26 septembre 2022
Paris - France
AFRIQUE

ENTRETIEN EXCLUSIF de l’ancien ministre Emmanuel Olivier Gabirault sur les inondations à Bangui, les solutions pour les atténuer et ses actions entreprises en matière d’assainissement de la ville de Bangui.

Continent Media (CM):
Monsieur le Ministre, vous avez été Ministre des Transports, des Travaux Publics, de l’Habitat et Aménagement du Territoire, ensuite Maire de BANGUI..
Nous allons nous entretenir sur les inondations surtout à BANGUI en tant qu’urbaniste de formation, Ministre de l’Habitat et Maire .
CM: Que pensez-vous de ces inondations?
Emmanuel Olivier Gabirault (EOG)
Les inondations de cette année ont un très grand impact à cause du changement climatique, de l’ensablement excessif du fleuve Oubanqui, de la configuration géographique de BANGUI, de l’imperméabilisation de son sol, de l’insuffisance des collecteurs, des constructions incontrôlées, de la surdensification, de la taudification, de la squattérisation, bref des conditions malsaines de certaines zones. A tout cela s’ajoute les eaux provenant des nappes phréatiques.
Le plus inquiétant est que selon un rapport du cabinet Verisk Maplecroft publié dans le journal « LE MONDE » du 14 novembre 2018, les menaces liées au changement climatique vont faire peser un risque « extrême » à trois villes africaines, notamment BANGUI (Centrafrique), MONROVIA (Libéria) et MBUJI-MAYI ( République Démocratique du CONGO).
Il est fondamental que les pouvoirs publics prennent des dispositions spécifiques dès à présent, que les populations soient sensibilisées également pour avoir une culture des risques à venir.
CM
Dans votre réflexion écrite du mois d’octobre 2013 vous décriviez la configuration de BANGUI et ses divers problèmes d’assainissement. J’aimerais savoir si vous aviez entrepris des actions comme Maire ou Ministre de l’habitat pour y faire face.
E.O.G
Tout d’abord ma réflexion écrite de 2013 est extraite elle-même de mes travaux de fin de cycle de l’Université PARIS II Panthéon Assas en 1981 sur le thème « URBANISATION INCONTRÔLÉE DE BANGUI ET SES CONSEQUENCES ».qui pour la petite histoire avait reçu la mention « EXCELLENCE, FELICITATIONS SPECIALES DU JURY »
Un exemplaire avait été envoyé à l’époque au Gouvernement et à l’Université de BANGUI. C’est un travail de plus de 300 pages dont l’extrait concernant les inondations a été publié en ligne par Centrafrique presse et plusieurs journaux en 2013.
C’est ce même extrait qui est ressorti par certains compatriotes comme maintenant, à chaque inondation, suscitant la confusion chez certains qui se demandent pourquoi maintenant?
Pour répondre à votre question, j’aimerais d’abord vous préciser qu’une publication de l’ensemble de toutes mes actions au service de notre pays sera bientôt disponible pour d’une part l’information de la nouvelle génération et d’autre part comme tout homme public devant rendre compte de sa gestion.
Concernant la question liée à l’assainissement quand j’étais Ministre de l’habitat, ensuite Maire de BANGUI pendant respectivement 18 et 21 mois, j’ai effectivement commencé des actions en raison de l’ampleur de ce problème, notamment par les réalisations suivantes:
I- COMME MINISTRE DE L’HABITAT PENDANT 18 MOIS
– CREATION DU FONDS D’AMENAGEMENT ET D’EQUIPEMENT URBAINS (FAEU)
Comme son nom l’indique ce fonds qui est toujours opérationnel, a pour principal objectif l’aménagement, l’équipement des terrains en VRD(voirie, réseaux, divers) pour les rendre constructibles. Le projet de sa création a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée Nationale lorsque je l’ai présenté.
-AMENAGEMENTS FONCIERS A PELEMONGO (CATTIN) DANS LES ZONES D’EXTENSION DE LA VILLE.
L’extension de la ville de BANGUI étant linéaire, radiale à cause de sa configuration géographique, des aménagements fonciers dans les zones de son développement ont été réalisés, notamment à PELOMONGO (CATTIN), dans le secteur de BIMBO.
Ces aménagements ont fait l’objet de cessions dont les premiers produits ont alimenté le FONDS D’AMENAGEMENT et D’EQUIPEMENT URBAINS à travers un compte bancaire bloqué juste avant mon départ du gouvernement.
