Le district d’Abidjan a entamé une nouvelle vague de destruction de logements précaires, dans des zones jugées dangereuses. Des habitants et une partie de l’opposition dénoncent des méthodes brutales et un manque d’indemnisation.
Droit dans ses bottes de chantier, le district d’Abidjan continue ses opérations de « déguerpissements », en vue de « restaurer l’ordre urbain » et de « sauver des vies ». Sont notamment concernées des zones inondables proches du port. Mardi 2 juin, ce sont les habitants du quartier « Vridi 3 » – communément appelé « Zimbabwe » – qui ont vu débarquer, dès l’aube, des bulldozers, pour un jour et demi de destruction, sous l’œil des forces de sécurité.
Si le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a apporté son soutien aux opérations, la commune qui abrite le quartier concerné s’est fait l’écho des plaintes des populations déguerpies. Pilotée par l’opposition, la mairie de Port-Bouët a déploré les « méthodes » employées et appelé à la « prise en charge urgente » des populations sans abri.
Si des personnes déguerpies sous-entendent, dans des micros-trottoirs, que les autorités les auraient prises par surprise, les empêchant même de rassembler papiers administratifs et médicaments, l’inflexible district d’Abidjan affirme, dans un communiqué, que les opérations de destruction ont été officiellement annoncées « depuis plusieurs mois ». Les démolitions pourraient d’ailleurs reprendre vendredi 12 juin.
Les déguerpissements de cette semaine sont intervenus après une première vague de démolitions, en 2023 et 2024, dans plusieurs quartiers précaires de la ville. Il était déjà question d’éviter des pertes humaines dans des inondations ou glissements de terrain. Mais les milliers d’Abidjanais qui ont vu leurs bâtiments détruits jugent que les politiques d’indemnisation ou de relogement n’ont pas été à la hauteur.
Source : Jeune Afrique