août 26, 2026 by CONTIENENT MEDIA

A Haïti, une attaque de gangs près de la capitale fait au moins 40 morts.

« Certaines personnes sont toujours portées disparues », fait savoir le maire de Kenscoff, qui fait également état de dizaines de blessés.

Haïti est en proie à une crise humanitaire et humaine grave. Des gangs armés sèment la terreur et la violence dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince et ses environs et commettent de nombreux viols et autres violences sexuelles.

Depuis des années, le pays est aux prises avec l’instabilité politique, la pauvreté et des catastrophes naturelles. Mais avec l’escalade de la violence des gangs, l’insécurité s’est généralisée, et des bandes armées contrôlent désormais la majeure partie de la capitale, Port-au-Prince.

Les conséquences de la crise sur les droits humains sont effarantes. En 2024, plus de 5 600 personnes auraient été tuées dans ce chaos. Enfants et adolescent·e·s sont pris pour cible et souvent exploités par les gangs. N’importe quelle rue peut devenir un champ de bataille. La nourriture manque et la moitié de la population souffre d’une faim aiguë.

Notre équipe de recherche et de campagne est à l’œuvre pour exposer les atteintes aux droits humains commises en Haïti, réclamer justice et demander la protection des personnes les plus à risque.

En Haïti, au moins une quarantaine de personnes ont été tuées dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août. Des hommes armés ont notamment fait irruption dans une église où vivait une famille déjà chassée de chez elle.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Les cris d’effroi, la détresse des habitants de la commune de Kenscoff sur les hauteurs de Port-au-Prince (Haïti). Des civils en état de choc devant une quarantaine de cadavres jonchant le sol. Les membres d’un gang ont fait irruption dans une église en pleine nuit où dormaient des réfugiés. Des civils qui fuyaient justement les avancées de cette bande criminelle.

Les assassins ont tué et kidnappé, et les habitants désignent les coupables : une coalition de plusieurs gangs nommée « Vivre ensemble ». « La coalition ‘Vivre ensemble’ a causé la mort de 45 à 50 personnes, sans compter ceux qu’ils ont emmenés avec eux, et ceux qu’on ne retrouve pas », explique un homme.

Les gangs contrôlent 80 % de la commune

Les équipes de France Télévisions ont rencontré, en octobre 2025, le chef de cette coalition de gangs, un ancien policier surnommé « Barbecue ». Cet homme est une figure centrale des violences en Haïti. Les États-Unis offrent 5 millions de dollars à toute personne permettant son arrestation. Devant la caméra, il dit ce jour-là avoir cessé toute violence : « Dans notre coalition ‘Vivre ensemble’, personne ne kidnappe et personne ne viole. »

« Faux », disent aujourd’hui les habitants éplorés de Kenscoff. Selon le maire, portant un gilet pare-balles en permanence, 60 % de sa ville était déjà aux mains des gangs en octobre. La police était dépassée. Depuis, les gangs ont encore avancé et contrôlent désormais 80 % de la commune. « Quand ils attaquent une commune, ils s’en prennent au commissariat. Ils détruisent aussi les institutions publiques. C’est leur objectif de s’en prendre au centre-ville de Kenscoff. » L’attaque de cette église est une façon de terroriser la population pour l’obliger à fuir.

JM avec AFP

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