-ACTIONS DE TRANSFORMATION PHYSIQUE DU VISAGE DE LA VILLE
Dans la perspective de faire libérer des espaces à assainir et moderniser la ville, deux actions importantes ont été menées en direction d’une part des fonctionnaires moyens et d’autre part des personnes ayant peu ou sans moyens.
– NEGOCIATION AVEC LE MAROC POUR LA CONSTRUCTION DE 2300 LOGEMENTS
Des négociations ont été menées avec le MAROC pour la construction de 2300 logements en CENTRAFRIQUE.
La concession d’un site a été proposée dans ce cadre pour amoindrir le coût des maisons. Notre pays ne disposant pas de structures bancaires du financement de logements, l’accessiblité de ces logements aux fonctionnaires moyens avait été conditionnée par la baisse du taux de crédit bancaire promise par le gouvernement, condition qui n’a malheureusement pas été satisfaite.
-PROJET D’OUVERTURE DE VOIES AVEC INDEMNISATION DE 20613 MAISONS CONTRUITES DANS L’AXE DE 672 KM DE VOIES URBAINES
Je rappelle tout d’abord qu’en dehors d’un embryon de politique de l’habitat commencé en 1946 donc avant l’indépendance sur financement du FIDES (Fonds d’Investissement pour le Développement Economique et Social), rien n’a été réellement fait après.
Or dès la suppression du laisser-passer colonial pour aller d’une localité à une autre et la proclamation de l’indépendance considérée par la population comme un boom économique, des vagues massives et ininterrompues de personnes se sont déversées à BANGUI, mettant les pouvoirs publics dans l’impossibilité de discipliner l’occupation anarchique des zones de surcrôit malsaines.
Pour commencer à y faire face, assainir les zones squattées et moderniser la ville,
des ouvertures des voies avec indemnisations de 20613 maisons à l’époque implantées dans l’axe de 672 km de voies urbaines a été décidée.
L’indemnisation progressive sur la base d’une moyenne de 1 million CFA par logement, soit 20 613 000 000 CFA devrait libérer des espaces pour moderniser la ville.
Dans ce cadre, une planification de l’indemnisation de 150 maisons pour un début, à partir de l’année 1995 a été proposée peu avant mon départ du gouvernement.
-RECONSTRUCTION DE DEUX PONTS SUR L’AVENUE DES MARTYRS
Deux ponts sur l’avenue des Martyrs non loin du commissariat de police du 8è arrondissement et du marché combattants détruits par l’érosion consécutive aux eaux de pluies ont fait l’objet d’une reconstruction plus solide avec un diamètre mieux redimensionné afin de préserver la circulation en direction de l’aéroport de BANGUI MPOKO.
RECONSTRUCTION DU PONT DE LA SORTIE NORD SUR LA RN2
Un autre pont situé à la sortie Nord sur la RN2 se trouvant dans la même situation à la suite de fortes pluies a été reconstruit dans le cadre des mesures d’assainissement.
Les ponts qui sont détruits dans la capitale expliquent clairement sa configuration, les vitesses de ruissellement d’eau, les affouillements des pieds de ces ouvrages qu’il convient de surveiller à tout moment.
-DIRECTIVES DONNEES PAR ARRETE INTERMINISTERIEL
Un arrêté interministériel comportant les directives suivantes a été signé quelques semaines avant mon départ du gouvernement, portant sur:
– l’étude de nouveaux documents de planification urbaine (schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme) devant remplacer les anciens plans devenus caduques depuis plusieurs décennies afin de discipliner l’utilisation de l’espace ;
– la mise en place de l’opération « Auto construction assistée » devant permettre de réaliser des constructions pour le plus grand nombre sans ou ayant des moyens insuffisants, allant du traditionnel au semi-moderne et moderne, avec des matériaux locaux (depuis le sol jusqu’à la toiture en passant par les murs), ayant un caractère évolutif, prenant en compte les moyens des familles, leur composition, mais surtout sur des parcelles légalisées, donc assainies ;
– le développement accentué des matériaux locaux quant à leur identification ;
– la politique de leur production et de leur consommation ;
– la perspective de la mise en place d’une cimenterie, liée à la réalisation d’un barrage de retenue d’eau et de production d’énergie électrique suffisante et bon marché etc.
L’ensemble de cette politique avait essentiellement pour but de faire face au déficit cumulatif, quantitatif et qualitatif en logement dans le pays et principalement dans la capitale qui abrite plus du cinquième de la population centrafricaine. Elle devrait également réduire la surdensification des habitations et quartiers, source de divers maux, leur modernisation et même celle des villages.
