Au terme de leur tout premier sommet, Union européenne et Arménie s’alignent pour élever leur partenariat « à un tout autre niveau »
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Au terme de leur tout premier sommet, Union européenne et Arménie s’alignent pour élever leur partenariat « à un tout autre niveau »

L’Union européenne et l’Arménie ont tenu les 4 et 5 mai à Erevan leur tout premier sommet, marquant une nouvelle étape dans leur rapprochement politique et économique dans un contexte géopolitique tendu. Au cœur des échanges : renforcement des investissements, coopération sectorielle élargie et affirmation d’un partenariat stratégique face aux tensions avec la Russie.

Le tout premier rendez-vous de cet ordre et des enseignements, sur fond de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient. Les 4 et 5 mai, dirigeants de l’Union européenne et de l’Arménie se sont retrouvés à Erevan (également théâtre du 8e sommet de la ) pour le premier sommet UE-Arménie.

L’objectif affiché : renforcer les relations entre les deux parties, notamment dans les domaines de l’énergie, du transport et en matière économique. « L’ et l’Arménie n’ont jamais été aussi proches. Et aujourd’hui, nous élevons notre partenariat à un tout autre niveau« , a écrit sur X ce mardi 5 mai la présidente de la , Ursula von der Leyen. Une déclaration suivie de la publication d’un communiqué conjoint.

« Rapprocher l’Arménie et son peuple de l’UE« 

À l’issue du sommet, l’UE a tenu à réaffirmer « son engagement indéfectible à renforcer encore ses relations avec l’Arménie et à soutenir la souveraineté, la résilience et le programme global de réformes de ce pays, fondé sur le respect de la démocratie, des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de l’État de droit, ainsi que son développement à long terme« . Et ce, « en rapprochant l’Arménie et son peuple de l’Union européenne« .

Les relations entre Erevan et  se sont en effet renforcées ces dernières années avec l’entrée en vigueur en 2021 de l’accord de partenariat global et renforcé entre l’UE et l’Arménie, et le programme stratégique pour le partenariat UE-Arménie, approuvé en 2025. Le rapprochement entre l’UE et l’Arménie, pays historiquement lié à la Russie mais qui a adopté en mars 2025 une loi lançant son processus d’accession à l’UE, nourrit le débat sur son ancrage européen, même si aucune procédure d’adhésion comparable à celles de l’Ukraine ou de la Moldavie n’est engagée à ce jour.

Un rapprochement que Moscou voit d’un mauvais œil. Lors de sa rencontre avec Nikol Pachinian le 1er avril 2026, Vladimir Poutine a jugé « impossible par définition » que l’Arménie soit à la fois dans une  avec l’UE et dans l’Union économique eurasiatique. Le président russe a également dit espérer que des mouvements politiques « pro-russes » pourraient participer aux élections législatives arméniennes du 7 juin prochain, un scrutin suivi de près par l’UE qui craint des ingérences du Kremlin.

Renforcer les relations économiques, mais pas seulement

Sur le plan économique, UE et Arménie entendent tenir des engagements concrets. Le plan de résilience et de croissance, doté de 270 millions d’euros, continue de faire progresser le programme de réformes socio-économiques de l’Arménie, de renforcer la coopération sectorielle et de promouvoir les investissements dans les domaines de l’énergie, des transports et du secteur privé. « Des pistes de soutien financier au-delà de 2027 pourraient être envisagées afin de soutenir davantage le programme de réformes du pays et de favoriser un alignement plus étroit avec l’UE« , précise le communiqué.

Dans le cadre de la stratégie « Global Gateway », les investissements de l’UE en Arménie devraient atteindre 2,5 milliards d’euros, est-il également écrit.

Le texte insiste par ailleurs sur une coopération plus étroite dans des domaines très variés : cybersécurité, visas, protection civile, lutte contre la criminalité, recherche, santé, culture et jeunesse. Il mentionne notamment des avancées sur la libéralisation des visas, la coopération avec  et , ainsi que de nouveaux chantiers dans l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs notamment.

Quant au volet international, sur l’Ukraine, les deux parties ont fait part de leur inquiétude face à la guerre en cours, rappelant soutenir « tous les efforts visant à parvenir à une paix globale, juste et durable, fondée sur les principes de la Charte des Nations unies et du droit international« . Au sujet du Moyen-Orient, la déclaration appelle à la désescalade, à la retenue, à la protection des civils et au respect du droit international

Un accord de partenariat stratégique entre France et Arménie

Dans le même temps, le président français Emmanuel Macron, en visite d’État en Arménie, doit signer un accord de partenariat et des contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense. Le locataire de l’Élysée avait salué lundi, au premier jour de sa visite, le choix de l’Arménie et de son premier ministre, Nikol Pachinian, de « se tourner vers l’Europe« .

Les deux hommes doivent désormais parapher un partenariat stratégique consacrant « [des] efforts de défense inédits » et ouvrant de « nouvelles pages économiques » entre les deux pays. La coopération en matière de défense comprend déjà une dimension aérienne, notamment avec l’acquisition de trois radars français et la formation de militaires arméniens assurée par la France. Par ailleurs, l’Arménie a commandé 36 canons Caesar en 2024. L’Élysée a également indiqué que des contrats devraient être conclus dans le secteur des transports, mentionnant de possibles opportunités pour Airbus ainsi que l’implication de l’État français dans la réalisation d’un tunnel sur l’axe routier nord-sud en Arménie.

La France, qui accueille la plus importante diaspora arménienne après celles de Russie et des États-Unis (environ 400 000 personnes), entretient une relation ancienne d’amitié et de solidarité avec ce petit pays de trois millions d’habitants. Paris a régulièrement affiché son soutien politique à l’Arménie, en particulier depuis l’offensive azerbaïdjanaise de 2023, tout en s’impliquant dans les efforts diplomatiques de règlement du conflit avec l’Azerbaïdjan, notamment autour du Haut-Karabakh.

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