30 septembre 2022
Paris - France
ECONOMIE

Côte d’Ivoire : Selon une étude, en 2019 la corruption a fait perdre environ 1400 milliards de FCFA au pays

La corruption représente une grosse perte pour l’État de Côte d’Ivoire, rappelle le Ministère de la Promotion de la Bonne Gouvernance, et de la Lutte contre la Corruption, dans un spot publi…

A l’occasion d’une conférence de presse le mardi 1er février 2022, Fousseny Touré, Directeur de la Communication du ministère de la Promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la Corruption a révélé le montant des pertes dues à la corruption subie par la Côte d’Ivoire.

« En 2019, selon une étude réalisée, la Côte d’Ivoire a perdu environ 1400 milliards de FCFA, ce qui représente 64% du service de sa dette. En effet, le poids public pour 2021 s’élève à 2132 milliards de FCFA. Ainsi, en luttant efficacement contre la corruption, la Côte d’Ivoire pourrait réduire le poids de la dette de 64%. Soit 4 fois le montant des dons reçus par le pays la même année, c’est-à-dire dire 300 milliards de Fcfa », a-t-il fait savoir.

 La corruption est un véritable poison qui tue l’économie de nos États et les empêche par conséquent de se développer. En Côte d’Ivoire, ce phénomène, depuis des lustres, s’est installé durablement et est presque devenu une norme, notamment dans l’administration publique. Cette pratique, selon les études menées par la CAPEC combinées à celles du ministère en charge de la bonne gouvernance, ont fait perdre au pays en 2019, environ 1400 milliards de FCFA.

Ces chiffres ont été révélés, ce dimanche 24 juillet 2022, par Jacques lll Achiaou, Directeur de la sensibilisation et de l’éducation à la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, sur le plateau du journal de 13 h, dans ” dimanche magazine”.

À en croire, au niveau africain, les pertes dues à la corruption tournent autour de 138 milliards de dollars, c’est-à-dire, approximativement 5 fois le montant alloué à l’aide au développement.

Il y a donc urgence pour les pays africains de mettre en place des stratégies pour freiner ce phénomène qui leur fait tant de mal dans leur progression. En Côte d’Ivoire, les autorités ont pris à bras le corps la lutte contre la corruption en mettant en place en 2013, la Haute Autorité pour la bonne gouvernance.

Si près de 10 ans après la mise sur pied de cette structure, les résultats escomptés ne sont pas encore probants, il faut noter cependant qu’elle a tout de même fait bouger certaines lignes, si l’on s’en tient aux dires de Jacques lll Achiaou.

” La Côte d’Ivoire, on peut le dire, revient de loin, car en 2010, nous étions au bas de l’échelle au niveau du ranking des pays les plus corrompus. Aujourd’hui, c’est vrai que nous n’avons pas encore passé la ligne médiane, mais nous avons gagné des places. Nous occupons aujourd’hui la 105e place au classement sur 178 pays”, a fait savoir Jacques lll Achiaou.

Pour lui, la lutte contre la corruption n’est pas un combat qui peut se gagner sur le court et moyen terme.

” Il faut du temps pour vaincre ce phénomène. Il y a 10 ans la corruption était quelque chose de banale en Côte d’Ivoire, mais aujourd’hui, tout le monde est en train de se coaliser contre ce fléau. C’est déjà cela qu’il faut regarder”, a-t-il dit.

Outre la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, l’on note l’existence de deux autres structures à savoir l’Inspection Générale d’Etat et le Ministère en charge de la Bonne Gouvernance qui oeuvrent dans le même domaine, avec chacune des missions spécifiques.

“L’Inspection Générale d’Etat a pour mission de faire des contrôles sur l’administration publique. Il y a aussi le CENTIF qui est une structure de renseignements qui elle, s’occupe de la question du blanchiment d’argent et le ministère de la bonne gouvernance qui a pour mission principale de veiller à la promotion de la bonne gouvernance. Ces trois structures travaillent de concert de sorte à éviter que la mal gouvernance et la corruption ne s’installent durablement dans notre pays”, a-t-il expliqué.

L’une des décisions concrètes prises dans le cadre de la lutte contre la corruption et la mal gouvernance est incontestablement la déclaration de patrimoine à laquelle sont assujetties les autorités.

” Elles sont tenues de le faire au début et à la fin de leur mission ou de leur mandat à la tête de l’institution qu’elles ont eu à diriger. La loi a décidé pour l’instant de rendre confidentiel le patrimoine à déclarer. Cependant, l’objectif est de faire peser sur tout agent public, un peu plus de transparence. Il est important de savoir ce que vous avez avant de gérer pour que vous ne fassiez pas la confusion entre vos biens personnels et ceux de la société”, a précisé Jacques lll Achiaou.

Une stratégie nationale de lutte contre la corruption est également en train d’être mise en oeuvre. D’ors et déjà, les solutions réelles pour freiner l’avancée du fléau sont celles de la sensibilisation et l’éducation à la bonne gouvernance.

La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, notons-le, est présidée par N’Golo Coulibaly. Elle a un budget d’environ 3 milliards de FCFA. Elle peut être saisie par plainte ou par dénonciation directement envoyée au président de l’institution. La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance est indépendante et assure une mission de prévention et de lutte contre la corruption. Elle ne fonctionne pas comme une juridiction.

Africa-Press

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