 pour soutenir ouvertement le Nouveau front populaire.

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