II-COMME MAIRE PENDANT 21 MOIS
-TRAVAUX D’ASSAINISSEMENT ET DE DRAINAGE A MALIMAKA ET COMBATTANTS
Sur un financement de la Banque Mondiale, d’importants travaux d’assainissement, de drainage, d’ouverture de voies, de décasement, de construction d’un collecteur maçonné de plusieurs km reliant l’Avenue KOUDOUKOU à l’Avenue des Martyrs au niveau du quartier Combattants ont été réalisés.
Cette opération a soulagé les habitants de cette zone très densifiée des dégâts fréquents d’inondations pendant la saison de pluies.
-PROJET PILOTE « KPETENE »
Toujours dans le cadre de l’assainissement, l’opération s’est poursuivie à KPETENE situé près du fleuve afin d’éviter des inondations en aval.
Financée inititialement à la hauteur de 400 millions CFA, sa réussite a permis l’obtention d’un financement de 1,5 milliard CFA au mois de mai 1997, peu de temps avant mon départ de la mairie, pour les travaux à MAMADOU MBAIKI, WALINGBA, NGOUCIMENT, GBAKONDJA etc.
-ASSAINISSEMENT DE L’AVENUE DES MARTYRS PAR UNE ARCHE SOUTERRAINE
L’érosion des collines déversant souvent à l’époque des cailloux et autres débris sur l’Avenue des Martyrs en cas de fortes pluies indépendamment de l’inondation de celle-ci, une arche souterraine de grand diamètre y a été posée au niveau de l’Ecole Normale Supérieure pour faire face à ces problèmes.
-REDIMENSIONNEMENT DU PONT BEN ZVIT
Afin d’éviter l’inondation des quartiers environnants immédiats, le pont BEN ZVIT a été refait de manière à répondre aux exigences de la grande buse installée sous l’avenue des Martyrs.
-CANAL OUVERT A TRAVERS LES 36 VILLAS
En aval du pont souterrain de l’avenue des Martyrs, un canal maçonné a été réalisé à travers les 36 Villas pour faire jonction avec celui en provenance de BOY RABBE, avec une liaison au niveau du Lycée Barthélémy Boganda.
-REHABILITATION ET CONSTRUCTION DE MARCHES MODERNES A BANGUI.
La réhabilitation des marchés de BANGUI et la construction de nouveaux marchés dans des quartiers ont été entreprises avec le concours de la Caisse Française de Développement pour un montant de sept milliards CFA.
-ENLEVEMENT D’ORDURES MENAGERES
Chaque habitant de la ville de BANGUI occasionnant en moyenne 6O grammes d’ordures par jour à l’époque, l’un des problèmes préoccupants était bien évidemment leur enlèvement. Des démarches entreprises auprès du Gouvernement allemand ont abouti à la promesse d’une aide en matériel (camions et bennes) d’une valeur d’un Milliard CFA, mais conditionnée par la mise en place d’une taxe affectée pour en assurer l’entretien.
La Mairie a pour cela proposé au Gouvernement une taxe sur la boisson, ayant pratiquement un caractère insensible et moralisateur, examinée favorablement par une commission interministérielle. La proposition de cette taxe n’ayant malheureusement pas été inscrite au budget national par omission du Gouvernement, malgré d’incessantes correspondances de relance de la Mairie, l’aide a été ainsi perdue.
-PROJET MIACOM (MISSION D’ASSISTANCE AUX COMMUNES)
Président de l’Association des Maires de Centrafrique, et conscient des difficultés matérielles de l’ensemble des communes pour des réalisations, j’ai proposé un projet aux bailleurs de Fonds dénommé Mission d’Aménagement des Communes (MIACOM). L’objectif était de mettre en place avec plusieurs partenaires réunis, la réalisation des travaux d’aménagement, d’assainissement, d’enlèvement d’ordures dans les différentes communes du pays.
Ce projet commun devrait être créé avec les apports de la coopération française (FAC) et allemande (KFW) en vue de la réalisation non seulement des opérations d’assainissement, mais également d’enlèvement d’ordures.
Deux missions française et allemande venues à BANGUI ont examiné favorablement cette proposition, sous réserve de la création de la taxe demandée par le Gouvernement allemand pour le fonctionnement de la structure.
La taxe n’ayant pas été inscrite au budget national, par semble-t-il une seconde omission, malgré d’incessants rappels écrits de la Mairie, ce projet a été naturellement perdu.
-REGLEMENTATION DE L’OCCUPATION DU DOMAINE PUBLIC
Les principaux occupants des zones étant de petits commerçants communément appelés « Boubanguérés », il était hors de question de supprimer leurs activités du fait de l’impact économique, sociologique et culturel de cette classe de la population qui contribuait à l’animation ainsi qu’au développement de toute une partie de la ville.
