Dakar, 26 mai-Élu à la présidence de l’Assemblée, Sonko se pose en garant de la morale publique.
Quatre jours après avoir été limogé de son poste par le président du Sénégal, l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale lors d’un scrutin boycotté par l’opposition qui dénonce un « coup d’État constitutionnel ».
– L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a été élu, mardi, président de l’Assemblée nationale après avoir retrouvé ses fonctions de député.
Il a été élu avec 132 voix (1 abstention et 0 contre) sur les 133 exprimées, en l’absence des députés de l’opposition qui contestent la légalité de sa réintégration en tant que député.
Il succède ainsi à Malick Ndiaye et devient la deuxième personnalité de l’Etat.
Ousmane Sonklo a été limogé, vendredi soir, de ses fonctions de chef du gouvernement par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Malick Ndiaye conserve tout de même son siège de député.
L’ancien Premier ministre devient ainsi le deuxième président de la quinzième législature.
Après la nomination du nouveau Premier ministre, quel gouvernement pour le Sénégal ?
Bassirou Diomaye Faye a chargé son nouveau Premier ministre de former un gouvernement « dans les plus brefs délais », selon ce dernier. La constitution de ce nouveau cabinet pourrait raviver encore les tensions avec le Pastef, déjà échaudé par le limogeage de son dirigeant Ousmane Sonko.
Dans son discours après son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, l’ancien Premier ministre a estimé que « dans toutes les démocraties, l’exécutif ne peut pas nommer un gouvernement sans se concerter avec la majorité. C’est la majorité à l’Assemblée nationale qui doit gouverner ».
Aussi, selon lui, « avant de nommer un Premier ministre, le président (de la République) devait en discuter avec la majorité dans le pouvoir et dans l’opposition ».
Élu à la présidence de l’Assemblée, Sonko se pose en garant de la morale publique
Après son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a indiqué ne pas souhaiter le blocage des institutions tout en affirmant que les députés contrôleraient l’action gouvernementale. Explications de la correspondante de France 24 à Dakar, Sarah Sakho.
« Je n’utiliserai pas cette assemblée pour nourrir des vendettas personnelles » affirme Ousmane Sonko
Entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, plusieurs sujets de contentieux
À leur arrivée au pouvoir en 2024, les nouvelles autorités avaient accusé le pouvoir de l’ex-président Sall d’avoir caché une partie de la dette, entraînant la suspension du programme d’aide du FMI de 1,8 milliard de dollars.
Mais des divergences sont apparues quant à la gestion ce cette question. Le président Faye souhaite discuter avec le Fonds monétaire intertional (FMI) d’un nouveau programme d’aide, le Premier ministre Sonko vante lui une approche souverainiste.
Leurs divergences portent aussi sur le traitement des dossiers de justice. Plusieurs anciens responsables sous l’ex-président Macky Sall (2012-2024) sont accusés de mauvaise gestion et d’implication dans les violences politiques qui ont fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024.
« On ne peut pas être dans un système d’hyper-présidentialisme au Sénégal aujourd’hui », dit Ousmane Sonko
L’Assemblée nationale « utilisera tous les leviers de contre-pouvoirs », affirme Ousmane Sonko
Jean Moliere
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