Plus de deux semaines après leur disparition lors d’une attaque près de Port-au-Prince, le véhicule des quatre militaires salvadoriens a été retrouvé calciné. Les recherches se poursuivent, tandis que le déploiement de plus de 2 000 soldats envoyés par le Salvador suscite des interrogations dans le pays.
Pour rappel, c’est après la mort du président Jouvenel Moïse que le désordre et la chienlit se sont installés en Haïti avec la montée en puissance des bandes armées soutenus par certains hauts responsables de l’État d’Haïti.
Selon Jimmy Cherizier alias Barbecue, le président Jouvenel Moïse a été assassiné par Alexandre Ezéchiel, un chef de gang, qui lui même a été déclaré mort le 28 Mai 2026 à l’hôpital de Diquini Carrefour. Selon Barbecue, Zé n’est pas mort. Il a simulé sa mort et s’est enfui avec sa famille au Canada. Ce sont des révélations qu’il a faites dans une vidéo et transmise au FBI.
BARBECUE promets de balancer tous les chefs de gangs ainsi que les hommes politiques et militaires impliqués dans l’assassinat de l’ex président Haïtien Jouvenel Moïse. Le chef de gang dit être conscient d’être la cible des forces spéciales salvadoriennes, alors il promet de livrer tous ses complices au FBI.
Nayib Bukele a averti les chefs de gangs haïtiens que le Salvador pourrait recourir à la force contre eux, tout en affirmant que ses soldats sont en Haïti pour retrouver vivants les 4 techniciens salvadoriens disparus.
Le Salvador a déployé 2 000 soldats après la disparition de 4 de ses techniciens en aviation militaire, à la suite d’une embuscade survenue le 18 octobre près de Port-au-Prince. Les techniciens étaient affectés à une unité médicale de la Force de répression des gangs (GSF), soutenue par les Nations unies, lorsque leur véhicule blindé a été attaqué à Croix-des-Bouquets. La Police nationale d’Haïti a déclaré mardi avoir retrouvé les restes calcinés du véhicule dans le quartier de Santo, mais aucune trace des hommes. Le Salvador affirme qu’ils ont été enlevés ; le gouvernement haïtien dit qu’ils sont portés disparus ; et un chef de gang affirme qu’ils sont morts.
Cette information est rapportée par Fox News.
« Nous en avons déjà fini avec les gangs au Salvador, et nous pouvons aussi en finir avec vous », a écrit Bukele sur X, en s’adressant aux groupes criminels haïtiens. Il a précisé que l’opération ne visait ni à envahir Haïti ni à l’occuper à long terme, mais à ramener vivants les 4 Salvadoriens.
Dans un autre message publié mardi sur X et adressé au peuple haïtien en créole haïtien, Bukele a évoqué l’assassinat, en 1806, de Jean-Jacques Dessalines, qui a proclamé l’indépendance d’Haïti vis-à-vis de la France en 1804 et que beaucoup considèrent comme le fondateur du pays. « Dessalines a libéré Haïti, mais certains de ceux qui étaient à ses côtés l’ont trahi et tué », a écrit Bukele. « Ces traîtres existent toujours en Haïti. » Il a également republié une vidéo d’un affrontement impliquant un hélicoptère à Croix-des-Bouquets, affirmant que des gangs avaient attaqué des soldats de la GSF venus du Tchad, puis que les forces salvadoriennes étaient arrivées et les avaient repoussés à l’aide d’hélicoptères d’attaque.
Le président Donald Trump a déclaré avoir parlé avec Bukele lorsque des journalistes l’ont interrogé à mars-a-Lago, le soir d’Halloween. « Il m’a dit qu’il avait un gros problème avec Haïti », a déclaré Trump. « Ils ont tué certains de ses hommes. Je lui ai dit : “C’est vous qui dirigez votre pays. Vous devez faire ce que vous avez à faire.” » Le gouvernement de transition haïtien soutient le déploiement. Le premier ministre Didier Fils-Aimé a déclaré mardi que la force internationale n’était pas là « pour remplacer l’État », mais « pour nous soutenir ». Il a ajouté que Bukele « comprend notre combat… Il est venu se tenir aux côtés du peuple haïtien ».
Des défenseurs des droits humains et des chefs de gangs ont critiqué l’opération, avertissant qu’une escalade pourrait aggraver les souffrances des civils. Selon les Nations unies, les violences des gangs ont tué ou blessé au moins 5 700 personnes en Haïti depuis le 1 janvier. L’organisation a indiqué que le déploiement salvadorien était distinct de la GSF et averti que le Salvador devait respecter le droit international applicable.
Wilson Joseph, surnommé « Lanmò Sanjou » et chef du gang 400 Mawozo, a accusé le gang rival Chen Mechan d’avoir mené l’embuscade et a déclaré à l’Associated Press que les Salvadoriens étaient morts. Joseph a également écrit au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour demander une médiation. Il a averti que les « propos vengeurs, les attentes et les menaces » de Bukele « entraîneront une escalade de la violence et une logique de représailles, dont le peuple haïtien sera la première victime ».
En 2022, les États-Unis ont inculpé Joseph pour prise d’otages, dans une affaire liée à l’enlèvement, en 2021, de 17 missionnaires, dont 16 Américains. Il fait toujours l’objet d’une récompense pouvant atteindre $1 million pour son arrestation. Bukele a rejeté les appels des chefs de gangs, les accusant de se servir des civils et des préoccupations liées aux droits humains internationaux comme d’un bouclier pour conserver leur pouvoir et échapper à leurs responsabilités. Il a déclaré que les négociations n’avaient fait que prolonger la crise qui sévit en Haïti depuis des années.
Autrefois parmi les pays les plus violents au monde, le Salvador, où opèrent de puissants gangs comme MS-13, a lancé une répression dans le cadre de l’état d’urgence en 2022. Les autorités ont procédé à des dizaines de milliers d’arrestations et détenu plus de 90 000 personnes soupçonnées d’appartenir à des gangs. Les partisans attribuent à cette stratégie la baisse des homicides à un niveau historiquement bas et le rétablissement de la sécurité publique ; les critiques accusent le gouvernement de Bukele de violations des droits humains, de détentions arbitraires et d’affaiblissement des garanties d’une procédure régulière.
La possibilité d’appliquer cette approche en Haïti reste une question ouverte. Les gangs contrôlent de vastes secteurs de Port-au-Prince et exercent leur influence sur d’importants axes de transport et des quartiers. La situation sécuritaire continue de se dégrader malgré des années d’intervention internationale. La GSF manque de personnel et se heurte à des limites opérationnelles ; ses effectifs restent inférieurs au niveau approuvé par le Conseil de sécurité, tandis que le gouvernement haïtien n’a pas réussi à reprendre pleinement le contrôle d’une grande partie de la capitale.
« Nous pouvons vous aider à les vaincre, mais nous ne sommes pas vos ennemis », a écrit Bukele mardi. « Nous devons nous lever, reprendre le contrôle de nos communautés et mettre sous notre contrôle ceux qui nous font endurer toute cette douleur, toutes ces souffrances. Nous sommes juste à vos côtés… Haïti sera libre. » L’Associated Press a contribué à cet article.