Des conditions et procédures d’agrément ont été pour cela fixées, tout ceci à la fois pour discipliner l’utilisation du sol dans le cadre de leurs activités économiques, et préserver l’harmonie architecturale, la salubrité, l’environnement dans la ville.
Des modèles de kiosques ont été ainsi conçus dans ce cadre pour toutes les activités au centre ville allant du coiffeur jusqu’au vendeur de vêtements en passant par le marchand de légumes.
-PROJET D’ECOLOGIE URBAINE
La ville, dénommée par les écologistes « BANGUI LA COQUETTE » ou « BANGUI VILLE VERTE » a perdu ce caractère par la dégradation des collines Bas OUBANGUI, due essentiellement à l’extraction de matériaux, la culture de champs, l’abattage d’arbres, la chasse, les incendies, les constructions.
Afin de restaurer ce site qui constitue une grande richesse touristique pour la ville par une vue panoramique, la faune et la flore qu’il offre, des démarches de financement auprès de l’Allemagne ont été entreprises dans le cadre d’un projet d’écologie urbaine. La mairie et le Ministère des Eaux et Forêts devraient collaborer pour sa protection ainsi que son développement.
Ce projet n’a pu être réalisé au moment de mon départ de la mairie.
-TECHNIQUE DE HAUTE INTENSITE DE MAIN D’OEUVRE (THIMO)
Plus de 600 emplois ont été créés grâce à ce procédé pendant plusieurs mois.
-RAJEUNISSEMENT ET MUNICIPALISATION DES CADRES RECRUTES
De jeunes cadres (ingénieurs, urbanistes, architectes, juristes etc ont été recrutés, encadrés sur le terrain pour l’ensemble des opérations auxquelles ils ont participé efficacement avec le sentiment réel d’appartenance à l’institution.
Ils ont constitué pour la première fois l’ossature technique de la Mairie qui jusque là faisait appel aux cadres détachés provisoirement du Ministère des Travaux publics.
CM:
QUELLES SONT LES ZONES QUI SONT TOUCHEES PAR LES INONDATIONS ?
E.O.G
Les zones les plus touchées sont situées au bord du fleuve à cause notamment de l’ensablement de l’Oubangui, de l’imperméabilisation du sol et surtout de la quantité d’eaux pluviales incessantes.
Il y a également le Sud, Sud-Est, Sud-Ouest des collines surplombant BANGUI, les parties malsaines squattées,non aménagées principalement.
L’ensablement du fleuve Oubangui qui n’a pas été dragué depuis longtemps par le Service d’entretien des voies navigables est tel qu’il manque de profondeur pour recevoir les eaux de pluies venant des collecteurs.
Ainsi au lieu que les eaux des collecteurs se jettent dans l’Oubangui et s’écoulent normalement, ce sont au contraire le fleuve qui déborde en y renvoyant les siennes, créant des inondations qui s’éparpillent.
Les eaux des nappes phréatiques complètent ce triste tableau et aggravent également la situation, sans oublier bien évidemment la nature argileuse du sol qui ne permet pas l’absorbtion rapide de toutes ces eaux.
Voici brièvement comment se présente la situation.
CM:EN VOTRE QUALITE D’HOMME POLITIQUE DE PREMIER RANG, QUE PROPOSEZ-VOUS COMME SOLUTIONS
EOG : Avec les conséquences du réchauffement climatique qui place BANGUI en tête des villes africaines à « risques extrêmes » devant MONROVIA et MBUJIMAYI, des dispositions sont à prendre dès à présent à travers des « Directive Inondation » , Stratégie ou Plan de gestion de risques d’inondation pour atténuer la situation dans l’avenir.
Tout d’abord une clarification des responsabilités des différents ministères impliqués, de la mairie, du Service d’entretien des voies navigables, des chefs de quartier et des associations est nécessaire .
Le Ministère des affaires sociales a certes un rôle important à jouer, mais d’une manière générale, les conséquences des inondations touchent les personnes, les logements, l’activité économique, engendrent des dysfonctionnements sur les réseaux (eau potable, électricité, le téléphone, les routes, les transports) tout en impactant directement ou indirectement toute une population, toute une ville.
Au titre de quelques mesures de prévention à faire mettre en place par le service d’entretien des voies navigables, il y a par exemple:
-LES REPERES DE CRUE A INSTALLER
Ces repères, qui indiquent le niveau le plus haut de la montée des eaux pour une crue donnée, s’ils sont placés de façon très visible à des endroits fréquentés frappent en général les esprits et permettent ainsi de sensibiliser à peu de frais la population au risque d’inondation.
