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L’Union européenne et l’Inde officialisent la signature d’un accord de libre-échange

Désireuses de trouver de nouveaux débouchés pour réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis, l’Union européenne et l’Inde ont scellé un accord commercial mardi 27 janvier à New Delhi. Dix jours après la signature du traité avec les pays du Mercosur, ce nouveau pacte semble susciter beaucoup moins de polémiques en Europe.

« C’est l’aboutissement de plus de vingt ans de négociations« , annonce France Info. Mardi 27 janvier, l’Union européenne et l’Inde ont officialisé la signature d’un accord qui fera chuter les  sur de nombreux produits échangés entre les deux puissances économiques.

« Alors que la parade du Republic Day [la fête nationale indienne célébrée lundi 26 janvier] résonne encore dans les esprits, Ursula von der Leyen ne boude pas son plaisir« , écrit Le Point. « L’Europe et l’Inde ont fait l’histoire aujourd’hui. Nous avons créé une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes qui va bénéficier aux deux parties », a commenté la présidente de la  sur le réseau social X.

« Deux grandes puissances démocratiques ajoutent un chapitre décisif à leur relation« , s’est de son côté félicité le Premier ministre indien Narendra Modi, soulignant également les « nombreuses opportunités » offertes par l’accord.

D’importantes retombées économiques

La « mère de tous les accords commerciaux » [The Guardian], comme l’a qualifié Ursula von der Leyen, poursuit un double objectif. Le premier est avant tout économique. «  espère ‘doubler’ ses exportations grâce à cet accord qui prévoit une réduction ou une suppression des droits de douane ‘sur plus de 90 % des exportations de marchandises’« , résume un communiqué de l’ relayé par La Nouvelle République.

Selon la Commission européenne, l’accord « devrait permettre à l’UE d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros chaque année, notamment sur des produits emblématiques » [Libération]. « L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé », avait indiqué Ursula von der Leyen dès son arrivée dimanche.

The Guardian cite l’exemple des « droits de douane sur les voitures [qui] passeront progressivement de 110 % à 10 %, avec un contingent de 250 000 véhicules par an », tandis que « les droits de douane élevés, pouvant atteindre 44 % sur les machines, 22 % sur les produits chimiques et 11 % sur les produits pharmaceutiques, seront en grande partie supprimés« .

S’affranchir des grandes puissances

À ces retombées économiques s’ajoutent des potentiels bénéfices géopolitiques. « Dans le monde d’aujourd’hui, dominé par l’affrontement entre la Chine et les États-Unis, les puissances moyennes n’ont qu’une stratégie possible : rechercher des alliances en dehors de ces deux monstres qui veulent les malmener. […] C’est exactement ce que visent aujourd’hui l’Europe et l’Inde », avance RTL.

L’analyse est similaire dans la presse indienne, le Times of India saluant « une avancée significative pour les exportations indiennes, à un moment où le pays cherche à  se détourner des États-Unis, suite à l’instauration par le président Trump de droits de douane de 50 % ».

Le Point précise que « cet accord commercial est adossé à un partenariat de sécurité et de défense signé simultanément ce mardi matinDans un contexte géopolitique tendu, l’UE cherche à réduire ses dépendances vis-à-vis de la Chine en diversifiant ses chaînes d’approvisionnement vers l’Inde« . Avec cette nouvelle coopération dans des domaines comme le cyber, la lutte contre le terrorisme et la piraterie ou encore le spatial, l’hebdomadaire estime que « les deux plus grandes démocraties du monde font front commun pour maintenir un ordre international fondé sur des règles que d’autres veulent bouleverser« .

Un accueil beaucoup plus favorable que pour le Mercosur

« L’accord commercial conclu mardi à New Delhi entre l’Union européenne et l’Inde attire moins les foudres de la société civile et des organisations agricoles que celui signé au début de l’année avec les pays du Mercosur« , remarquent Les Echos. Le journal économique avance une raison « assez simple : les enjeux agricoles sont loin d’être aussi problématiques avec l’Inde. Les produits agricoles sensibles devraient même être exclus du champ de l’accord« . La Commission européenne avait par exemple affirmé que « la viande bovine, le sucre ou le riz » ne seraient pas concernés [La Nouvelle République].

En revanche, « plusieurs bénéfices entourent cet accord« , indique RTL. Outre les éventuels débouchés pour l’industrie automobile, « les droits de douane sur les vins et spiritueux, spécialité française, sont également amenés à baisser« . Avec cette annonce, « de nombreux vignerons français vont avoir la banane« , s’amuse le HuffPost.

Times of India.

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