Les résultats des élections municipales donnent une radiographie des fractures françaises. Il y a d’un côté la France des métropoles, restées majoritairement à gauche, de l’autre, celle des villes moyennes et des campagnes dont l’ancrage à droite se confirme et se consolide. Sans oublier, sur tout le territoire, une abstention record (« 42,18 %, un nouveau record d’abstention au second tour » Le Monde, 23-03-2026 ) qui montre le désintérêt croissant des Français pour la politique ou du moins pour les partis et leurs programmes. Cette abstention aux municipales est d’autant plus frappante que les maires bénéficient encore d’une popularité bien supérieure à celle des parlementaires.
Beaucoup, dans tous les camps, se sont proclamés vainqueurs. Cet exercice paraît néanmoins difficile pour les socialistes et les écologistes. « Durant cette campagne les mélenchonistes ont pris l’ascendant, psychologique, programmatique et stratégique, sur leurs partenaires socialistes et écologistes » constate Alexis Brézet dans son éditorial du Figaro (23/03/2026). Certes, à Paris et à Marseille, ils l’ont emporté sans accord avec La France Insoumise (LFI). Mais c’est à LFI que les maires de Grenoble, de Nantes et de Lyon (si la réélection de l’écologiste Grégory Doucet est confirmée) doivent leur victoire. Ailleurs, les accords « techniques » passés par le PS et les Verts avec LFI ont été désavoués par les électeurs. A Bordeaux, Poitiers et Besançon, les mairies écologistes ont été conquises par la droite ou le centre. À Tulle, le maire sortant socialiste, qui avait suivi le conseil de François Hollande de faire alliance avec LFI, a été défait. Toulouse, la Ville rose que Jean-Luc Mélenchon rêvait de faire passer au rouge, a résisté à la gauche PS/LFI. Cela n’a pas été le cas de Lyon : « Lors de l’entre-deux-tours, l’écologiste Grégory Doucet – déjà à la tête d’une large coalition de gauche – a été rejoint…