Les marques se présentent sous différentes formes : trait gravé, plaque métallique, macaron, etc. Les informations apportées doivent être conservées pour maintenir la mémoire collective et transmettre la connaissance du risque.
Il est donc essentiel de laisser des traces matérielles pour sensibiliser, entretenir et transmettre une mémoire collective des crues d’un cours d’eau.
Une mauvaise connaissance du phénomène inondation conduit souvent soit à minimiser le risque en oubliant les évènements passés, soit à mystifier une crue ancienne, qui a laissé des souvenirs terribles, car aucune donnée, source ou référence n’ont permis de la relativiser.
-L’ECHELLE LIMNIMETRIQUE
L’échelle limnimétrique est un élément de lecture et d’enregistrement du niveau de l’eau.
En lave émaille bicolore (rouge et blanc) elle complète les repères de crue et a pour fonction d’attirer l’attention du public et d’indiquer la hauteur de chaque repère par rapport au sol, et donc la hauteur de submersion observée localement.
L’échelle limnimétrique installée à KEMBA sur le Haut Oubangui était relevée quotidiennement pour les besoins de l’étiage des eaux pour la navigation des bateaux.
Ces échelles devraient être restaurées par le Service d’entretien des voies navigables (S.E.V.N) car devant permettre au gouvernement d’anticiper les mesures à prendre par rapport à des risques d’inondation.
-OPERATION DE DESENSABLEMENT DU FLEUVE OUBANGUI
Toutes ces dispositions doivent être complétées par des opérations de dragage du fleuve Oubangui très ensablé ces dernières décennies par manque d’entretien, de balisage surtout à la hauteur de BANGUI.
-MISE EN PLACE D’UNE CARTOGRAPHIE DE ZONES A RISQUES D’INONDATION
Les zones d’inondations devraient être identifiées selon une classification afin de pouvoir prioriser les actions d’anticipation.
OPERATION DE REMBLAIEMENT DES ZONES A RISQUES
Les zones présentant des risques d’inondation devraient être soit interdites à la construction, soit faire l’objet de remblaiement et surtout soumises strictement après tassement, à des autorisations d’occupation des services de l’Etat.
-AUGMENTATION DU NOMBRE DE COLLECTEURS EN TENANT COMPTE DU NIVEAU DES COURS D’EAU OUBANGUI ET MPOKO
La gravité des inondations des quartiers SAPEKE, PETEVO, KOLONGO, BIMBO etc est due beaucoup plus à une absence de canalisations des deux zones marécageuses, de marais qui les ceinturent, notamment celles allant du CPI en direction de BIMBO et l’autre, parallèle, longeant SAPEKE vers le commissariat du 6e arrondissement.
Des études portant sur la réalisation d’au moins deux collecteurs à ces endroits humides devraient atténuer les risques d’inondation dans les alentours, indépendamment de leur remblaiement avec du sable et de la latérite.
-CURAGE ET MAINTENANCE REGULIERS DES COLLECTEURS EXISTANTS
-MESURES TOUCHANT LE CONTRÔLE DE LA CONSTRUCTION
En prévision des effets du réchauffement climatique, et pour mieux discipliner la construction, réduire les risques d’écroulements meurtriers des maisons, le gouvernement devrait rendre obligatoire le permis de construire avec un contrôle spécifique portant sur la nature du sol, les plans de ferraillage, de fondation etc.
L’Instauration, la déclaration, le contrôle rigoureux de zones inconstructibles est également nécessaire ;
Le renforcement non seulement de l’autorité des services de l’urbanisme, mais en moyens matériels pour ces nouvelles missions.
-INTRODUCTION DE METHODES ET MATERIAUX PLUS RESISTANTS AUX INONDATIONS
– COLLECTE ET TRAITEMENT REGULIERS DES ORDURES DE LA VILLE
– MOBILISATION DES BAILLEURS DE FONDS SUR LES INONDATIONS AVEC DES DOSSIERS COMPLETS PRENANT EN COMPTE DES MESURES A METTRE EN OEUVRE AVANT, PENDANT ET APRES LES INONDATIONS.
Bref voici ce que je pense en ce qui concerne quelques mesures destinées à atténuer les effets des prochaines inondations.
CM:
Sans indiscrétion, serez-vous candidat aux prochaines élections générales?
E.O.G:
Ce n’est nullement une préoccupation pour moi.                                       ENTRETIEN REALISE PAR  Jean MOLIERE
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